Soudan : l’armée annule ses accords avec les contestataires, appelle à des élections

Les militaires qui gouvernent le Soudan depuis la chute du président Omar el-Béchir ont annoncé mardi qu’ils annulaient les mesures sur lesquelles ils s‘étaient mis d’accord avec les contestataires et ont appelé à des élections dans un délai de neuf mois.

Cette annonce est intervenue au lendemain de la dispersion par les militaires du sit-in des manifestants qui campaient devant le quartier général de l’armée à Khartoum pour réclamer la transmission du pouvoir aux civils. La dispersion a fait au moins 30 morts selon des médecins proches de la contestation.

Le Conseil militaire de transition “décide de cesser de négocier avec l’Alliance pour la liberté et le changement” (ALC, fer de lance de la contestation), “d’annuler ce qui avait été convenu et de tenir des élections dans un délai de neuf mois”, a déclaré le chef du Conseil, le général Abdel Fattah al-Burhane, dans un communiqué diffusé à la télévision officielle soudanaise.

Le général Burhane a ajouté que les élections se tiendraient sous “une supervision régionale et internationale”.

Le Conseil militaire de transition avait chassé du pouvoir le président Omar el-Béchir le 11 avril après des mois de manifestations populaires contre son régime autoritaire.

Le Conseil s‘était mis d’accord avec les contestataires pour une période de transition de trois ans avant la transmission du pouvoir à une administration civile. Les deux parties avaient aussi décidé que pendant la période de transition, le parlement serait composé de 300 membres dont environ deux tiers proviendraient de l’ALC et le reste d’autres groupes politiques. Les pourparlers s‘étaient interrompus le 20 mai.

Condamnations internationales

Des milliers de manifestants continuaient toutefois à camper devant le quartier général de l’armée, appelant les généraux à céder le pouvoir, lorsque les forces de sécurité ont dispersé le rassemblement, faisant au moins 30 morts et des centaines de blessés, selon des médecins proches de la contestation.

L’opération a suscité de vives critiques à l‘étranger. les Etats-Unis et l’ONU ont condamné la dispersion violente du sit-in.

Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette réunion, à huis clos, devrait se tenir mardi, selon des diplomates.

A la suite de la dispersion du sit-in, l’ALC a annoncé lundi “la fin de tous les contacts et négociations politiques avec le Conseil putschiste”.

Le général Burhane a déclaré que le Conseil ordonnerait une enquête. “Le Conseil militaire promet une enquête sur les événements” et “invite le procureur général à en prendre la responsabilité”, a dit le général dans sa déclaration diffusée à la télévision.

AFP

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