Fête du Travail à Daloa : un appel renouvelé au dialogue social pour une Côte d’Ivoire solidaire
Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquematin.net
Chaque 1er mai, la célébration de la Fête du Travail résonne comme un moment fort de reconnaissance et de réflexion sur les droits des travailleurs à travers le monde. À Daloa, dans la région du Haut-Sassandra, la commémoration du 140ᵉ anniversaire de cette journée emblématique n’a pas dérogé à la tradition. Entre mobilisation institutionnelle, plaidoyers syndicaux et bilan des actions menées, l’édition 2026 s’est imposée comme une tribune de valorisation du travail et de promotion du dialogue social.
Une mobilisation institutionnelle et syndicale remarquable
Autorités administratives, forces de défense et de sécurité, travailleurs et représentants des centrales syndicales se sont donné rendez-vous à la préfecture de Daloa pour marquer cet événement. Défilés et allocutions ont rythmé la cérémonie, illustrant l’engagement collectif en faveur des droits des travailleurs et du développement socio-économique. Représentant le préfet de région, préfet du département de Daloa, Bamba Yaya, secrétaire général 2 de préfecture, a souligné la portée symbolique de cette célébration. Il a insisté sur le rôle fondamental de chaque travailleur dans l’édification de la nation, rappelant que « toute contribution, aussi modeste soit-elle, participe au progrès collectif ». Il a également rendu un vibrant hommage à l’ensemble des travailleurs pour leur engagement quotidien au service du rayonnement du pays.
Le dialogue social au cœur des priorités
Prenant la parole à son tour, le directeur régional du Travail, Gnouhou Gakoula Hyacinthe, a salué la détermination des travailleurs tout en appelant à un renforcement du dialogue social dans la région. Revenant sur l’histoire de cette journée, il a rappelé qu’elle tire son origine des luttes ouvrières pour l’amélioration des conditions de travail, notamment la reconnaissance de la journée de huit heures.
S’inscrivant dans le thème de cette 140ᵉ édition, « Travail décent et dialogue social pour une Côte d’Ivoire solidaire », il a insisté sur l’urgence de garantir des conditions de travail dignes : rémunération équitable, sécurité, protection sociale et respect des droits fondamentaux. Il a, à cet effet, invité les employeurs à se conformer strictement à la réglementation en vigueur et exhorté les travailleurs à privilégier les voies légales dans leurs revendications.
Un bilan d’activités révélateur d’une dynamique soutenue
Le directeur régional a également dressé le bilan des activités de l’année 2025, témoignant d’une action administrative soutenue. Au total, 315 inspections ont été menées dans les entreprises. La gestion des conflits sociaux a permis de régler à l’amiable 326 litiges, tandis que 45 dossiers ont été transmis à la justice. Par ailleurs, 5 demandes de licenciement de travailleurs protégés ont été examinées, dont 4 approuvées. Vingt élections de délégués du personnel ont été supervisées, renforçant ainsi la représentativité des travailleurs. Dans le même élan, 6 dossiers de licenciement économique ont été instruits, 12 règlements intérieurs analysés, et un cas d’accident du travail traité. La lutte contre le travail des enfants a également été intensifiée à travers des actions de formation, de sensibilisation et de coordination menées en collaboration avec plusieurs partenaires.
Des défis persistants à relever
Malgré ces résultats encourageants, des difficultés subsistent, notamment le manque de collaboration de certains employeurs lors des contrôles administratifs. Une situation qui freine l’efficacité des actions de régulation et appelle à une responsabilisation accrue de tous les acteurs.
Perspectives : consolider la paix sociale par la concertation
Pour l’avenir, la direction régionale du Travail entend renforcer ses interventions à travers l’intensification des inspections, le développement des actions conjointes avec les structures partenaires et la promotion active du dialogue social.
En conclusion, Gnouhou Gakoula Hyacinthe a invité les centrales syndicales et l’ensemble des acteurs du monde du travail à faire du dialogue un levier central de gouvernance sociale. « Le progrès social se construit dans la concertation », a-t-il rappelé, posant ainsi les bases d’une dynamique collective orientée vers la paix sociale et le développement durable.