Exclusif/ CPI-Grand entretien avec  Carell Bohoui-Baclaud (1ère partie) : «Voici comment Altit a expressément faussé la libération immédiate de Laurent Gbagbo»

Entretien réalisé par Afriquematin.net (Léon SAKI) et Letsgoafricanews.net

Carell Bohoui-Baclaud, Analyste-Consultant en Stratégies politiques et Sociales, spécialiste en Communication, Infographiste (technicien de l’image), auteur de ‘’Tuerie des 07 femmes d’Abobo : Autopsie d’une histoire inventée’’ janvier 2018, Amazon.fr.
Il y a peu de temps la Cour Pénale Internationale a levé les restrictions à l’encontre de l’ex-président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l’ex-président des ‘’jeunes patriotes’’, poursuivis pour crimes contre l’humanité. Ils sont désormais libres de leurs mouvements en attendant la reprise ou non du procès suite à l’appel de la Procureure Fatou Bensouda visant à faire annuler la décision d’acquittement prononcée par les juges en Janvier 2019. On vient aussi d’assister à une audience consacrée aux parties, pour apporter leurs observations sur l’appel introduit par la Procureure de la CPI. Quelle lecture peut-on faire de ces derniers développements après 4 ans d’un procès marathon?

En 2018, il y’a deux ans, j’avais déjà prévenu au sujet de ce qui est en train de se dérouler aujourd’hui. Le 14 novembre 2018, au moment où Bensouda et Emmanuel Altit s’adonnaient au jeu subversif du plaidoyer organisé par la CPI sur un plan commun avant le verdict des juges, j’ai prévenu que la manœuvre en cours était destinée à étirer le procès jusqu’en 2020 et bien au-delà, dans l’objectif de la présidentielle de 2020. Ceci avec la complicité avérée de l’Avocat principal de la défense que je me suis appliqué à démontrer clairement, à partir de cet épisode que la Cour venait d’ouvrir en Octobre 2018. A cette occasion, j’ai indiqué qu’il fallait absolument neutraliser Emmanuel Altit, le démasquer une fois pour toutes, afin de mettre aussitôt fin au procès sinon il irait jusqu’en 2020 et plus, si rien n’était entrepris en urgence dans ce sens. C’était le 14 novembre 2018. Il y’a deux ans.

En janvier 2019, dans l’euphorie du prononcé du verdict d’acquittement de façade employé par la combine pour effacer la fausse note de la désertion de la défense, illusionner les prévenus avec l’imminence d’une libération totale, et habiller la suite procédurale de leur prise en otage en appel, j’ai repris ma mise en garde en tant que spécialiste le plus avisé de la crise Ivoirienne de 2010-2011.

Aujourd’hui nous tirons vers la fin de l’année 2020. Et c’est ce qui se déroule depuis 2 ans, exactement aux détails près de mes avertissements et de la suite des épisodes du feuilleton que j’avais anticipée en dévoilant ses phases à venir dans mes communications.

Comprenez donc que c’est le feuilleton qui continue dans l’objectif d’atteindre 2021, pour empêcher l’ex-président de prendre part à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire initialement prévue en Octobre 2020. J’avais prévenu.

Où voulez-vous en venir?

Il faut savoir que l’épisode du plaidoyer sur «le plan commun » ouvert par la CPI en Octobre 2018 après le passage de l’accusation, a été concocté en complicité avec l’Avocat principal de la défense pour aboutir à cette situation en esquivant le fond du procès. Il s’agissait juste d’une subversion initiée pour couvrir le contournement de la partie de la défense, afin de remettre l’accusation en scelle sur le terrain de la procédure d’appel dans le but de rallonger le procès qui tirait inexorablement à sa fin après son passage totalement raté au cours de sa partie.

La stratégie de la demande d’acquittement ayant servi à enjamber la partie de la défense pour atterrir sur l’épisode du plan commun, a été élaborée et actionnée après la prestation chaotique de l’accusation, en vue de permettre la survie de la procédure de poursuite contre les accusés, non plus sur le fond du procès, mais avec des questions procédurales et subsidiaires qui mettent désormais à l’abri de tout débat en profondeur, et hors d’atteinte pour la suite de la malversation, les faux évènements, les fausses preuves, les faux témoins et les experts suspects de la procureure Fatou Bensouda. Elle a été opérée dans le but de sauvegarder la crédibilité de la Cour Pénale internationale, de l’accusation et des commanditaires de cette cabale, tout en poursuivant leur prise d’otage.

L’appel de la procureure n’est donc que l’artifice utilisé par la CPI par le biais d’une accusation défaillante remise en scelle, dans le but de gagner du temps avec des questions de procédures s’appuyant sur des éléments subsidiaires et les reports d’audiences à durée indéterminée, avant que la Cour n’accorde la liberté définitive aux prévenus au moment voulu par elle, sans que le fond du procès n’ait été vidé. Sachez tout simplement que le procès ne reprendra pas. C’est juste une manœuvre de la CPI et de ses agents Bensouda et Emmanuel Altit, afin de maintenir les prévenus dans les liens de la Cour pour la raison que j’ai évoquée.

