Pdci-Rda/Le consensus doit triompher

Une contribution de Michel Koffi, in Fraternité Matin du mardi 21 novembre 2023

C’est terrible ce que je lis, qui s’écrit sur le plus vieux parti de notre pays. Tout laisse à croire que le PDCI qui s’apprête à élire démocratiquement, lors de son Congrès extraordinaire prévu le 16 décembre 2023, son nouveau président de parti, parmi cinq de ses militants et non des moindres, court un grave danger, celui d’une implosion, après cette élection ; ou que la division viendrait lors du choix de celui qui sera désigné comme étant apte à le représenter pour les batailles futures, notamment la course à la présidentielle.

Je n’y souscris même pas. Car, ce parti démontre, une fois de plus, dans cet enjeu crucial pour son avenir, qu’il sait renaître de ses cendres en présentant cinq forces, avec, dans son antre, d’autres tout en puissance aussi ; démontrant ainsi son côté Sphinx. En ordre de bataille pour la survie de leur parti, cinq visages.

Les militants doivent honorer la mémoire du président Bédié en allant au consensus pour un Pdci-Rda unifié.

Il y a le plus tatoué de tous, celui-là même que l’on pourrait appeler le gardien du temple, formaté depuis des lustres dans le Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Meeci), l’école préparatoire qui mène au parti. Il y a un réformateur, audacieux, qui rêve de « recréer ce qu’il n’a pas créé » et un autre parmi les doyens, qui a son… plan en tête. Et puis, il y a deux…jeunes loups.

 Un premier, magistrat de la cité de l’élite du pays, qui vise haut et un second, sans doute le plus coté, à l’international, qui bénéficie d’un capital de sympathie non négligeable, du fait, entre autres, de n’être mêlé à aucune de nos crises.

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Quand un parti politique aligne autant de compétences, d’enthousiasme surtout pour se préparer à aller reconquérir le pouvoir perdu, depuis ce fameux coup d’État rétrograde, cela signifie deux choses.
La première, ce parti se porte bien, bien vivant encore, malgré le poids de l’âge, malgré les pertes de nombreux pères fondateurs du parti, malgré les absences à ses assises de nombreux sages du parti ; absences dues aussi à l’âge de ses militants de première heure.
La seconde, le parti vieillit bien, en se rajeunissant dans l’excellence.

Même si au PDCI, on reste…jeunes, même à 50 ans, voire 60, les âges de ceux qui veulent le diriger témoignent encore de la résilience de cette formation politique qui restera encore, pendant longtemps, le parti de référence obligatoire, qui redonne et redonnera les énergies nouvelles à ce pays. Donc, je ne vois guère dans cette bataille des cinq enfants, tous légitimes du reste, un risque d’implosion.

C’est la chance de ce parti d’avoir en son sein, à chaque tournant de l’histoire de ce pays, des hommes et femmes à présenter pour des échéances capitales, avec des références sérieuses, des profils indiscutables et respectables.

Et puis, comment ne pas voir que de tous les partis politiques de notre pays, ce PDCI offre une chance de croire aux vertus de la démocratie ; que même à l’intérieur d’un parti, il peut y avoir des conquêtes saines du pouvoir, sans que cela lézarde l’édifice ?
Rarement, je n’ai vu sur ce sol ivoire, une telle compétition dans les partis politiques. Qui ne se souvient des pugilats verbaux entre le Président bien Aimé Henri Konan Bédié et le secrétaire général du parti, un autre gardien du temple, Laurent Dona-Fologo ? Qui ne se
souvient encore de l’affrontement pour la présidence du parti entre Bédié et Alphonse Djédjé Mady, tout puissant secrétaire général du
parti ?

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Ce parti a toujours trouvé réponse à ses propres contradictions. Et ses militants vous diront : « PDCI aujourd’hui, PDCI demain et toujours ». Non sans rappeler qu’au Congrès de 1985, à Yamoussoukro, du vivant de Félix Houphouët-Boigny, celui-là même qui a
créé cette formation politique, le consensus par le dialogue, l’arme des forts, avait triomphé. Il en sera ainsi, sans doute pendant longtemps.

Je ne lis certes pas dans les boules de cristal, mais je ne crois même pas à une quelconque division mortelle au parti, après cette élection de son futur président, et sans aucun doute, celui qui portera sa voix lors de la présidentielle.

Au contraire. Ce que ce parti a connu comme coups durs : la mort de son sage, son fondateur et premier président, président de la République ; de son successeur Henri Konan Bédié, sans oublier le coup d’État de 1999, la saignée
qu’a connue le parti, en 1990 au temps du multipartisme, avec la création de partis nouveaux, et celle de l’heure avec la création du Rassemblement des Houphouétistes, qui a vu déserter de ses rangs des militants majeurs, permettent de faire une autre lecture.
Ni relique ni vestige, pour moi, ce PDCI-là, qui trouve, toujours au carrefour de son histoire, des énergies nouvelles en son sein, en comptant sur ses militants, toujours nombreux, attachés à leur « fétiche » reçu en héritage de leurs parents, donne des leçons de résilience.

Et je doute même que des partis qui connaîtraient le même sort puissent exister. Quand on sait la force autour de laquelle gravitent tous nos partis.

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 …avec citoday.net/Photo : abidjan.net

N.B: Le titre est de la rédaction