Soudan/En finir avec les scénarios de lutte entre les ambitions et des craintes…

Ce coup d’État – signe un coup d’arrêt à la gestion conjointe par des civils et des militaires de la transition depuis 2019. La ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition dissous par le général al-Buran, Maryam Sadeq al-Mahdi parle de l’évolution de ce malheureux évènement.

 – En tant que responsable du parti Oumma, quelle est-votre position face à ces développements ? 

-En tant que parti Oumma, nous refusons toute tentative de coup d’État, quel que soit son auteur et quel que soit son prétexte. Nous annonçons que nous allons participer à tout acte de résistance utilisant les méthodes pacifiques que nous avons en notre possession. Nous nous opposons à tout coup d’État contre la déclaration constitutionnelle intervenue suite à la révolution du peuple soudanais, révolution qui a été bénie par le sang de jeunes qui nous étaient chers.

« Il faut que les militaires renoncent à ce qu’ils ont fait ce matin, en ce qui concerne au coup de force de ce matin. Je fais appel à eux pour qu’il ne gâche pas cette position honorable prise lorsqu’ils ont pris part pour le peuple soudanais et sa révolution glorieuse le 11 avril 2019″, assène Maryam Al-Sadiq Al-Mahdi.

Les tensions politiques qui ont dominé la période compliquée de transition peuvent être résolues si on s’attaque une fois pour toutes aux racines du problème et si on mène un dialogue sérieux. Notre parti Oumma a fait récemment une initiative pour un nouveau pacte social, une initiative qui a été reprise par l’initiative dite « le chemin vers l’avenir » du premier ministre Hamdok.

Appelez-vous au dialogue comme seule solution 

Cette tentative d’une partie d’imposer sa vision à l’autre par la force militaire, c’est un combat perdu d’avance. C’est une perte de temps qui ne nous mènera nulle part. Elle ne sert qu’à dilapider les capacités du pays et contrarier son intention d’aller vers la paix et la sécurité. Aucun parti ne peut réaliser des gains politiques sans l’accord de l’autre partie, sans l’accord de partenaires tel qu’il est indiqué dans la déclaration constitutionnelle. Nous mettons en garde contre toute goutte de sang du peuple qui pourrait tomber et nous promettons aux responsables qu’ils seront poursuivis en justice, de façon à ce qu’ils portent ce fardeau pour toujours.

Dans un communiqué du parti Oumma, vous considérez que ce coup d’État ne mènera à rien ?

Nous considérons que la porte est toujours ouverte à une solution pacifique à travers le dialogue et une vraie volonté nationale. Nous appelons à éviter un bain de sang au Soudan, et à préserver les capacités du pays en respectant les valeurs de la révolution soudanaise, nous appelons à revenir à la démocratie au sein de la transition, à une paix juste et globale, à un renforcement du pouvoir civil, aux réformes économique et à la justice transitionnelle. Pour tout cela, il faut délaisser une approche d’exclusion et d’entêtement. Il faut commencer à appliquer les propositions qui ont émergé des initiatives nationales pour aboutir à une solution dans un délai défini. C’est la position du parti Oumma.

Quelles sont vos sources d’informations sur la réalité des arrestations au rang des ministres et des hauts responsables ?

Nous n’avons pas de sources d’’informations en tant que responsables gouvernementaux : nos informations, viennent des médias ou des proches des responsables arrêtés. J’ai appris, à 4h du matin par mon neveu qui habite à côté de chez moi, que son père avait été arrêté.

Après cela, j’ai appris par les médias l’arrestation des ministres Khaled Omar Youssef, Hachem Moussa et Hamza Baloul, ainsi que les conseillers médiatique et politique du Premier ministre Faysal Mohamed Saleh et Yasser Armane, tout comme un membre du conseil souverain Mohamed al-Faki.

J’ai rencontré le chef du bureau du Premier ministre qui m’a informé que la maison de Hamdok était encerclée. Il est allé chez lui et il m’a affirmé que Hamdok avait été conduit vers un lieu inconnu. Voilà ce que j’ai comme information, mais comme nous avons dit nous sommes contre toute partie qui veut imposer sa position par la force aux autres.

Croyez-vous que les militaires pourront-ils reculer et revenir vraiment au dialogue ?

Il faut que les militaires renoncent à ce qu’ils ont fait ce matin, en ce qui concerne au coup de force de ce matin. Je fais appel à eux pour qu’il ne gâche pas cette position honorable prise lorsqu’ils ont pris part pour le peuple soudanais et sa révolution glorieuse le 11 avril 2019. Je fais appel à ce qu’il maintienne leur position pour un partenariat politique avec les civils, un partenariat qu’on a convenu de renforcer.

Tout rejet de leur part de cet accord fera face à une réaction du peuple soudanais dans toutes les régions. Ce peuple est déjà dans les rues pour refuser les arrestations et ses mesures. Je vois autour de moi les colonnes de fumée de tous les côtés, depuis tôt ce matin, mes enfants sont tous dans la rue, à côtés de leurs frères et sœurs.

En conséquence, personne ne peut revenir sur la position intransigeante du peuple. Une position déclamée haut et fort jeudi dernier lors des manifestations où des centaines des milliers ont manifesté à Khartoum et dans les autres villes en soutien à la transition politique et au pouvoir civil.

Ne craignez-vous pas que le sang coulera une nouvelle fois ?

Bien sûr, parce que nous craignons fortement que des profiteurs de plusieurs côtés saisissent l’occasion pour semer la discorde, durant ce chaos que des responsables au pouvoir de transition ont participé à installer. Il est fort probable que des snipers pourraient par exemple, tirer sur les manifestants et s’il y a du sang, il sera difficile de dépasser cela.

Le sang tombé durant la révolution a créé des obstacles devant le changement, nous voulons en finir avec les scénarios de lutte entre les ambitions et des craintes pour arriver à défendre les vrais intérêts du Soudan et du peuple soudanais.

Source : rfi.fr

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