De manière pratique, comment pouvez-vous expliquer le rapport entre le débat sur le plan commun et la situation des prévenus depuis leur acquittement?

Il faut savoir que le cœur d’un procès, ce sont les audiences au cours desquelles se déroulent les débats. Un procès pénal en tant que tel est reparti en trois grandes phases après les procédures préliminaires qui le précèdent.

Il y’a d’abord l’introduction du sujet faite pas les juges. Ensuite nous avons les débats, c’est-à-dire le passage de la partie accusatrice suivi de celui de la partie défenderesse. Et enfin intervient le verdict des juges ou le jugement.

Le cœur des audiences, ce sont les débats entre les deux parties matérialisés par le passage de l’accusateur d’abord et celui du défendeur après la prestation de la partie accusatrice.

Dans la première partie réservée à l’accusation, l’avocat des victimes, puis l’avocat général (le procureur) présentent et argumentent leurs dossiers avec des preuves, des témoins et éventuellement des experts. Dans cette partie, la défense fait des observations visant à s’assurer la bonne tenue du procès, et intervient auprès des témoins pendant leurs passages pour avoir des éclairages sur leurs récits qui lui permettent de mieux préparer sa riposte dans la partie qui lui est consacrée après le passage de l’accusation. Pour faire plus simple, le défendeur contient l’accusation dans cette partie qui ne lui est pas consacrée.

A la fin de cette première partie des débats, celle de l’accusation, il y’a la deuxième phase consacrée à la défense. Au cours de celle-ci, la partie défenderesse passe à l’offensive. Elle intervient pour déconstruire ou tenter de déconstruire le dossier de l’accusation avec des preuves, des témoins et éventuellement des experts. Dans cette partie, l’accusation exerce le même droit que la défense lors de la phase qui lui était consacrée.

A la fin des débats, c’est-à-dire de la confrontation entre les deux parties, intervient le jugement au cours duquel les jugent rendent le verdict. Ce jugement peut être immédiat ou différé.

Ce qui n’a pas été le cas concernant le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Car après la partie consacrée à l’accusation, les prévenus et l’opinion ont été baladés directement à la conclusion des débats avant le verdict des juges, c’est-à-dire au plaidoyer des deux parties sur un éventuel plan commun porté par le dossier de l’accusation.

Qu’est-ce qu’il faut en déduire?

Il faut savoir que pour parler d’un plan commun, il est nécessaire que la véracité des crimes reprochés aux prévenus soit clairement établie.

C’est uniquement à la condition où ils sont confirmés comme vrais au cours de la confrontation entre les deux parties, après leur passage successif, qu’il est loisible aux juges de rechercher des circonstances aggravantes tombant sous le coup des sanctions pénales de la CPI. A savoir comme le soutien le dossier de l’accusation, si ces crimes avérés résultent d’une opération planifiée par une entreprise criminelle sous la responsabilité des prévenus.

C’est à la seule condition où la véracité des faits est clairement établie, que l’opportunité du plaidoyer sur le plan commun pour la conclusion des débats est justifiée avant que les jugent ne rendent le verdict.

Dans le cas contraire, si les faits reprochés aux prévenus ne sont pas clairement établis, suscitent de grands doutes ou que leur fausseté est dévoilée au cours des débats entre les deux parties, il est inutile pour ces parties de débattre de l’éventualité d’un plan commun ou non en conclusion de leur confrontation. Pour la simple raison qu’il n’y a pas de matières. Le jugement doit être rendu et les prévenus acquittés.

Au passage, sachez qu’en matière judiciaire, le doute profite toujours au prévenu et la culpabilité ou l’innocence des prévenus est prioritairement établie sur la base de la crédibilité des preuves.

Donc si la CPI a organisé le plaidoyer sur le plan commun pour la conclusion des audiences en octobre et novembre 2018, deux ans après l’ouverture du procès, ceci signifie que la véracité des faits reprochés aux accusés a été clairement établie et actée au cours des débats. Or il n’y a pas eu de débats du moment où l’accusation a renoncé à sa partie pour se prêter à la conclusion des audiences avant le jugement.

Que doit-on comprendre à travers cette démarche?

A travers cette démarche, il faut comprendre que la véracité des faits contenus dans les charges de l’accusation, c’est-à-dire « La Tuerie des femmes d’Abobo », «La Répression de la RTI » et « Le Bombardent du marché Siaka koné d’Abobo », a été établie uniquement sur la base de la prestation de l’accusation. Dans la mesure où les principaux acteurs ont enjambé la partie réservée à la défense pour défendre le dossier de ses clients, déconstruire les arguments de l’accusation, pour atterrir à la conclusion des débats c’est-à-dire le plaidoyer sur le plan commun, avant le verdict des juges.

