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Tripatouillage, achat de conscience, intimidation, vols d’urnes/A quoi servent les élections en Afrique ?

Une analyse de Kédjébo Kpandji/afriquematin.net

Les élections en Afrique sont censées incarner la démocratie, la participation citoyenne et l’alternance pacifique du pouvoir. Pourtant, dans de nombreux pays, elles sont entachées par des pratiques frauduleuses telles que le tripatouillage des résultats, l’achat de conscience, l’intimidation des électeurs et même le vol d’urnes.

Les mécanismes de fraude électorale en Afrique sont souventes fois alimentés par le tripatouillage des résultats, la modification des procès-verbaux, ajoutés à ceux-ci des responsables corrompus qui falsifient les chiffres pour favoriser un candidat.

Il y a aussi l’inflation des voix dont certains bureaux de vote rapportent des scores invraisemblables, l’utilisation de bulletins pré-remplis sont introduits dans les urnes, la distribution d’argent, de nourriture ou de biens matériels en échange de votes, des promesses d’emplois ou de projets locaux jamais réalisés et enfin la corruption des chefs traditionnels et religieux pour influencer leurs communautés.

Ajouter cela l’intimidation et la violence, les menaces contre les opposants et leurs soutiens, la militarisation des bureaux de vote pour décourager certains électeurs et les attaques ciblées contre des quartiers ou villages hostiles au pouvoir en place et le vol ou la destruction d’urnes dans des zones favorables à l’opposition.

Ces fraudes persistent parce que certaines Commissions électorales sont contrôlées par le pouvoir en place, le judiciaire sous influence, incapable d’annuler des élections truquées. L’impunité des fraudeurs, vu qu’il n’y a aucune sanction contre les responsables de fraudes massives, la politisation de la justice qui protège les élites corrompues, sans oublier la complicité internationale.

Certains pays et organisations ferment les yeux sur les irrégularités pour des raisons géopolitiques ou économiques. Les observateurs électoraux étrangers émettent parfois des rapports mitigés pour éviter des tensions diplomatiques. Les dirigeants utilisent les élections pour donner une apparence démocratique à leur régime, même s’ils ont triché.

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Cela permet de satisfaire les bailleurs de fonds internationaux qui conditionnent l’aide au respect, même superficiel. Ces dérives soulèvent une question fondamentale, à quoi servent d’organiser des élections si elles ne reflètent pas la volonté du peuple ?