Gouvernance Foncière à Béoumi/L’Honorable Me Blessy « Si l’Etat nous aide à régler le problème des terres AVB, nous avons réglé le problème du développement  …»

Les populations issues des villages de l’Autorité de l’aménagement de la Vallée du Bandama (AVB) éprouvent encore des difficultés. Face à cette situation très problématique, l’Ong Agir, Innover pour le Développement Durable (AIDD) a commandité une étude pour trouver des pistes de solutions. A l’issue de ces travaux, toutes les parties prenantes se sont réunies le samedi 30 avril 2022 à la salle des fêtes de la mairie de Béoumi pour valider les résultats de ladite étude.  A cette occasion, l’honorable Me Blessy Jean Chrysostome a tenu un discours dans lequel il interpelle l’Etat sur le problème de terres des ex-villages déguerpis du département de Béoumi. Nous vous invitons à lire le discours de l’honorable Me Blessy Jean Chrysostome

 Madame le préfet du département de Béoumi,

« Je voudrais au nom de cette population que je représente vous dire merci pour votre présence et surtout pour la présence de tous les administrateurs du département de Béoumi.

Merci pour les services que vous avez réussi à imputer à cette région. Mon souvenir pas bien lointain qui est quand même un souvenir d’un fils de Béoumi me fait dire que c’est la première fois que nous avons un administrateur qui s’implique aussi courageusement et plus profondément dans les problèmes de son département. Vous auriez pu avec les sous-préfets et les secrétaires généraux de préfecture rester à vos bureaux pour régler les problèmes qui vous sont soumis et puis laisser la population de Béoumi à son sort, avec ses problèmes, mais que ce soit le problème de l’autonomisation de la femme, celui des déguerpis de l’AVB et même les autres problèmes qui concernent votre département, vous vous êtes imprégnez de façon très professionnelle dans la résolution de ces problèmes.

 Je voudrais dire et faire remarquer que lorsque j’échange avec certains de mes collègues à l’assemblée nationale, il en ressort que vous êtes, madame, de tous les préfets de Côte d’Ivoire à appeler les députés « mes députes ». Oui nous sommes vos députés parce que vous savez que nous devons avec vous nous impliquer dans l’action de la matrice du développement de Béoumi. Pour cela, au nom de mes parents de Béoumi, je voulais vous dire merci.

Monsieur Leonard N’tonga, représentant du projet de l’Union Européenne (UE), Béoumi se réjouit que le problème des villages déguerpis du fait du barrage de Kossou a pu être abordé non par les politiciens mais par une organisation non gouvernementale qui n’est pas imprégnée dans nos palabres politiques. Pour cela, la population entière de Béoumi me charge de vous dire merci.

Monsieur Bertin Yeboué, le deuxième Adjoint au Maire de la commune de Béoumi, je le dis souvent à l’occasion des rencontres que nous avons, les problèmes de Béoumi n’ont pas de coloration politique. Le problème de Béoumi n’est pas RHDP, PDCI, PPACI et FPI rien de tout cela, mais les problèmes de développement de Béoumi.  C’est pourquoi, je me réjouis de votre présence pas seulement protocolaire, mais la présence de l’organe de municipalité a cette manifestation.

Il faut comprendre, et il faut que Béoumi comprenne qu’on peut faire des campagnes électorales, on peut se battre mais une fois qu’on a fini et les problèmes de Béoumi sont-ils passés. Ce sont les fils de Béoumi qui doivent venir quel que soit leur collaboration politique pour essayer de résoudre ce problème. C’est pourquoi, je voudrais que vous transmettiez à mon jeune frère Jean Marc Kouassi, Maire de la commune de Béoumi que j’ai soif de le retrouver à ces occasions pour réfléchir au développement de Béoumi. Pas que votre présence n’est pas suffisante, mais il faudrait que sa présence puisse remplir le contenue du symbole.

Monsieur les présidents des mutuelles, des villages déplacés, des villages tuteurs, l’acte que nous voulons développer à Béoumi, la réflexion que nous voulons apporter à nos problèmes doit absolument s’appuyer sur les présidents des mutuelles. Aujourd’hui, ce sont les présidents des mutuelles des villages déplacés AVB et les villages tuteurs. Demain ça sera l’ensemble des mutuelles de Béoumi pour que nous réfléchissions ensemble sur les différentes thématiques.

On ne peut pas être à Abidjan, à l’occasion des simples réunions les premiers dimanches de chaque mois dans les écoles d’Abidjan pour réfléchir simplement au développement de notre village. C’est un développement intégré que nous voulons, nous voulons en temps opportun pouvoir nous appeler pour une réflexion d’ensemble pour que l’ensemble des mutuelles de Béoumi puisse aider au développement entier de Béoumi. Je me réjouis de votre présence massive aujourd’hui pour vous passer ce message.  Vous êtes mes ainés, certains mes frères, certains mes petits frères, aidez-nous, aidez-moi pour poser les problèmes du développement de Béoumi.

Je ne suis pas venu à la députation pour m’éterniser, je suis venu dans le laps de temps que vous m’avez donné à moi et à Dr Joachim N’Guessan pour essayer de poser les problèmes et trouver les solutions. Il faut que chacun vienne aider à ces solutions, j’ai été surpris de voir combien de cadres qui sont venus dans les villages pendant les fêtes de pâques. Je souhaiterais que tous ces cadres qui viennent à l’occasion des fêtes de pâques nous aident à poser les problèmes et à trouver des solutions.

Messieurs et dames,

Le problème des villages AVB, c’est le problème de Béoumi, c’est le problème du développement de Béoumi. Si on a résolu les problèmes des villages AVB on a résolu le problème du développement de Béoumi.  Pourquoi ?

A l’occasion du barrage de Kossou l’Etat nous a approché. En ce moment-là, mon père était Député de cette région. Il a bataillé fort pour ne pas que les villages kôdès partent trop loin du territoire de Béoumi, pour ne pas aller à San-Pedro et que le mirage forestier n’était qu’un mirage forestier, qu’on ne puisse pas aller et laisser notre terroir.

Cette bataille, il l’a gagné en partie mais il a perdu parce qu’une dizaine de nos villages ont étés déplacés pour aller à San-Pedro, gagnés par le mirage des 15 hectares de forêts. Aujourd’hui, ils veulent se réinstallés sur leur anciennes terres qui sont déjà occupées par d’autres personnes. Des villages qui sont restés à Béoumi, les problèmes graves se posent. On pose la question à l’Etat : est-ce que quand vous avez déplacés les villages d’Assakra, de Niambrun, Dieviessou avec ces 6 villages, les terres que vous leur avez données est ce que ce sont des terres en pleine propriété ou simplement transitoires ?

Alors d’autres questions, est-ce que les territoires des anciens villages sur lesquels l’Etat a mis la main parce que ce sont des zones sinistrées peuvent être repris par ces villages ? Est-ce que vous avez le droit de mettre en location ou bien de donner ces terres a des opérateurs économiques pendant que la population se trouve sans terre cultivable ?

C’est le problème que nous avons et je me réjouis aujourd’hui que beaucoup d’acteurs arrivent pour nous aider à faire ce plaidoyer. Ce plaidoyer sera politique, il sera administratif, il sera entre les mains de la société civile pour que l’autorité puisse comprendre que nous souffrons, que nos parents souffrent de ne pas être propriétaire de leur terre ».

Je vous remercie.