Bediala/Rentrée Syndicale des producteurs agricoles/ Koné Moussa (président du Synapci) : « Le conseil coton-anacarde n’a même pas de raison d’être. C’est un échec »

Franck Elisé Bouabré correspondant Afriquematin.net

Ce samedi 19 août 2023, les producteurs de la zone de Bediala, affiliés au Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (Synapci), se sont réunis sur la place de la radio locale. Ils ont marqué ainsi la rentrée syndicale des quatre sections de cette zone.

A cette occasion,  Koné Moussa, le président du Synapci a fait savoir que : «  cette année, contrairement aux années précédentes, il n’y aura pas de vente anticipée conformément à ce que l’exécutif a annoncé ». Poursuivant, Koné Moussa a rappelé les préjudices engendrés par la pratique de la vente anticipée. « Dans les années passées, nous avons vendu nos productions avant même le début des campagnes. Cependant, le conseil a reconnu que cette approche n’est pas bénéfique pour les producteurs. Cette année, l’absence de vente anticipée est une décision que nous applaudissons chaleureusement. Cette pratique nous a causé beaucoup de torts. Donc, en l’absence de vente anticipée, nous anticipons une concurrence accrue sur le terrain pour l’obtention du cacao. Plus la concurrence est intense, plus les revenus parviennent aux producteurs », a-t-il expliqué.

Bien qu’il ait exprimé sa reconnaissance envers les gouvernants pour la décision de mettre fin à la vente anticipée, Koné Moussa a critiqué la pertinence du conseil coton-anacarde qui, selon lui, ne contribue en rien aux intérêts des producteurs. « En ce qui concerne l’anacarde, le constat actuel est un échec indiscutable, reconnu par tous, qu’il s’agisse du gouvernement ou des producteurs. Le conseil coton-anacarde n’a même pas de raison d’être. C’est un échec », a-t-il vivement dénoncé.

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Toujours selon Koné Moussa, cette année, le gouvernement a alloué plus de 67 milliards à ces organisations pour soutenir les courageux paysans, mais malgré ces fonds considérables, aucune action concrète n’a été entreprise. « Malheureusement, rien n’a été réalisé malgré l’allocation de ressources considérables, et cela est déplorable », a regretté Koné Moussa. Et d’ajouter « Chaque jour, nous sommes confrontés à d’énormes dossiers sur nos bureaux. Les problèmes des producteurs qui ont livré leur production et n’ont pas été payés sont flagrants. Aujourd’hui, le prix du kilogramme est de 100 à 150 Francs CFA, ce qui est choquant. Par conséquent, je tiens à souligner que le conseil coton-anacarde n’a aucune raison d’exister ».

Face à cette situation peu reluisante, le président du Synapci a martelé en ces termes : « si aucune mesure n’est prise dans les jours à venir, une grève pourrait être envisagée en vue de la dissolution pure et simple du conseil coton-anacarde ».

Karim Sondo, PCA de la coopérative SCOP CAUB, a, pour part parlé des défis auxquels ils font face au quotidien. « Nous continuons de rencontrer des problèmes lors des ventes. Les prix chutent fréquemment, et en tant qu’opérateurs à la tête des coopératives, nous sommes souvent accusés par nos collègues producteurs de provoquer ces baisses de prix, alors même que les problèmes existent également au niveau de la hiérarchie. Cette situation est incompréhensible ! », a-t-il souligné. Avant de faire cette promesse « En tant qu’investi, je suis déterminé à faire mon travail correctement avec ma délégation ».

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