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Luckson Padaud: « Moi, je ne reproche rien au BURIDA »

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Par MORRYS OUAYOU T – Afrique Matin.Net

Luckson Padaud fait partie de l’élite musicale qui a écrit en lettres d’or l’histoire de la musique ivoirienne. Artiste-musicien et créateur dont les œuvres d’une inspiration exceptionnelle ont particulièrement marqué toutes les générations, ce neveu de feu Ernesto Djédjé continue de faire parler de lui au travers de son talent intarissable, aux vertus sensationnelles. Pour ce métronome, passionné de la créativité, un artiste a besoin de contribuer, de part son art et son talent, au développement de son pays et à l’instauration d’un climat de paix sans lequel toute création demeure vaine. Il en parle, parle de sa carrière, du Burida et « entonne » ses projets.

Bonjour l’Artiste, pouvez-vous vous présenter à nos fidèles lecteurs ?

Je m’appelle SEHIA LUCKSON PADAUD. A l’état civil, LAGO TAPE SEHIA, originaire de DALOA, du village de Tahiraguhé.

A quand remonte le début de votre carrière artistique et comment ?

La musique pour moi, c’est un pacte. Déjà à l’école primaire, je chantais très bien. Avec une batterie en carton, mes amis et moi, nous avions notre groupe. Tout petit, j’étais l’un des meilleurs chanteurs de la région. J’interprétais déjà si bien les chansons de grands Artistes tels Amedée Pierre, Ernesto Djédjé,  Zakry Noel,  Sery Simplice … Je suis du même village que feu Ernesto Djédjé qui était mon cousin. Et quand il est venu un jour au village, on lui a parlé de moi. Et il m’a rencontré. Après notre entretien, il décide de rentrer avec moi à Abidjan. Et c’est ainsi que j’intègre son orchestre. Tout est donc parti de là, et voici qu’aujourd’hui, je suis SEHIA LUCKSON PADAUD. L’un des porte-flambeaux de la musique africaine.

SEHIA LUCKSON PADAUD a combien d’albums à son actif aujourd’hui ?

J’ai vingt (20) albums à mon actif ; et la Soirée Dédicace du 20 ème album s’est tenue à Paris le 14 Octobre. Je sors mon premier album KALGBEU le 29 Juillet 1982 à Paris, produit par feu BOUAZO KOUKO RICHARD, et présenté par feux Fulgence KASSY et Ernesto DJEDJE. Suivront tous les autres.

Lequel de tous ces albums vous a le plus marqué ?

Difficile de répondre à cette question. Mais puisque je suis tenu de donner une réponse, je dirais KALGBEU en 1982, YÔBÔ en 1987, Wandji en 1989. Vous remarquez vous-même que j’ai du mal à en choisir un. En tout cas, plusieurs de mes enfants m’ont énormément fait plaisir. Je veux parler de mes œuvres musicales.

Vous étiez en France il y a quelques semaines pour la célébration des 35 ans de votre carrière artistique. Parlez-nous-en.

35 ans, c’est juste un arrêt pour voir ce que j’ai pu réaliser ; mais aussi voir ce qui reste à faire. C’est donc pour matérialiser ce nouveau départ, mais pour aussi et surtout dire merci à toutes ces généreuses personnes qui n’ont cessé de croire en moi et qui continuent d’investir en moi, que cette grande fête a été organisée le samedi 06 octobre 2018 à Paris. Tous les Ivoiriens, hommes et femmes, de la Diaspora, sont vraiment formidables. La salle n’a pu contenir les nombreux fans de SEHIA LUCKSON PADAUD  qui sont venus de partout en si grand nombre. Merci encore à toute la Côte d’Ivoire, merci à toute l’Afrique.

Peut-on savoir les Artistes qui vous ont soutenu lors de cette célébration?

Il faut dire que toutes les associations des Artistes ivoiriens en France ont été représentées ; et c’est bien le bouillant vice-président de l’AAMIOF Olivès GUEDE et son épouse Maman WAZY qui ont supervisé cette si grande et belle fête. Juste à propos, je voudrais renouveler mes infinis remerciements à la Structure organisatrice de cette fête, MALLOU PROD, ainsi que toutes ces valeureuses personnes qui ont permis la réussite de cet événement. Je dis aussi merci à tous ceux qui ont été empêchés et qui n’ont pu être présents physiquement. Car, la prochaine fois, ils seront les premiers à être là. Je souhaiterais que la grande solidarité qui a fait de cette fête une véritable réussite soit toujours tenue active. En toute occasion, et pour tous.

Nous croyons savoir que l’ensemble de vos fan-clubs en Côte d’ivoire projettent d’organiser une importante cérémonie en votre honneur.

Oui, c’est bien cela. Tous les fans de l’Artiste SEHIA LUCKSON PADAUD ont décidé d‘organiser une telle fête chaque année pour mieux se connaître et partager un moment avec leur Artiste. Le samedi 1er Mars dernier, c’était à Dépa, un village situé à 5 km d’Issia. Cette fois-ci, le samedi 30 Novembre 2018, c’est Gokra, un gros village de Daloa dont est originaire le Maire TAPE LOGROAN, qui reçoit la fête. Il y aura au moins 2500 fans, avec le soutien de Paulin Nahounou, JC Djaty’s, Mahy LOBOTO, Blé Marcel Dibaga, Blé Wandji et plusieurs autres. Ce sera une très grande fête qui se tiendra de 16heures à 06 heures du matin.

