France/Ludovic Jolivet, maire de Quimper sort de sa resserve après la déroute des européennes

Il a été l’un des tout premiers élus à quitter le navire du parti Les Républicains juste après la débâcle des européennes. Ne se reconnaissant plus dans la ligne « identitaire et très conservatrice » de son parti il milite  désormais sous l’étiquette Agir, parti fondé par d’ex-LR pro-Macron au lendemain de la présidentielle de 2017. Le maire de Quimper Luc Jolivet revient – sur les raisons qui l’ont poussé à quitter sa formation. Avec en toile de fond les municipales qui se profilent l’an prochain.

Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter LR ?

Ce n’est pas tant les résultats des européennes mais plutôt la ligne défendue depuis deux ans. Depuis 2017, le parti s’est replié dans sa coquille. On a glissé vers une droite identitaire et très conservatrice qui colle aux baskets du Rassemblement National. Cela m’était devenu insupportable et c’est pourquoi j’ai pris cette décision. Je considère d’ailleurs que ce n’est pas moi qui quitte Les Républicains, ce sont Les Républicains qui me quittent. Il y a eu une rupture dans le contrat idéologique, ces positions n’ont jamais été dans l’ADN du parti.

 Sur quelles positions justement étiez-vous en désaccord ?

Notre parti a abandonné des thèmes qui lui étaient chers comme l’économie, l’envie d’entreprendre, la liberté individuelle pour se réfugier dans une sorte de morale sociale. Pendant la campagne, François-Xavier Bellamy a ainsi confondu la morale privée et la morale publique : sur la PMA, l’avortement ou l’affaire Vincent Lambert. Il a eu le mérite d’être sincère mais il nous a mis dans une voie sans issue.

 Depuis Laurent Wauquiez a démissionné de la présidence de LR. Vous comprenez son choix ?

Sa position était de toute façon intenable. Mais j’avais quitté le parti avant qu’il ne démissionne. Dès le lendemain des élections, j’ai bien vu que personne ne voulait changer grand-chose. Les états généraux que proposait Laurent Wauquiez à la rentrée n’auraient fait que conforter ce positionnement très conservateur et populiste. Cela correspond à la ligne défendue par les militants qui sont encore aujourd’hui chez LR. Il y a des gens aujourd’hui dans le parti qui considèrent qu’il vaut mieux partir avec Le Pen que Macron, qu’une relation est possible demain avec le Rassemblement National ou Marion Maréchal.

 En rejoignant Agir, vous soutenez désormais officiellement la politique d’Emmanuel Macron ?

Oui et je ne m’en suis jamais caché. Je me suis toujours affiché comme Macron-compatible. Je reste un homme de droite évidemment, mais je n’ai jamais été en total désaccord avec la politique qui est menée par le gouvernement depuis deux ans. Des actions ont été entreprises et nous aurions sûrement dû les engager depuis quelques années. Mais cela n’a pas été fait. Alors pourquoi vouloir tout le temps s’opposer à ces réformes ? J’ai agi ainsi car, en trente ans de carrière politique au sein du RPR, de l’UMP ou des Républicains, j’ai toujours pensé qu’il fallait parfois préférer la patrie à son parti.

Depuis votre départ, c’est l’hécatombe chez LR

C’est un mouvement mais ce n’est pas non plus la grande débandade. Je pense que la démission de Laurent Wauquiez a un peu permis de stopper l’hémorragie.

Les municipales auront lieu l’an prochain. Serez-vous candidat à un second mandat ?

Quand on est maire d’une ville comme Quimper et qu’on a engagé un certain nombre de réformes dans son premier mandat, on a vocation à en faire un second. Après, je ne suis pas un carriériste politique. Si demain, je ne suis pas candidat ou élu, j’arrêterai et je retournerai travailler, cela ne me pose aucun problème.

 Qui décidera de votre candidature ?

Je reste à la disposition d’Agir. S’ils veulent que je mène une liste d’union allant d’En Marche à LR, et bien j’irai volontiers. Mais s’ils me disent non, je n’irai pas. Tout dépendra probablement de la décision de la commission d’investiture d’En Marche. Je n’ai en tout cas rien négocié ou revendiqué quoi que ce soit pour les municipales. Je reste patient et serein et j’ai prouvé dans mon mandat actuel que je savais mener une majorité extrêmement ouverte.

Source : 20minutes.fr

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