Lutte contre la corruption et les crimes financiers : un atelier national de renforcement des capacités s’ouvre à Abidjan
Guillaume Ahi
Abidjan accueille du 8 au 12 juin 2026 un atelier national consacré aux investigations financières, à la récupération des avoirs criminels et à la lutte contre la corruption. La rencontre, qui se tient dans les locaux d’INTERPOL à Abidjan, réunit les principaux acteurs de la chaîne pénale ivoirienne.
Organisé dans le cadre d’un partenariat entre la coopération allemande GIZ, le Bureau régional d’INTERPOL à Abidjan et le Pôle pénal économique et financier, cet atelier vise à renforcer les capacités des institutions engagées dans la lutte contre la criminalité économique et financière.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Sansan Kambilé, le directeur de cabinet du ministère, Kouassi Bernard, a souligné les conséquences de la corruption et des crimes financiers sur le développement des États.
« La corruption, le blanchiment de capitaux, la fraude, le détournement des deniers publics et le pillage des ressources naturelles ne se contentent plus d’appauvrir les États ; ils minent la confiance des citoyens dans leurs institutions, faussent la concurrence, découragent l’investissement et compromettent les perspectives mêmes du développement », a-t-il déclaré.
Il a également exhorté les participants à tirer pleinement profit de cette session de formation afin de renforcer l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et la criminalité financière organisée.
Représentant la coopération allemande GIZ, Célestin Ankamtsene, directeur du projet Bonne Gouvernance II, a rappelé que ce partenariat vise à accompagner les institutions nationales dans le renforcement de leurs capacités techniques, organisationnelles et opérationnelles. Selon lui, l’objectif est d’améliorer la détection, l’enquête, la poursuite et la répression des infractions économiques et financières, notamment celles liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
Il a précisé que plusieurs activités seront mises en œuvre dans le cadre de cette collaboration. Elles porteront notamment sur des formations avancées en investigations financières, l’exploitation du renseignement financier, le recouvrement des avoirs criminels, ainsi que la formation de formateurs afin d’assurer une transmission durable des compétences.
Le programme prévoit également un accompagnement des services spécialisés dans la conduite d’enquêtes complexes, un appui à la coordination des dossiers impliquant plusieurs institutions, l’élaboration de guides pratiques et de directives opérationnelles, ainsi qu’un meilleur accès aux outils et bases de données internationales d’INTERPOL.
Pour sa part, Richard Evina Engolo, officier de renseignement criminel représentant le secrétaire général d’INTERPOL, Valdecy Urquiza, a indiqué que cet atelier devrait déboucher sur la constitution d’un noyau national de formateurs spécialisés en criminalité financière en Côte d’Ivoire.
Il a souligné que les thématiques abordées durant ces cinq jours de travaux concernent des formes de criminalité qui demeurent une préoccupation majeure pour les autorités ivoiriennes et la communauté internationale.
« La corruption, le détournement des fonds publics et leur blanchiment ont un impact particulièrement négatif sur les sociétés, notamment dans les pays en développement », a-t-il affirmé.
À travers cette initiative, les partenaires entendent contribuer au renforcement de la coopération institutionnelle et à l’amélioration de la réponse nationale face aux défis posés par la criminalité économique et financière.