Vous comprenez donc qu’après le passage d’un camp, celui de l’accusation, nous sommes passés directement à la conclusion des débats qui n’ont pas eu lieu. Ceci, sur la seule base de la thèse portée par l’accusation dont les charges elles-mêmes n’ont pas fait l’objet de contradictions véritables, puisque la défense a renoncé à son passage qui devait lui permettre de les éprouver et de les déconstruire.

En réalité, il faut savoir qu’au cours de la procédure, la défense n’a fait qu’accompagner l’accusation pour donner de la valeur au procès. Lors du passage de la partie accusatrice, elle n’a fait que la contenir de manière très limitée de sorte à ne pas ébranler significativement le procès. Sinon, il n’y a pas eu de confrontations dans la partie réservée aux débats, mais uniquement la présentation de la thèse de l’accusation, validée par l’abandon de la partie de la défense.

Que retenir finalement de cet épisode sur le plan commun?

Ce qu’il faut retenir est que cette manœuvre a été opérée par la CPI en complicité avec l’Avocat principal de la défense, pour relancer la procédure de poursuite après le passage chaotique de l’accusation grandement affaiblie par ses témoins factices, ses experts suspects, des fausses preuves et des preuves douteuses. Des défaillances flagrantes ayant soulevé plus que des doutes sur la crédibilité des évènements reprochés aux prévenus, même dans les esprits les plus convaincus au départ de leur véracité.

Pour pallier la grave défaillance imprévue de la partie accusatrice constatée lors de sa prestation, et dans le but de la remettre en scelle sur le terrain de la procédure d’Appel pour l’étirement de la poursuite de la CPI contre les prévenus, la parade de la demande d’acquittement a été organisée par le trio CPI-Bensouda-Altit afin de soustraire le très mauvais dossier de l’accusation, particulièrement la véracité des faits, à la riposte de la défense des prévenus qui risquait de dévoiler leur nature réelle, mettrait définitivement fin aux débats, et déboucherait sur un acquittement immédiat des accusés auquel les jugent ne pouvaient se dérober. Elle a servi à contourner la partie de la défense pour sauver les faits douteux qui devaient servir de matière au plaidoyer sur le plan commun déjà programmé dans les plans initiaux de la Cour Pénale Internationale.

La flagrance de la défaite de l’accusation aurait porté non seulement un sérieux coup à l’image de la CPI, mais elle doucherait aussi tout espoir d’appel désormais dans le viseur de la combine pour prolonger la rétention des prévenus après la prestation totalement ratée de la procureure et son équipe.

Retenez que le procès serait définitivement terminé avec le passage de la défense dont plus de la moitié du travail avait été déjà accomplie par le dossier mal ficelé de la partie accusatrice.

Si la CPI ne trempait pas dans une combine, la prestation calamiteuse de l’accusation devrait d’ailleurs logiquement, à elle seule, mettre un terme à la procédure de poursuite sur décision des juges sans attendre l’intervention de la défense.

Pour me résumer, comprenez simplement que la partie réservée à la défense a été contournée pour éviter le KO à la partie accusatrice déjà fortement ébranlée au cours de son passage par ses propres preuves, témoins et experts dont les prestations ont soulevé plus que des simples doutes quant à la crédibilité des faits reprochés aux prévenus.

Si on vous suit bien, la défense aurait sciemment renoncé à sa partie pour mettre ses clients en difficulté?

Effectivement. Cependant pour mieux le faire comprendre, je dois vous signifier qu’une défense ne peut renoncer à sa partie dans les débats que dans des cas précis.

Primo, lorsque l’accusation jette l’éponge, décide d’abandonner ses poursuites, alors la partie consacrée à la défense n’est plus nécessaire. Un accord est trouvé entre les parties pour garantir l’acquittement et éventuellement les dédommagements des accusés. Le procès est terminé, les prévenus acquittés. L’accusation ne peut pas faire appel du verdict, puisqu’elle a abandonnée à son initiative et un accord garantissant ce verdict a été trouvé.

Secundo, lorsque les juges estiment que le travail de l’accusation ne mérite pas la poursuite du procès. Dans ce second cas, ils peuvent décider de leurs propre chefs de mettre fin aux débats contre le gré de la partie accusatrice, avant l’intervention de la défense qu’ils ne jugent plus nécessaire. Cette option est aussi valable lorsque des faits nouveaux, de nature à changer le cours du procès de manière significative, sont portés à la connaissance des juges par la défense avant son passage. Le reste de la procédure est un acquittement pur et simple des prévenus garanti par l’initiative des juges. Le procès est terminé. L’accusation peut intenter un procès en appel contre le verdict des juges.

