Révision de la liste électorale-district de Sassandra-Marahoué : Le PDCI-RDA dénonce un scandale d’inscriptions fictives et saisi la justice
Franck Elisé Bouabré correspondant Afriquematin.net
Dans un contexte de révision de la liste électorale en vue des élections de 2025, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) tire la sonnette d’alarme face à de graves anomalies observées dans le district de Sassandra-Marahoué. Ce scandale, qui met en lumière des inscriptions fictives sur les listes électorales, a été révélé lors d’une conférence de presse tenue par l’honorable Jean Likane-Yagui, Haut Représentant du Président du PDCI-RDA (HRD) dans le district, le dimanche 30 mars 2025 à Daloa.
Face à ces irrégularités, le parti a décidé de saisir un commissaire de justice afin de faire toute la lumière sur ces pratiques qu’il juge préjudiciables à la transparence du scrutin à venir.
Lors de son intervention, Jean Likane-Yagui a dénoncé des cas flagrants d’inscriptions fictives sur la liste électorale. Parmi les exemples les plus édifiants, il a évoqué son propre village natal, Zoboua, où un homme du nom de Diallo Sékou, employé depuis plus de trente ans comme gardien à son service, a été déclaré père de 43 enfants sur la liste électorale. Or, après vérification auprès de l’intéressé, il s’est avéré que ce dernier ne reconnaît la paternité que d’un seul enfant. Pourtant, les 42 autres, attribués arbitrairement par la Commission Électorale Indépendante (CEI), disposent de cartes d’électeurs et figurent bel et bien sur la liste.
Selon l’honorable Likane-Yagui, cette situation n’est pas un cas isolé.
« Ces anomalies ne peuvent pas être qualifiées de simples erreurs. Elles relèvent d’une opération savamment orchestrée qui consiste à générer des électeurs fictifs à partir de données existantes et à les faire voter hors de leur circonscription », a-t-il affirmé avec fermeté.
Il a également mis en lumière les insuffisances du système informatique de traitement des données électorales. Une analyse approfondie de la liste actuelle a permis d’identifier des incohérences troublantes. Parmi elles, un électeur du nom de Diallo Zélé, né en 1947, se retrouve avec un père né en 1964, soit 17 ans après sa propre naissance. De plus, certains électeurs fictifs enregistrés dans le district de Sassandra-Marahoué apparaissent également dans d’autres localités comme Cocody, Abobo, Korhogo, ou même à l’étranger, notamment en Italie.
Ces failles, selon l’honorable Likane-Yagui, jettent un sérieux doute sur la fiabilité du processus électoral en cours.
« Comment pouvons-nous organiser des élections crédibles avec une liste électorale aussi truffée d’irrégularités ? », s’est-il interrogé, appelant à un audit rigoureux et indépendant avant toute poursuite des opérations.
Conscient de l’urgence de la situation, le PDCI-RDA a décidé de saisir un commissaire de justice pour documenter ces irrégularités et engager des poursuites contre les responsables. Jean Likane-Yagui a insisté sur la nécessité de prendre des mesures fortes pour extirper les quelque 20 000 inscrits fictifs recensés dans le district de Sassandra-Marahoué, ainsi que les 1 800 000 enregistrés à l’échelle nationale.
« Dans son état actuel, la liste électorale ne peut servir de base à des élections crédibles dans un pays sérieux comme la Côte d’Ivoire », a-t-il conclu.
À l’approche des élections de 2025, cette dénonciation du PDCI-RDA soulève de sérieuses interrogations sur la capacité de la CEI à garantir un processus électoral transparent et équitable. Alors que le contentieux électoral est censé prendre fin le 5 avril 2025, de nombreuses voix appellent à une refonte complète de la liste électorale pour assurer la crédibilité du scrutin à venir.
Le PDCI-RDA, met ainsi la pression sur les autorités compétentes pour que des mesures concrètes soient prises. La balle est désormais dans le camp de la CEI, face à une opinion publique de plus en plus préoccupée par l’intégrité du processus démocratique ivoirien.