Pdci-Rda/Comment l’arrivée du Thiam a-t-elle revigoré un parti en quête de renaissance
Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net
Depuis l’élection de Tidjane Thiam à la présidence du Pdci-Rda, un vent de renouveau souffle sur le « vieux parti ». Loin des querelles fratricides qui ont marqué les années post-Bédié, l’arrivée de l’ancien patron du Crédit Suisse semble avoir insufflé une dynamique inédite. Entre adhésions massives, regain de fierté militante et modernisation du discours, décryptage d’un phénomène qui redonne des couleurs à la doyenne des formations politiques ivoiriennes.
Le premier effet Tidjane Thiam est d’ordre psychologique et symbolique, car après des années de divisions internes et d’image vieillissante, le Pdci-Rda s’offre un visage nouveau, tourné vers la modernité et l’expertise internationale. Ancien Directeur général du Crédit Suisse, ancien ministre du Plan et du Développement sous le régime de Bédié, ce technocrate incarne une double légitimité qui est celle de la technostructure internationale et celle de l’histoire du parti. Ce profil rassure les cadres historiques tout en attirant une nouvelle génération en quête de compétence.
Son aura de grand manager, habitué à diriger des milliers d’employés et à gérer des milliards, contraste avec l’image de politiciens « professionnels » usés par les combines. Pour de nombreux militants, Thiam est « l’homme de la situation », celui qui peut redonner au parti une bonne stature. Dès son investiture, il a tenu un discours volontairement moderne, axé sur la jeunesse, l’emploi, la transparence et la bonne gouvernance, un langage qui parle aux Ivoiriens lassés par la politique politicienne.
Le phénomène le plus visible de cette « thiaïmanie » est l’afflux spectaculaire de nouveaux adhérents, en particulier parmi les jeunes et les cadres issus de la diaspora, dont nombreux ont quitté le navire, déçus par les luttes internes qui ont fait leur retour. Le parti enregistre des vagues d’adhésions dans les grandes villes du pays, mais aussi dans les zones rurales. Ayant vécu à l’étranger, Tidjane Thiam est perçu comme un pont entre la Côte d’Ivoire et sa diaspora. Plusieurs Ivoiriens de l’extérieur, longtemps en marge de la vie politique nationale, se sentent désormais concernés et rejoignent les rangs du parti.
Son discours sur l’entrepreneuriat et l’innovation attire les jeunes diplômés qui voient en lui un modèle de réussite, un « grand frère » qui a réussi à l’international et qui pourrait impulser une dynamique nouvelle pour le pays. Au-delà des adhésions, c’est tout l’écosystème militant qui semble revigoré, notamment les sections locales, longtemps moribondes, retrouvent de l’activité. L’arrivée de Thiam a, au moins temporairement, mis un terme aux guerres de chefs. Son autorité naturelle et sa légitimité de technocrate imposent une forme de respect qui apaise les tensions. Et comme certains le disent « les jaloux vont maigrir et mourir de leur propre mort ». Inutilement.