Tertio, la défense peut renoncer à sa partie après le passage de l’accusation lorsqu’elle juge les preuves flagrantes et irréfutables. Dans ce cas de figure, elle reconnait son impuissance face aux charges de l’accusateur et avoue son incapacité à lui porter la contradiction. La défense renonce ainsi à son passage pour entamer des négociations visant à atténuer la sanction contre ses clients. Par la même occasion l’accusé admet, par le biais de sa défense, les charges portées par l’accusation. Il reconnait les faits qui lui sont imputés. L’accusé est condamné. Le procès est terminé. L’accusation peut intenter un procès en appel si elle se sent flouée en cas d’accord passé entre les parties ou juge que la sentence n’est pas à la hauteur de la gravité des faits commis.

Enfin, la défense peut renoncer à sa partie pour protester contre la conduite de la procédure qu’elle trouve vissée.

Dans quelle catégorie peut-on classer l’absence de la partie de la défense dans ce procès?

Referons-nous d’abord aux deux premiers cas et appliquons-les au procès Laurent Gbagbo.

Primo, l’accusation n’a pas abandonné, bien au contraire. Même jusqu’à présent en dépit de son travail grotesque et totalement bâclé ayant provoqué jusqu’à l’hilarité des téléspectateurs les moins avertis. Sur une période de 2 ans, de Janvier 2016 à janvier 2018, avec 82 témoins elle a pleinement exploité sa partie avec des avantages et des dérogations exceptionnelles accordés par les juges.

Deuxio, les juges n’ont pas décidé de l’arrêt du procès pendant ou après la prestation de l’accusation. Après le passage du camp accusateur et avant la partie consacrée à elle, la défense n’a pas non plus apporté de nouveaux éléments au dossier pour permettre aux juges de mettre fin aux débats avant son intervention.

Ces deux options qui n’ont pas été pendant les audiences, ne justifient pas l’abandon de sa partie par la défense.

Intervient ainsi le troisième cas où la défense renonce à sa partie.

Alors que l’accusation a pleinement exploité son passage avec ses 82 témoins, ses preuves, ses experts, et les juges n’ont pas mis définitivement fin aux débats donc au procès après le passage de l’accusation, la défense a renoncé à sa partie. En le faisant, elle a avoué son impuissance à apporter la contradiction après la prestation de l’accusation. Elle a admis son incapacité à démonter le travail fourni par la procureure et son équipe, et par la même occasion a admis ainsi la responsabilité de ses clients dans les faits qui leurs sont reprochés. Ces derniers à travers l’abandon de leur défense ont aussi reconnu de fait la crédibilité des charges portées par les accusateurs.

L’aveu d’impuissance de la défense de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a été confirmé par sa participation au plaidoyer sur le plan commun ouvert en Octobre 2018 après le passage de l’accusation avant que les juges ne rendent leur verdict.

Je vous ai fait ressortir tout à l’heure que pour qu’il y’ait eu un plaidoyer sur un éventuel plan commun qui fut une conclusion des débats par les parties avant le jugement, il faut qu’au cours de la première phase des débats, c’est-à-dire la confrontation entre les deux parties marquée par leurs passages respectifs, il ait été clairement établi la véracité des faits. Autrement dit, la crédibilité des faits reprochés aux prévenus ne doit souffrir d’aucun doute au-delà du raisonnable. En se prêtant donc au plaidoyer sur un plan commun, uniquement sur la base du passage de l’accusation, la défense par son attitude a reconnu la véracité des faits mis sous la responsabilité de ses clients.

Il est bon de rappeler à chacun que le plaidoyer sur le plan commun a été organisé par la CPI en conclusion des débats, pour permettre aux juges de rechercher l’existence d’un plan commun et d’appréhender le niveau de responsabilité des accusés dans la commission des crimes qui leurs sont reprochés. Il n’a pas été initié pour permettre aux magistrats de savoir si ces crimes sont vrais ou faux. Leur crédibilité ayant déjà établie sur la base de la prestation de la partie accusatrice et reconnue par l’abandon de la défense à sa partie. Ce qui justifie à raison la tenue du plaidoyer sur le plan commun avant la décision des juges et la participation de toutes les parties à ce plaidoyer.

Vous estimez que les juges n’ont pas mis fin aux débats, alors que ça été le cas puisqu’après le passage de la procureure Fatou Bensouda, ils ont appelé la défense à déposer une demande d’acquittement. C’est sur la base de cette demande que les débats ont été interrompus après le passage de l’accusation. Si les juges l’ont accordée, c’est qu’ils avaient estimé que le dossier de l’accusation ne tenait pas la route. La demande d’acquittement déposée par la défense a fait l’objet de la discussion sur le plan commun, après laquelle les prévenus ont été acquittés. Comment l’expliquez-vous alors ?

C’est de là que vient la faute d’appréciation des uns et des autres. Surtout des prévenus qui par manque de vigilance et de rigueur depuis l’entame de cette affaire, sont tombés dans ce énième piège tendu par la CPI et l’Avocat principal de la défense en vue de rallonger la procédure de poursuite. Au-delà de la communication élaborée par les principaux acteurs pour fixer la perception de l’opinion et l’endormir dans un schéma procédural normal, il est utile d’apprécier leur démarche pratique.

