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Législatives 2025/Y a-t-il deux poids, deux mesures ?

Par Iris Fabiola Yaëlle/afriquematin.net

Le Samedi 27 décembre 2025 dernier, les élections législatives ivoiriennes se sont déroulées pour renouveler les 225 sièges de l’Assemblée nationale. Après la proclamation des résultats provisoires par la CEI le 29 décembre, un contentieux post-électoral a été ouvert devant le Conseil constitutionnel, conformément à la loi électorale, permettant aux candidats de contester les résultats des circonscriptions concernées.

A l’issue de l’examen de soixante-un recours, le Conseil Constitutionnel  a annulé les résultats de Toumodi commune et de Djualla/Massala commune et sous-préfecture où  le scrutin a été déclaré irrégulier au point d’affecter la sincérité du vote;  ce qui a entrainé la reprise à une date ultérieure encore à fixer.

L’une des publications du site koaci.com indique que l’annulation dans ces deux localités s’explique par des irrégularités suffisamment importantes relevées dans le déroulement des élections, notamment des dysfonctionnements de bureaux. Dans la commune de Toumodi, plusieurs anomalies ont été rapportées dans différentes officines, motivant la requête de la candidate du Rdr-Rhdp qui contestait les résultats. Et depuis l’annonce de la reprise des scrutins dans ces deux localités, des voix ont critiqué cette décision, arguant que d’autres circonscriptions auraient présenté des cas similaires sans que leurs résultats ne soient annulés.

A Tiassalé, le député sortant et candidat Assalé Tiémoko a contesté les résultats provisoires, affirmant qu’il disposait de procès-verbaux indiquant une victoire en sa faveur, il a également dénoncé des défauts dans le comptage des voix. Cependant, le Conseil constitutionnel a rejeté son recours, en jugeant mal fondé et confirmé la victoire du Rdr-Rhdp, souligne l’AIP. Chez certains critiques, ce rejet alimente l’idée que ces incohérences peuvent exister sans entrainer d’annulation, ce qui renforce les accusations de traitement inégal des contentieux selon les régions.

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Linfodrome fait remarquer dans une de ses parutions qu’à Divo sous-préfecture, des allégations et des incorrections ont aussi été exprimées, lors du scrutin par certains acteurs politiques, dont le candidat du Pdci-Rda Me Zéhouri Paul-Arnaud Bertin, qui a appelé à la « vérité des urnes ». Des déclarations évoquant des dysfonctionnements ou des anomalies ont été relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Cependant, à ce stade, aucune annulation, ni reprise du scrutin n’a été ordonnée par le Conseil constitutionnel dans cette circonscription, malgré les contestations, seules deux régions ont vu leurs résultats annulés. Et pour des opposants, cela donne l’impression que seules certaines requêtes, celles émanant de candidats proches ou appuyés politiquement par le Rdr-Rhdp aboutissent, tandis que d’autres sont rejetées, ce qui ravive le débat sur l’impartialité de la justice électorale.

Du point de vue de ces deux institutions, ces décisions sont prises au cas par cas, en fonction de la qualité des preuves soumises et de l’impact réel des remue-ménages sur l’issue du scrutin. Les annulations ne seraient donc pas arbitraires, mais fondées sur la sincérité et l’intégrité du vote dans chaque circonscription.

La reprise des élections dans ces deux bourgs s’inscrit dans le cadre légal ivoirien de traitement des contentieux électoraux, où le CC dispose de la compétence d’annuler des scrutins entachés d’irrégularités significatives, rappellent l’AIP.

 Toutefois, les critiques persistantes sur des cas comme Tiassalé ou Divo, reflètent une perception d’inégalité dans le traitement des contestations, sentiment qui peut alimenter la méfiance si elle n’est pas traitée par davantage de transparence et de communication autour des décisions prises. Et le citoyen lambda  peut se poser la question de savoir, « pourquoi deux poids, deux mesures », si l’on en tient que la Côte d’Ivoire est une et indivisible ?