Aboisso/Voici une illettrée qui fait la fierté de sa génération

Par Keren Bossouma/afriquematin.net

L’éducation d’une fille est reconnue comme un des leviers les plus puissants pour sortir de la pauvreté et pour s’émanciper. Cependant, certaines femmes qui n’ont jamais franchi le seuil d’un établissement scolaire parviennent à se construire un avenir radieux. C’est le cas de Clémentine Loua Koumi, commerçante ambulante de fruits cocktails, qui en dépit des difficultés, réussit à prendre sa famille en charge. Rencontrée dans les rues de la capitale du Sud-Comoé, Aboisso, cette jeune dame nous livre les secrets de son indépendance.   

Native de la ville d’Aboisso, Clémentine Loua Koumi habite le  quartier TP de ladite ville. Cette « championne » a embrassé le métier de vente de jus de fruit naturel à la criée pour subvenir à ses besoins et nourrir ses cinq enfants.

A peine la quarantaine révolue, Clémentine ne se gêne pas et se donne à cœur joie pour vendre sa marchandise. Avec une taille bien appropriée, justifiée par une élégance physique proportionnée, la fille de Koumi vaque tranquillement à ses occupations quotidiennes.

« Clémentine ne se gêne pas et se donne à cœur joie pour vendre sa marchandise.« 

Avec un sourire galant derrière son tricycle, elle parvient à séduire sa clientèle. Son respect, sa courtoisie font qu’elle ne passe pas inaperçue. Très active sur le terrain, elle sillonne  tous les matins les rues de la ville d’Aboisso, bravant les intempéries  pour fidéliser ses clients. Elle est même devenue une référence.

«Je fais du jus nature composé d’ananas, d’orange et du gingembre, un peu du genre cocktail et je vends. J’exerce cette activité il y a deux mois de cela et comme  Dieu fait grâce et je m’en tire à bons compte... J’aide mes enfants, vu que leur père ne peut plus nous apporter le soutien nécessaire pour subvenir à nos besoins », explique-t-elle.

Première née d’une  fratrie de six enfants, Clémentine Loua Koumi a de l’entregent. «  Au départ j’étais tenancière de restaurant, malheureusement le site  sur lequel j’exerçais a été détruit, du coup, je me suis retrouver sans activité. C’est ainsi que l’idée a germé  pour combler le vide, vu que je n’avais pas de soutien financier pour m’occuper de mes enfants », fait savoir la jeune mère.

  A l’en croire, son commerce de jus de fruit est très apprécié par ses clients et  ils se dénombrent par centaine en une journée. « par jour, je produits trente (30) à cinquante (50) bouteilles à hauteur de cinq cent (500) à  mille francs (1000) francs Cfa, selon la commande», raconte-t-elle.

Au regard de la situation socioéconomique délétère du pays,  Clémentine invite ses sœurs à l’entreprenariat « Je n’ai pas fréquenté, mais j’arrive à bien me défendre en français, puisque je sais faire des calculs », souligne la jeune commerçante. Avant de lancer un appel fraternel à l’endroit de ses paires. «  Mes sœurs ne baisser pas les bras.  Je vous invite à entreprendre. Ce n’est pas facile, mais avec courage et abnégation on peut y arriver. Rester à la maison sans rien faire c’est se donner à l’oisiveté et qui s’adonne à l’oisiveté s’adonne à des activités peu recommandables et  déshonorantes ».

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