Je vous signale d’entrée que le plaidoyer sur le plan commun fait partie des débats. C’est la conclusion des débats par les parties après leurs passages respectifs et avant le jugement.

Si les juges avaient effectivement mis fin aux débats après la prestation de la partie accusatrice, ceci aurait signifié qu’ils avaient estimé que son travail ne méritait pas la poursuite du procès. Consécutivement, ils devaient passer à la conclusion du procès, c’est-à-dire au jugement, en rendant directement le verdict d’acquittement. Parce que si la matière de la thèse de l’accusation est douteuse, sa conclusion ne peut que l’être aussi.

Alors si les juges avaient définitivement mis fin aux débats après la partie de l’accusation, le plaidoyer sur le plan commun organisé par la suite n’aurait pas été. Pour la simple raison que la défaillance flagrante de l’accusation n’aurait pas permis aux juges d’établir la véracité des charges devant servir de matières aux discussions sur le plan commun. C’est pourquoi justement les juges auraient mis fin aux débats après le passage de la partie accusatrice sans avoir à attendre le passage de la défense pour les en convaincre davantage. Il en découlerait par conséquence que l’acquittement des prévenus serait automatiquement garanti par la décision des juges, sans passer par le plaidoyer sur le plan commun qui n’aurait plus dans ce cas sa raison d’être. D’autant plus d’ailleurs qu’il n’y a pas eu de débats. De même, la renonciation de la défense à sa partie devait être garantie par la décision des juges avant que celle-ci ne se prête à la suite de la procédure.

Ceci expliquerait-il donc qu’ils n’ont pas mis fin aux débats?

Contrairement à ce que l’opinion a été amenée à croire, les juges n’ont pas mis fin aux débats. Ils ont juste enjambé la partie de la défense pour protéger et sauver, en les soustrayant à la riposte des prévenus, les faits douteux qui devaient servir de matières à la discussion sur le plan commun. Car si la défense avait exploité sa partie dans les règles de l’art avec des preuves, des témoins et des experts, la crédibilité de ces faits – sur lesquels la prestation de l’accusateur elle seule a jeté plus que des doutes -, courait le grand risque de s’écrouler. Le plaidoyer sur le plan commun initialement programmé dans les plans de la CPI serait tombé à l’eau.

Je vous rappelle que le plan commun était la trame de toutes les charges et le but clairement affiché de la thèse de l’accusation durant son passage pour faire condamner les prévenus par la CPI.C’est donc la conclusion de la thèse de la partie accusatrice qui a fait l’objet du plaidoyer, puisque sa prestation avait déjà, à elle-seule, démontré la crédibilité des faits reprochés aux accusés.

Cela dit, les prévenus ont été pourtant acquittés à la suite du débat sur le plan commun. A l’appui de leur décision d’acquittement, les juges ont relevé que l’insuffisance des preuves de l’accusation ne permettait pas d’établir la responsabilité des accusés. S’ils baignaient dans la combine comment auraient-ils pu acquitter les concernés en s’appuyant sur l’insuffisance des preuves de l’accusation, désavouant ainsi la procureure Fatou Bensouda?

D’entrée, je voudrais vous faire remarquer que l’insuffisance de preuves relevée par les juges ne concerne que le plan commun qui était le sujet du plaidoyer final. Ce sont les preuves impliquant les accusés dans la planification des crimes mis sous leur responsabilité, qui ont été jugées insuffisantes par les magistrats de la Cour.

La démarche de la CPI et ce verdict insidieux indiquent que les prévenus sont responsables des crimes qui leurs sont reprochés et qui ont été avérés au cours des débats, mais pas coupables d’un plan commun, c’est-à-dire d’une entreprise génocidaire organisée qu’ils auraient mis en place. Car leur culpabilité n’a pu être prouvée pour insuffisance de preuves et pour preuves non convaincantes. Ce qui ne signifie pas qu’ils sont innocents. C’est l’existence d’un plan commun qui n’a pu être prouvée par l’accusation et par la même occasion l’implication des accusés.

Il est bon de savoir que dans le système judiciaire, l’acquittement qui est un verdict dans un procès criminel, pénal, définit que le tribunal n’a pu prouver la culpabilité de l’accusé dans la commission de l’infraction qui lui est reprochée. Le prévenu est considéré comme innocent devant la justice si sa culpabilité n’a pu être prouvée légalement, de manière convaincante.

Un acquittement n’est donc pas la preuve que le prévenu soit innocent dans les faits. Il n’est pas nécessaire aux juges de savoir si le prévenu n’a rien fait de répréhensible dans les actes qui lui sont reprochés. Les preuves clairement établies de sa culpabilité ou non suffisent à le condamner ou à l’acquitter.

