L’AES/Une arme de défense redoutable pour le Sahel

Une analyse de Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net

Regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’Alliance des États du Sahel (AES) représente bien plus qu’un simple accord de coopération, mais une mutation profonde de l’architecture de sécurité en Afrique de l’Ouest. Voici des raisons pour lesquelles elle s’impose comme une arme stratégique majeure pour la défense de la sous-région.

Le pilier central de cette confédération est la Charte du Liptako-Gourma, qui établit une clause de défense collective qui est la mutualisation des forces et du renseignement, car toute atteinte à la souveraineté ou à l’intégrité territoriale d’un membre est considérée comme une agression contre les autres. Cela empêche l’isolement d’un État face à une menace extérieure ou terroriste.

L’AES facilite un échange de renseignements en temps réel, crucial pour traquer les groupes armés qui utilisaient auparavant les frontières comme des zones de refuge, vu qu’historiquement, les terroristes jouaient sur la porosité des frontières pour échapper aux poursuites.

Elle permet désormais aux trois armées (FAma, ANF, FAN) une continuité des opérations militaires d’un pays à l’autre. Et en coordonnant leurs frappes, elles saturent l’espace de combat, rendant la survie des groupes armés extrêmement difficile dans la zone des « trois frontières ». Elle marque ainsi une rupture avec la dépendance vis-à-vis des puissances étrangères.

 L’Alliance des états du sahel n’est pas seulement un outil de guerre contre le terrorisme, c’est aussi un bouclier géopolitique. En formant un bloc uni, ces pays se protègent contre les pressions diplomatiques et les sanctions économiques lourdes. L’union des trois armées crée une masse critique de troupes et d’équipements qui décourage toute velléité d’intervention militaire étrangère visant à renverser les régimes en place.

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 L’alliance vise à sécuriser les routes commerciales et les zones minières pour financer l’effort de guerre par des ressources internes en reprenant le contrôle du territoire, les États restaurent l’administration et les services de base, ce qui est la meilleure arme à long terme contre le recrutement terroriste.

 L’AES est une arme puissante car elle transforme une zone de vulnérabilité en un bloc de résistance. En remplaçant la coopération internationale multilatérale- souvent jugée inefficace et lente, par une action trilatérale agile et déterminée, elle redéfinit les rapports de force en Afrique de l’Ouest.