Kofi Annan est mort et l’Afrique digne n’a rien perdu: le témoignage émouvant de Demba Traoré

Le 14 Septembre 2006, au palais présidentiel, devant toutes les composantes des Forces de Défense et de Sécurité de la Côte d’Ivoire, Son Excellence le Président Laurent Gbagbo prononçait les phrases suivantes :
… « Je n’irai pas à New York et n’y enverrai aucune délégation …. je n’irai pas pour protester contre la manière cavalière et impolie dont le GTI (Groupe de travail international, chargé d’évaluer les progrès du processus de paix ivoirien) traite les histoires de mon pays…. »
Grâce à Telediaspora que je venais de mettre en place, j’ai suivi en direct à la RTI, à partir des Etats Unis, ces déclarations de MON PRESIDENT, avec une fierté sans pareil. Ce jour plus que jamais j’étais convaincu d’avoir fait le bon choix politique en militant au Front Populaire Ivoirien !
Le Secrétaire Général de ce que de Gaule a appelé machin, se nommait Kofi Annan. Le Président de la France qui manipulait à souhait Kofi et avec lui le machin s’appelait Jacques Chirac.
Le 20 Septembre 2006, les dirigeants actuels du RHDP mais leaders du G7 ivoirien, ont accouru à l’ONU pour demander …. la mise sous tutelle de ce machin de leur pays la Côte d’Ivoire.
Echec et Mat ! Kofi et Chirac ont échoué. La Côte d’Ivoire, une ancienne colonie de la France avec à peine 40 représentations diplomatiques dans le monde, venait de battre son ex colonisateur la France qui a 163 ambassades dans le monde ! les Etats Unis de Georges Bush, la Russie et la Chine ont dit non au nom de la souveraineté des peuples. L’ambassadeur des Etats Unis de l’époque John Bolton s’est même exclamé en disant : « c’est une plaisanterie ! »
Au passage une pensée pour une grande dame qui a abattu un travail énorme pour éviter à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique une humiliation dont nous porterions encore les séquelles, j’ai nommé celle que j’appelais affectueusement tantie, Mme Ottro-Zirignon née Sarata Touré (elle repose en Paix).
Si j’ai été autant fier d’être ivoirien et militant du FPI après le discours du Président Laurent Gbagbo, j’ai été inversement déçu de kofi qui n’a pas échappé à la règle ! il est de la race des africains qu’on propulse pour les utiliser contre leur peuple. Pour être honnête, avant même sa tentative de mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire, j’en avais gros sur le cœur contre Kofi pour son rôle et ses positions sur d’autres crises en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier.
En 2005, Pascal Affi N’guessan alors Président du Front Populaire, obtint un rendez avec le Secrétaire Général de l’ONU grâce à l’Ambassadeur Diangoné Bi. Le Président Affi me demanda en ma qualité de Représentant du FPI aux USA (c’est à son crédit) de faire partie de la délégation de 3 membres comprenant bien sûr l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire près les Nations Unis, son Excellence Djangoné.
Pouvais-je être à ce rendez sans serrer la main à Kofi Annan? Quelle provocation diplomatique cela aurait été ? le mieux à faire était de trouver une excuse de dernière minute pour ne pas être de la délégation. Et oui c’est ce que j’ai fait !
Aussi « petit » que je fusse, je ne pouvais pas serrer la main à des fossoyeurs de notre continent hier et je ne le ferai pas aujourd’hui. Les rôles successifs de kofi et de l’ONU dans la crise ivoirienne, ont fait que je me sens ragaillardi pour avoir éviter une poignée de main avec lui.
Plus tard je devins membre du cabinet du Président Affi, dans la salle où se tenaient les réunions de cabinet, une grande photo d’Affi saluant fièrement Kofi Annan lors de ce rendez-vous agressait toute personne qui y entrait ! j’avoue avoir mis du temps à m’accommoder de cette photo dans la salle de réunion du cabinet, et pendant longtemps des questions me passaient à l’esprit : « Am I missing something? » Y a-t-il quelque chose que je n’ai pas compris ?
Je n’ai ni l’habitude de rendre public les affaires d’Etat, ni de faire des commentaires négatifs sur un défunt. L’histoire étant un témoignage, je ne pouvais pas passer cette fois.
Kofi est mort et l’Afrique digne n’a rien perdu.

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