Si les juges avait déjà de grands doutes avec la prestation de l’accusation ou après la confrontation entre les parties, s’ils avaient considéré les preuves de l’accusation non convaincantes ou insuffisantes à établir les faits, ils auraient mis fin au procès en prononçant l’acquittement des accusés. Ceci sans inviter au préalable les parties à un débat sur un plan commun, en vue de rechercher à savoir son existence et le niveau de responsabilité des prévenus dans la planification de faits dont les preuves se sont révélées douteuses et non convaincantes dans le cœur des débats.

Retenez donc que le plaidoyer sur le plan commun a été officiellement organisé par les juges afin de statuer sur la demande d’acquittement introduite par la défense, parce qu’il fallait trouver un justificatif tout aussi officiel pour la tenue de ce débat inopportun et qui n’avait plus sa raison d’être après le fiasco du passage de l’accusation. L’objet de cet épisode était l’éventualité d’un plan commun. La décision rendue par les juges n’a visé que les preuves liées à cet objet.

La demande d’acquittement autorisée après le passage raté de l’accusation et l’acquittement des prévenus prononcé en janvier 2019 auraient-ils été un leurre?

Je dois vous signaler que dans la programmation initiale de cette parodie de justice que l’Avocat principal de la défense est chargé d’accompagner pour lui donner de la valeur, la conclusion des audiences sur un plan commun était déjà programmée pour clore les débats à la suite du semblant de confrontation auquel devaient se livrer les parties. A la suite de ce plaidoyer, les prévenus devait être condamnés pour entreprise génocidaire.

Cependant contre les prévisions de ses initiateurs, le fiasco de l’accusation à l’entame des débats a conduit les comploteurs à improviser une manœuvre pour sauver le faux procès en protégeant l’accusation de la riposte de la défense des prévenus. Car vu la flagrance des failles de l’équipe de la procureure Fatou Bensouda dont les prévenus et l’opinion mondiale ont été témoins, la défense était dans l’incapacité de tricher comme programmé au départ. Sa marge de manœuvre pour éviter de faire tomber l’accusation, donc de mettre aussitôt fin au procès sans espoir d’appel pour la partie accusatrice, se trouvait considérablement réduite.

La prestation de l’accusateur avait rendu l’acquittement des accusés inévitable sur le plan juridique et devant l’opinion mondiale. La demande d’acquittement a donc été prématurément improvisée par la CPI et son complice de la défense avant le passage de la partie défenderesse, pour contourner le passage de la défense afin d’aboutir à l’étape du plaidoyer avec les charges douteuses de l’accusation qui devaient servir de matières à cet épisode déjà programmé.

Le nouvel objectif de la CPI, désormais dans l’impossibilité de faire condamner les prévenus, a consisté à user de cette demande d’acquittement improvisée par elle, octroyer un alibi à l’Avocat principal de la défense pour le renoncement à sa partie, remettre l’accusation fortement affaiblie en scelle pour la conclusion des débats, et relancer par son truchement la procédure de poursuite cette fois en appel dans le but de rallonger la prise en otage des accusés le plus longtemps possible en jouant sur le facteur temps sans que le procès ne soit repris.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus au sujet de cette demande d’acquittement?

L’invitation officielle faite par la Cour à la défense pour introduire une demande d’acquittement, fut la parade élaborée en vue d’éviter le passage de cette dernière parce qu’elle satisfaisait tout le monde sans éveiller les soupçons des prévenus et de l’opinion qui entrevoyaient, à travers cette initiative, une volonté affichée de la CPI de mettre fin résolument à la poursuite vue la prestation chaotique de l’accusation.

La demande d’acquittement a été improvisée avant la partie consacrée à la défense et utilisée comme appât par une CPI sous forte pression de l’opinion, et des enjeux néfastes que causerait une défaite cinglante de l’accusation à l’image d’une institution grandement affaiblie par les critiques. Elle était surtout sous la pression des dégâts qu’entrainerait la mise à nu des faux évènements constituant les principales charges de la CPI contre les prévenus.

Je rappelle que la requête d’acquittement introduite le 25 juillet 2018 par la défense, a été officiellement faite à l’invitation des juges en mai 2018.

Si aux yeux de l’ex-président Laurent Gbagbo, de son co-accusé Charles Blé Goudé, de même que de leurs partisans et de l’opinion générale, la demande d’acquittement s’inscrivait dans un contexte tout à fait logique vu la prestation, les témoins et les preuves inqualifiables de l’équipe de la procureure, il en est autrement pour la Cour et la défense dont les démarches ne répondaient pas à leurs propres logiques en ce moment-là.

Quelles étaient leurs logiques en ce moment-là ?

Au cours de la procédure lancée contre le principal prévenu Laurent Gbagbo, depuis les audiences préliminaires jusqu’à la fin de la prestation de l’accusation pendant le procès, et en dépit des fausses preuves, des preuves douteuses et d’une multitude de faux témoins clairement affichés, la quasi-totalité des demandes de mise en liberté provisoire des prévenus introduites par la défense ont été systématiquement rejetées par les juges avec le même argument sans tenir compte de l’évolution du procès. Pour la CPI, il s’agissait du risque que les accusés prennent la fuite. Bien que les prévenus se soient retrouvés en situation plus que favorable pour gagner le procès au fur et à mesure de la prestation de l’accusation, l’argument brandi par la Cour demeurait inchangé.

