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RDC/L’agriculture, un important maillon de l’économie délaissée de la politique

En République démocratique du Congo, les différents candidats ont dévoilé et axé leur programme sur les questions de paix, de sécurité. Mais un thème est seulement esquissé par ceux-ci, c’est celui du développement de l’agriculture, qui touche tous les problèmes des Congolais.

Elle ne sera pas absente des programmes, mais force est de constater que l’agriculture n’est pas un thème qui s’impose dans cette campagne. Les organisations paysannes congolaises ont cherché en vain à  atteindre les candidats pour les interpeller sur la question du développement agricole. Un enjeu capital car à lui-seul, il est susceptible d’améliorer la sécurité alimentaire de la population, de limiter la facture des importations et de devenir un secteur économique qui donne du travail aux Congolais. La RDC, c’est au moins 80 millions d’hectares disponibles, l’une des plus grandes superficies agricoles du continent. De quoi nourrir les Congolais mais aussi les Africains et une partie de la planète par l’exportation. Malheureusement, quand on survole cette étendue, c’est surtout un vert profond… largement sous-exploité qui saute aux yeux. En 2015, l’agriculture représentait 20,6% du PIB. Elle pourrait créer beaucoup plus de richesses. Et si 60% des Congolais vivent de la terre, les organisations paysannes regrettent de ne pas avoir été associées à l’élaboration des programmes.

L’Etat congolais a délaissé l’agriculture

C’est un constat que font tous les acteurs. Il suffit de voir la part du budget allouée au secteur. Elle n’a jamais dépassé 3%. C’est largement insuffisant pour développer l’agriculture d’un pays avec une telle superficie d’autant que l’argent est rarement décaissé en totalité. Mais en plus, la RDC ne respecte pas les engagements du protocole de Maputo qui fixe un objectif d’y consacrer au moins 10%. Très souvent les initiatives locales, privées, ou les programmes de développement étrangers répondent aux besoins. Pourtant, des outils existent comme le Code agricole ou un fonds national. Mais souvent dans ce pays, la mise en œuvre se fait lentement ou partiellement. Dans les programmes des candidats, il s’agissait de restaurer un passé glorieux qui faisait de ce pays,  jusqu’aux années 90,  un très important exportateur de café de qualité. Sans les chiffrer précisément, les candidats ont parlé de relancer les investissements… pour que le coton, le café, le cacao, ou et le caoutchouc soient plus rémunérateurs et que l’agriculture locale ait un meilleur accès aux marchés. Ce qui permettrait de soulager au passage le portefeuille des Congolais qui voit chaque jour grimper le prix des produits importés ! La plupart des candidats veulent attirer les investissements privés aussi pour développer un secteur agro-industriel. Plusieurs ONG qui travaillent au plus près des paysans estiment qu’à côté de l’agro-industrie, il ne faut pas oublier l’agriculture familiale qui n’a jamais été proprement encadrée par l’Etat et donc échappe aux politiques publiques. Pourtant, elle nourrit des millions de personnes et aurait bien besoin d’investissements pour développer la recherche, l’accès aux intrants et un accès facilité au financement. Au fond, elle n’est pas perçue comme un moteur de développement à part entière alors que ce sont des petits planteurs qui ont fait jadis du Congo un très grand producteur de café. Les infrastructures valent  pour tout le développement du pays, et donc aussi pour l’agriculture.

Les bassins de production agricoles sont encore souvent isolés par des routes impraticables, la jonction entre l’arrière-pays et le consommateur urbain est difficile. Aussi, pas moyen de stocker dans de bonnes conditions la production en attendant de l’écouler. Cela fait du quotidien des agriculteurs qui cherchent non seulement à manger mais à tirer des ressources de leur production un parcours du combattant. Cette richesse, qui devrait être un maillon  important de l’économie agricole de ce pays est quasiment délaissée de la politique.

Source : rfi.fr

 

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