Aboisso-Rencontre d’échange sur l’impact du décret N°2010-233 du 25 août 2010/Les controverses et inquiétudes quant à son influence sur la campagne électorale

Par Keren Bossouma/afriquematin.net

Le jeudi 22 juin, une rencontre d’échange s’est tenue à la salle des fêtes de la Mairie d’Aboisso, réunissant les autorités préfectorales, les membres de la Commission Électorale Indépendante (CEI) et les acteurs clés de la région du Sud-Comoé. Cette entrevue avait pour objectif de discuter de « l’impact du décret N°2010-233 du 25 août 2010 fixant le ressort territorial des régions, départements, sous-préfectures et communes sur la campagne électorale ».

Présidée par le préfet de Tiapoum Zobo Lucien, assurant l’intérim du Préfet de Région, préfet du département d’Aboisso, Légré Koukougnon, ainsi que du quatrième vice-président de la CEI, Bamba Siaka, cette réunion a permis aux autorités préfectorales d’apporter des éclaircissements sur le décret n° 2010-233 du 25 août 2010, dont certaines dispositions ont été abrogées par la Loi n°2012-1128 du 13 décembre 2012 portant organisation des collectivités territoriales en Côte d’Ivoire.

Cependant, cette décision a suscité une opposition de la part de nombreux élus qui estiment qu’elle vise à reconfigurer les circonscriptions électorales à des fins politiques. Selon Alfred Kouao, natif du village de Bakro, cette mesure d’inféoder les villages Assouba, Ayébo, Bakro, Koffi kokorékro à la sous-préfecture, favoriserait les candidats du parti au pouvoir, car « les militants de ces gros villages à fort taux électoral, acquis à la cause du Pdci-Rda et du PPA-CI, seront soustraits de la sphère communale au profit du Rhdp, dont les militants fourmillent dans les villes et les environs », met-il en évidence.

Jérémie N’gouan Alfred, cadre de la région, a également analysé cette décision hâtive, faisant remarquer que « d’après les textes régissant les communes en Côte d’Ivoire, le décret de 2012 a abrogé les dispositions concernant la communalisation des 520 plus 299 communes créées par le président Gbagbo, sans toucher à l’organisation territoriale », rappelle-t-il.

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Il affiche également son inquiétude quant à la précipitation du pouvoir et se demande pourquoi ce projet n’a pas été exécuté avant l’enrôlement et à seulement deux mois des élections. Il accuse les autorités de ne pas avoir consulté les populations malgré plus de dix ans de gestation de ce décret au ministère de l’Intérieur.

 A cet effet Jérémie N’gouan Alfred souligne que les députés actuellement élus ont été soutenus par les populations de ces villages lors des élections législatives de 2021, ce qui soulève des interrogations quant aux démarches à suivre.

Les populations ont exprimé leur soutien en faveur de l’exclusion de cette décision pour les élections du 2 septembre, estimant qu’elle n’est pas opportune et qu’elle pourrait compromettre la paix et la cohésion sociale, pourtant solidement ancrées dans le quotidien des habitants.