Niger-présidentielle/Seini Oumarou veut faire sensation

Dans quelques  jours, soit le 27 décembre prochain, les Nigériens seront appelés aux urnes pour choisir leur président, ainsi que leur représentants aux législatives. Parmi ceux qui briguent le fauteuil présidentiel, figure, le candidat du  Mouvement national pour la société de développement (MNSD) Seini Oumarou.

 Votre parti n’a pas toujours eu bonne presse, notamment à cause du tazarché, la campagne pour un troisième mandat du président Tandja en 2010, n’êtes-vous pas encore handicapé par cet héritage ?

Pas du tout. Ce qui s’est passé en 2010, nous l’avons laissé derrière nous, ça fait déjà un moment. Nous assumons entièrement tout ce qui s’est passé et aujourd’hui avec le recul, beaucoup de Nigériens regrettent encore la période pendant laquelle le MNSD a dirigé le Niger pendant 10 ans.

Vous avez occupé des responsabilités au plan international en qualité de haut représentant du président Mahamadou Issoufou.  Assumez-vous le bilan du chef de l’État sortant ?

On ne peut pas l’assumer dans la mesure où en tant que haut représentant, je n’avais aucune implication au niveau – de l’administration en tant que telle. Le président de la République a son programme, c’est son programme qui a été exécuté. À un moment donné, nous étions en opposition, il a fait appel à toute l’opposition pour des raisons sécuritaires. Le bureau politique du MNSD était assuré par rapport à cela, nous y sommes allés, mais nous ne pouvons pas dire que nous assumons le bilan de Mahamadou Issoufou.

L’insécurité est une préoccupation des Nigériens, elle a progressé au cours des dernières années. Quelles sont les mesures à prendre, – pour inverser la tendance ?

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L’insécurité est devenue un problème planétaire. Ce n’est pas quelque chose que le Niger, quel que soit celui qui sera à la tête du pays, pourra régler tout seul, il sera forcément obligé de voir autour de lui. Il y a des dispositions qu’il faut prendre ici au niveau national. Sur ce plan, le gouvernement a fait ce qu’il a pu faire avec les moyens dont il dispose. Il y a eu également un partenariat je pense assez sérieux qui a été fait autour de certaines sécurités à travers Barkhane et d’autres structures. Je pense qu’il faut continuer dans ce sens.

En tout cas dans le programme du MNSD, nous avons prévu beaucoup de choses pour consolider ce qui a été fait et surtout aussi adopter d’autres stratégies qui puissent permettre aux Nigériens de vivre dans la quiétude et dans la paix.

Le taux de croissance démographique du Niger est l’un des plus élevés au monde. N’est pas un défi à relever et comment comptez- vous y prendre ?

C’est un défi, nous en sommes conscients, nous avons eu à gérer ça pendant dix ans. Nous avons des contraintes effectivement qui sont des contraintes sociétales, des contraintes religieuses et il faut tenir compte de tout ça. Mais je pense que ça ne doit pas être un frein pour le développement d’un pays et il y a des stratégies à mettre en place. Moi je ne souhaiterais pas qu’on pense que le taux de croissance soit un frein qu’on ne peut pas surmonter, ce n’est pas possible.

Vous avez accompagné le chef de l’État pendant son second mandat, est-ce que cela ne brouille pas les pistes pour les électeurs ?

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Non pas du tout. Nous avons voté dimanche dernier, nous allons voter encore le 27 et je pense qu’avec le scrutin du 27 on en aura le cœur net, mais pour nous il ne s’agit vraiment pas de cela.

Les élections locales ont eu lieu dimanche dernier, le fichier électoral a donc été testé. Pensez-vous qu’il est fiable ?

Bon, un fichier n’est jamais fiable à 100%. Il est peut-être à mon avis encore un peu trop tôt pour dire que tout s’est très bien passé, l’équipe est en train de faire le point, de voir tout ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. La Céni de son côté, je pense, est en train de faire le même exercice. Je pense que c’est une chance pour nous, en tout cas dans ce processus, que les élections locales se soient déroulées avant, et que les dispositions puissent être prises pour corriger ce qu’il faut corriger rapidement, mais également éviter d’autres erreurs.

La Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de Hama Amadou pour la présidentielle, est-ce qu’il aurait fallu lui permettre de se présenter ?

La Cour constitutionnelle à l’heure actuelle est une cour qui est train d’être contestée pour beaucoup de raisons, mais surtout par rapport à la candidature de monsieur Bazoum Mohamed. Quant à la candidature de Hama, la Cour l’a rejetée et il faut rendre hommage quand même à Hama, dans la mesure où il n’a pas contesté contrairement à ce que beaucoup de gens ont pensé. Mais il faut le dire très sincèrement, à l’heure actuelle cette Cour constitutionnelle est vraiment contestée, je pense que cette Cour constitutionnelle doit se regarder en face.

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Les partisans de Mohamed Bazoum espèrent un coup KO, une victoire dès le premier tour, pensez-vous qu’il peut y arriver ?

Non, ça c’est un rêve, je ne crois pas à ça. Dans tous les cas, je pense que les résultats des locales vont le dissuader.

Source : rfi.fr