Pas moins de 15 demandes de mise en liberté provisoire ont été systématiquement rejetées par les juges. La dernière a été rejetée le 23 avril 2018, soit 03 mois après la fin de la partie de l’accusation en janvier 2018. Elle a été refusée à la majorité des juges de la chambre de première instance de la CPI avec une voix dissidente, celle du juge-président Cuno Tafusser.

En mai 2018, la même Cour invite la défense à introduire une demande d’acquittement, sans qu’il n’ait eu d’éléments nouveaux après le rejet de la dernière demande de mise en liberté provisoire environ deux semaines auparavant.

Cette volte-face qui ne répondait pas à la démarche logique de la CPI, était en réalité un revirement improvisé pour enclencher le contournement de la partie de la défense en attente de la date inconnue de son passage. « L’invitation » des juges faite à la défense, n’était qu’un moyen pour servir de motif à l’action de l’Avocat principal dans l’incapacité d’en prendre l’initiative après 15 demandes de mise en liberté provisoires systématiquement rejetées.

Le revirement presque miraculeux opéré par la Cour avait pour objet de donner un argument à la défense dont elle avait besoin pour convaincre les accusés de l’inutilité de son passage, et d’une issue rapide du procès à leur avantage afin de les entrainer dans le piège du faux acquittement où ces derniers se retrouvent depuis 2 ans. Plus qu’à la CPI, la demande d’acquittement et le procédé de sa mise en route bénéficiait doublement à Emmanuel Altit, le patron de la défense.

En quoi elle bénéficiait doublement à Emmanuel Altit ?

Elle lui conférait une double couverture. D’une part, cette stratégie permettait à l’Avocat principal d’afficher son innocence dans cette initiative, et de démontrer la bonne foi de la CPI à ses clients pour les mettre en confiance. D’autre part, elle dégageait la responsabilité d’Altit pour la suite prévue par la combine, c’est-à-dire le faux acquittement et la procédure d’appel qui devait rallonger la détention voilée des accusés.

Vous comprenez donc l’essence du faux acquittement sorti de cette manœuvre et le retour en force de la procureure Fatou Bensouda à la baguette du procès sur le terrain de la procédure d’Appel, quand la défense qui était en position de force après le fiasco du passage de l’accusation se réduit quasiment à ‘’négocier’’ désormais la libération des prévenus depuis 2 ans.

Vous comprenez aussi la surprise de l’ex-président Laurent Gbagbo lorsqu’il s’est retrouvé dès le prononcé du verdict aussitôt dans les fers de Fatou Bensouda, subissant le dictat d’une accusation requinquée et sauvée de la déroute par la manœuvre de la défense de Laurent Gbagbo , alors que le prévenus croyaient avec leurs partisans leur calvaire enfin terminé.

Voici comment il y’a deux ans, Emmanuel Altit a faussé, sans être soupçonné le moindre du monde, la libération immédiate, sans contestations des prévenus et sans espoir d’appel pour la partie accusatrice.

Je n’apprends rien à tous ceux ayant suivi le procès, si je rappelle que le passage catastrophique de l’accusation confondue par la qualité et la prestation de ses propres témoins et experts, avait déjà ouvert grandement les portes de la prison à Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé. Il ne restait que le passage de la défense pour achever définitivement le travail sans aucune possibilité d’appel pour la procureure Fatou Bensouda.

Selon vous, il n’y aurait pas de possibilités de libération définitive des prévenus avant les élections qui s’annoncent dans quatre mois?

Dans le cas de figure actuel, peu importe que Laurent Gbagbo soit en liberté conditionnelle avec des restrictions plus assouplies. Il ne peut prendre part à cette compétition électorale tant que la nouvelle procédure à la CPI, autrement dit, tant que le procès détourné n’est pas terminé. C’est à ce niveau que se trouve le piège tendu par la Cour en complicité avec l’avocat principal de la défense, en octroyant une illusion de liberté à Laurent Gbagbo et Blé Goudé, au lieu de leur accorder la liberté totale en abandonnant purement et simplement les poursuites.

Dans le but de saper les bases de leurs candidatures, Il n’est pas à exclure qu’ils puissent aussi être libérés par une CPI sous forte pression, dans une période très rapprochée de la clôture du dépôt des dossiers de candidatures pour la présidentielle prévue en octobre. Parce que s’ils sont libérés dans un délai relativement court pour les élections, des dispositions doivent être prises par la CPI en accord avec les autorités du pays pour accompagner leur retour en Côte d’Ivoire. Le temps de ces manœuvres mettrait expressément l’éventuelle candidature de Laurent Gbagbo ou de Charles Blé Goudé en péril ou totalement hors jeu pour la présidentielle.

Quoi qu’il en soit, il faut savoir que l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est le but visé par combine à la CPI.

