Burkina Faso/Ibrahim Traoré multiplie les gestes forts et ravive l’esprit de Sankara
Par Kédjébo Kpandji/afriquematin.net avec ivoirematin.com
Dans un contexte régional marqué par des bouleversements géopolitiques et une lutte acharnée contre le terrorisme, le Président du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré s’impose de plus en plus comme l’héritier spirituel et politique de Thomas Sankara. À l’occasion des commémorations du 04 Août, il a explicitement convoqué la mémoire du « Père de la Révolution » pour galvaniser la population et justifier une ligne politique radicale axée sur la rupture et la souveraineté nationale.
Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, Ibrahim Traoré n’a eu de cesse de se référer à la figure tutélaire de Thomas Sankara, assassiné en 1987. Ce n’est plus une simple référence historique, mais un véritable projet de société qu’il entend incarner. Lors des cérémonies marquant l’anniversaire de l’assassinat de Sankara, le Capitaine Traoré a multiplié les gestes forts, avec des discours enflammés, et surtout, une insistance particulière sur la « trahison » des élites d’hier. Il a rappelé que Sankara avait été tué parce qu’il voulait « rendre le Burkina Faso aux Burkinabè », une formule qu’il reprend à son compte aujourd’hui.
Au-delà des symboles, le chef de l’État adopte un style de gouvernance volontairement sobre et direct, rappelant les « Journées de l’engagement patriotique » de l’ère révolutionnaire. Il appelle régulièrement à la création de comités de vigilance et à une implication citoyenne massive, évoquant la « révolution » plutôt que la simple « transition
Ainsi, à l’occasion de la commémoration de cet événement historique, le chef de l’État a appelé les Burkinabè à s’impliquer pleinement dans la marche du pays vers la souveraineté. Dans un message d’hier mardi, il a salué la mémoire de Thomas Sankara, désormais reconnu comme « Héros de la Nation ». Il a rappelé le rôle majeur joué par la révolution du 4 août 1983 dans l’histoire politique et sociale du Burkina Faso.
Selon le président burkinabè, cette période a marqué une profonde rupture dans la manière de penser le développement du pays. Les réformes engagées à l’époque avaient notamment pour ambition de favoriser l’autonomie nationale, de changer les comportements et de valoriser les ressources, les traditions et les capacités propres au Burkina Faso. Une vision que le régime actuel dit vouloir prolonger. Ibrahim Traoré présente ainsi la « Révolution progressiste populaire » comme le prolongement de cet idéal, avec pour objectif de bâtir un État davantage maître de ses choix et capable de s’appuyer sur ses propres forces.
Dans ce contexte le président du Faso a invité les populations à se mobiliser autour de la « guerre de libération » menée par les autorités. Il estime que la participation de chaque Burkinabè à cet effort représente une manière concrète de perpétuer le combat engagé par les figures historiques de l’émancipation africaine. En plaçant son action dans la continuité de Thomas Sankara, Ibrahim Traoré réaffirme ainsi son ambition de faire de la souveraineté nationale et du développement endogène les principaux axes de son projet pour le pays.