Vie conjugale/ L’« Atonvlè » dans toute sa diversité

Enquête réalisée par Haidmond Kaunan/afriquematin.net  

La puberté  de la jeune fille en pays Akan est conférée et célébrée au cours d’une cérémonie spéciale. Aton’vlè est à la fois le nom de la jeune fille pubère qui a subi le rite de la consécration. Chez les Akan, et précisément dans  les peuples Agni et  Baoulé  Agba, Ouellé, Sondo, originaires de l’actuelle région de l’Iffou, cette cérémonie revêt d’une importance capitale au plan traditionnel et social. De fait, au temps où la tradition n’avait pas encore subi les influences du modernisme, mais surtout du christianisme. Tout enfant conçu avant le rite de l’Aton’vlè était rejeté, voire éliminé secrètement à la naissance. Un tel enfant, connu sous le nom de  » Gouassou ba » ou enfant de la place publique, était considéré comme porte malheur pour la famille.

Pour éviter ainsi de subir une  humiliation et un déshonneur pour les parents de la jeune fille, toutes les mesures préventives sont prises par ses derniers, à l’effet de réagir à temps. Dès que la mère notait les premières menstrues de sa fille, elle en avisait son époux. Les parents avertissaient les parents des côtés maternel et paternel pour décider  de la date et rassembler tout ce qui était nécessaire pour cette cérémonie et on rassemblait de chaque côté les éléments nécessaires  – pour sa réussite.  Il fallait désigner une femme de troisième âge ou un sage pour annoncer à la jeune fille son nouveau statut. Cette déclaration procède d’une  méthodologie et d’un culte. En dépit  de quelques variantes imputables au temps et l’adaptation, ce rite a été préservé de génération en génération. Dans les temps les plus reculés, c’était un morceau de savon noir traditionnel « kodou samlin »que les matrones déposaient sur la tête de la jeune fille pubère. De nos jours c’est la cache-sexe ou Kodjo blanc qu’on dépose sur les jambes de la jeune fille. Cet acte lui annonce officiellement   qu’elle est désormais  femme. Le savon traditionnel devait lui permettre de prendre soin de son corps et le kodjo à cacher son intimité. L’émotion et le sentiment de gêne poussent la jeune fille à pleurer. Il faut rappeler qu’avant la cérémonie les parents consultaient un oracle. En ce sens qu’il  existe des filles qui originellement, ne devraient pas subir cette consécration de la manière universelle et ne  devraient pas porter des parures. En pareille circonstance, on évite le côté faste de la cérémonie. Outre les repas qu’elle partage avec ses camarades, la jeune pubère se pare de ses plus beaux atouts, composés de perles, de colliers, de pagne de valeur…Elle est induite de beurre de karité ou d’huile de graine de palme. Après sa première nuit passée en compagnie des autres jeunes filles, elle est accompagnée le lendemain à la rivière pour sa première grande lessive. Heureusement, grâce au  christianisme on élimine plus un enfant hors Aton’vlè . Malheureusement aussi, le modernisme est à la base de l’immoralité   qui est le libertinage dans la vie sexuelle des jeunes filles.

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