SEHIA LUCKSON PADAUD, une véritable sommité de la musique traditionnelle d’inspiration moderne en Afrique. Mais on ne vous voit pas assez. Qu’est-ce qui explique cela ?

Vous savez que la musique tradi-moderne est le genre musical qui n’est pas du tout soutenu en Côte d’Ivoire. Si nous arrivons à nous produire et à sortir des albums, c’est parce que nous aimons cette musique-là. Aucune structure pour nous aider à mieux valoriser la musique tradi-moderne. Nous nous débrouillons, chacun selon ses moyens. Les spectacles se font rares aujourd’hui ; plus de promoteurs. Nous n’avons aucun soutien. Tous les grands Artistes dont vous entendez parler à travers le monde sont soutenus par des structures. Abandonnés à nous-mêmes, nous sommes obligés d’observer un moment d’arrêt, le temps de se trouver un peu de moyens pour refaire surface. Pas du tout facile, mais nous nous maintenons tout de même.

Qu’est-ce qui explique votre discrétion ?

La discrétion, je la dois à feu ERNESTO DJEDJE. Avec ce grand monument, j’ai appris beaucoup de choses : se comporter comme un grand Artiste, se faire respecter des autres et du public, se respecter soi-même, respecter les autres. En somme, créer un mythe autour de soi. Et ça, je l’ai appris aux côtés de mon maître Ernesto Djédjé.

SEHIA LUCKSON PADAUD, aujourd’hui, beaucoup de bruits courent de votre maison, le BURIDA. En savez-vous quelque chose ?

Moi, je pense qu’il n’y a pas de bruits au BURIDA. Le personnel du BURIDA est au travail. Ceux qui font du bruit, ils en ont le droit. Parce qu’ils ont le temps nécessaire de faire du bruit. Nul ne peut les empêcher de faire cela. Sinon, les Artistes que nous sommes, notre devoir est de nous mettre au travail pour produire des œuvres, et des œuvres de qualité. Peut-on réclamer des droits sans avoir travaillé ? Je demande aux Artistes de se mettre au travail pour faire plaisir à nos fans qui attendent beaucoup de nous. Le personnel du BURIDA travaille. Pourquoi se mettre là-bas pour les déranger ? Moi, je ne reproche rien au BURIDA. Chacun fait son travail. Je vais parfois faire des courses au BURIDA. Je ne peux prendre mon temps pour fouiller dans les casseroles du BURIDA pour savoir si les poissons ou les crabes ne sont pas à leurs places. Ce n’est pas mon travail. Je produis des albums, je fais des spectacles, et je perçois bien mes droits d’Auteur. Le BURIDA travaille bien.

Nous avons appris que SEHIA LUCKSON PADAUD est convoqué à une brigade de gendarmerie à Abidjan pour cette histoire liée au BURIDA.

Je ne suis au courant de rien. J’étais en France pour la célébration des 35 ans de ma carrière artistique depuis des semaines. A peine je suis rentré de voyage et on m’annonce que je suis convoqué. C’est sur les antennes d’une radio que je viens d’apprendre que c’est le jeune frère Fadal Dey qui m’accuse de certaines choses. Je ne sais pas d’où il détient cela. Est-ce une provocation ? Je ne rentre pas dans ça. J’ai beaucoup de respect et de considération pour ma personne. Je suis Sehia Luckson Padaud. J’ai assez de respect pour lui ; s’il n’a pas de respect pour moi, tant mieux. Je ne fais jamais d’histoires, je consacre mon temps au travail pour faire encore plus plaisir à mes nombreux fans.

Nous voici pratiquement au terme de notre entretien. Quelles sont vos relations avec les autres Artistes de Côte d’Ivoire ?

J’ai de très bonnes relations avec les Artistes de Côte d’Ivoire. Nous sommes des collègues,nous sommes condamnés à nous entendre, à être solidaires. C’est pourquoi la dernière fois à Paris, je disais à certaines personnes qui s’interrogeaient sur l’absence de certains Artistes à ma soirée, que ces derniers avaient été empêchés. Tout simplement. Tous ne pouvaient pas abandonner leurs activités pour être là. Pourquoi en vouloir à quelqu’un ? On n’a pas souvent le temps de se rencontrer. Surtout que je n’ai pas l’habitude de rendre visite. On se voit à certaines occasions, tels les spectacles, et on échange bien.

Avez-vous des projets en vue ?

Mon projet le plus immédiat , c’est le 30 Novembre 2018 à Gokra. Pour cet hommage que vont me rendre tous mes fans de Côte d’Ivoire. Et après cela , le cap sera mis sur le village de Gbeutitapia,toujours à Daloa, où j’ai un dancing pour permettre à tous ces nombreux Artsites du Haut-Sassandra de se retrouver et de se produire régulièrement. Les gens nous reprochent souvent le fait qu’on ne soit pas organisé. Et c’est bien réel. Je choisis de combattre cela. Et ce dancing, je le mets à la disposition de tous. Et mon plus grand projet pour 2019, c’est la réalisation et la sortie de mon prochain album. Dont beaucoup de professionnels disent assez de bien. Je vous remercie particulièrement pour tout ce grand boulot que vous faites depuis de nombreuses années pour la promotion de la culture ivoirienne. Dieu nous garde.

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