Pdci-Rda /Pour une nouvelle ère de vérité, d’unité et de sursaut
Par Clément Ewoudje*
En cette période charnière où la Côte d’Ivoire traverse l’une des séquences politiques les plus décisives de son histoire récente, le Pdci-Rda se trouve à la croisée des chemins.
Entre les blessures du passé proche, les incompréhensions internes, les ambitions contradictoires et les manipulations venues d’ailleurs, une chose demeure pourtant irréfutable, le Pdci-Rda reste le socle identitaire, moral et historique de la nation ivoirienne. Et c’est précisément pour cela que son devoir de lucidité et de refondation interne n’a jamais été aussi impérieux.
Il faut le dire sans détour : les divisions internes, les rancœurs héritées de querelles anciennes, les luttes d’influence souterraines et les stratégies personnelles ont fragilisé la maison verte. Non par manque de valeurs, mais par absence momentanée de cohésion, de franchise et de courage moral pour confronter les problèmes.
Un parti aussi historique-ne peut pas se permettre l’approximation morale, la duplicité stratégique ou le culte de la personnalité. L’héritage d’Houphouët n’est pas un slogan, c’est une exigence. Et cette exigence commande de regarder la vérité en face ; il faut réapprendre à se parler, à se respecter, à se faire confiance.
La véritable renaissance du Pdci-Rda ne se fera ni dans les slogans, ni dans l’exaltation nostalgique, ni dans les déclarations de façade. Elle ne se fera que dans le courage du dialogue sincère, le pardon réciproque, le dépassement des egos et la volonté de replacer le parti au-dessus de toute ambition individuelle.
Le moment est venu d’initier de véritables consultations internes, loin des couloirs feutrés et des conciliabules de clans. Chaque militant, chaque cadre, chaque chef de délégation doit sentir qu’il fait partie d’une maison où sa voix compte et où son engagement n’est pas récupéré mais respecté.
Il faut sortir des chapelles- briser les silences coupables- assainir les relations, renouer avec la discipline et l’harmonie, il faut la paix des braves. Maintenant. Un parti politique n’est pas une mosaïque de factions mais une famille organisée autour d’un idéal commun. La discipline ne signifie pas soumission aveugle, mais loyauté responsable.
L’harmonie ne signifie pas uniformité, mais respect des différences dans l’unité, or, ces deux piliers, discipline et harmonie, ont été ébranlés. Il est temps de les reconstruire et cette reconstruction nécessite une parole claire, une gouvernance interne apaisée, un nouveau pacte moral entre dirigeants et militants et un recentrage sur la mission première de cette formation politique qui de servir la nation, et non se servir de la nation.
Le Pdci-Rda possède aujourd’hui une ressource rare : la diversité et la qualité humaine de ses militants et cadres. Jeunes, anciens, technocrates, paysans, femmes engagées, intellectuels, cadres locaux, diaspora, le parti regorge de talents prêts à construire, à innover, à servir. Mais ces talents ne pourront se déployer qu’à une seule condition, l’unité de vue. Cette unité n’est pas un luxe, elle est une urgence. Le parti ne gagnera jamais par la division, mais par la cohésion. Il ne triomphera jamais par la ruse, mais par la constance. Il ne convaincra jamais par les slogans, mais par la vérité et la dignité.
Le Pdci-Rda n’est pas un parti comme les autres, c’est la matrice politique d’où est sortie la modernité ivoirienne. Il doit redevenir le moteur du consensus national, le creuset de la paix durable, la boussole éthique d’une Côte d’Ivoire en quête de stabilité. Cela passe par la fin du culte de la personnalité, la restauration du mérite, l’honnêteté stratégique, et la défense inconditionnelle des valeurs fondatrices que sont la paix, le dialogue, le respect de l’homme, la justice, la modération et la responsabilité.
Le Pdci-Rda doit redevenir le Pdci-Rda, ce n’est pas une question de communication ni de posture, c’est plutôt une question de survie politique, de devoir historique et de fidélité morale à l’œuvre d’Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié. L’heure a sonné, non pas pour accuser, mais pour reconstruire.
Non plus pour s’éparpiller, mais pour rassembler. Non plus pour pleurer, mais pour agir, car un parti qui se réconcilie avec lui-même devient invincible, qui renoue avec ses valeurs redevient respecté, qui écoute sa base retrouve sa force, qui parle d’une seule voix retrouve sa victoire.
*Secrétaire général de section -Yopougon