A vous suivre, il n’y a pas grand espoir de les voir participer à l’élection présidentielle de cette année ?

Si. Seul un sursaut d’orgueil des prévenus peut changer la donne. Si Emmanuel Altit est enfin démasqué, la CPI et sa procureure Fatou Bensouda auront perdu leur complice, la taupe Altit qui leur sert de couverture pour fausser le procès, lui donne de la valeur et désoriente le travail de la défense.

Car une fois informée de la neutralisation de son agent-clé, la Cour n’aura d’autres choix que de libérer les prévenus aussitôt sans faire de bruits, avant que l’affaire n’éclabousse toute l’institution et la réputation du concerné devant l’opinion mondiale.

Vous vous exprimez avec une telle simplicité, une si grande assurance, sur un sujet aussi sérieux qu’on est tenté de savoir sur quoi reposent vos certitudes ?

Contrairement à l’opinion publique, me concernant, il n’y rien de sérieux. Ni aucun suspens, ni surprises s’agissant du procès.

Depuis les premiers jours du procès en 2016, j’averti avec des preuves physiques évidentes, que les principales charges retenues contre les prévenus à savoir ‘’La répression de la RTI’’, ‘’Le massacre des femmes d’Abobo’’, ‘’Le bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo’’, n’ont jamais eu lieu dans les faits. Sauf à travers des films d’animation, des fictions, des photomontages et la campagne de propagande diffusés par les auteurs pour octroyer une réalité fictive à ces canulars. Tout le long du procès, je n’ai cessé de communiquer une centaine de preuves.

C’est le résultat de travaux techniques, des investigations étendues sur une période de deux ans, de décembre 2015 à mars 2017, sur la base des supports de la crise ivoirienne de 2010-2011. Les reportages-télé, les vidéos, les photographies, les articles de presses, les rapports d’ONG et de l’Onu-ci, les communiqués, les témoignages, etc.

Nous avons étudié chaque évènement et les supports qui les colportent dans le plus petit détail, et les avons confrontés à la réalité des faits qui se sont réellement déroulés à chaque étape de cette période.

De ces travaux nous avons ressorti une centaine de films de fictions, des reportages-télé et des vidéos ainsi que plusieurs centaines de photomontages passés chacun au crible d’une étude technique, plusieurs dizaines d’articles de presse, des rapports imaginaires d’Ong, particulièrement de l’ONG américaine Human Rights Watch, et de la représentation onusienne en Côte d’Ivoire (Onu-ci).

C’est à la suite de ces travaux que nous avons sorti le livre exclusivement consacré au canular des femmes d’Abobo, ‘’Tuerie des femmes d’Abobo : Autopsie d’une histoire inventée. Il est paru en Janvier 2018 et est illustré avec près de 400 images tirées de la vidéo officielle et des autres extraits, ainsi que des photomontages disséquées.

C’est dire que j’ai la matière conséquente qui soutient tout ce que j’affirme. De 2016 jusqu’en 2019, sans discontinuer, j’ai porté à la connaissance du public un nombre incalculable d’éléments visuels à travers la presse et les réseaux sociaux.

A ce sujet, je voudrais vous dire en tant que sachant averti disposant de la matière que je viens de résumer, que si un procès pareil est d’abord arrivé à se tenir, puis à se poursuivre jusqu’à ce jour (8 ans si on ajoute les 4 années d’audiences préliminaires), avec tous ces faux que nous avons découverts sans qu’une infime partie ne soit démasquée au procès, il faut comprendre systématiquement que les principaux acteurs, c’est-à-dire les juges de la CPI, la procureure Fatou Bensouda et l’Avocat principal de la défense Me Emmanuel Altit, sont des comédiens, des manipulateurs agissant de concert.

Ca vous fera certainement sourire, mais la vidéo-témoignage de la fausse tuerie de femmes à Abobo, celle avec laquelle la CPI et Altit sont en train de berner les prévenus et l’opinion depuis 8 ans, j’ai démonté ce film de fiction en 2 semaines. Je vous signale que c’est l’un des films d’animation le plus mal conçus parmi la centaine de films de fiction que nous avons identifiés.

Même si c’est assez tard aujourd’hui, il faut que les prévenus et leurs partisans sachent, une fois pour toutes, que le patron de la défense est le pion essentiel de la combine à la CPI. Il est l’équation inconnue depuis toutes ces années qui permet à ce procès indigne d’une procédure judicaire de se tenir paisiblement sans que l’accusation ne soit ébranlée malgré tous ses faux témoins, ces fausses preuves et ses experts. L’homme est en réalité le cerveau des opérations de la CPI qu’il est chargé d’accompagner dans ce procès.

N’est-ce pas un peu fort de votre part de porter une accusation aussi grave contre la défense, alors que le principal prévenu l’ex-président Laurent Gbagbo lui-même se dit très satisfait de l’excellent travail abattu par elle, notamment par son avocat principal ?

Il faut dire que l’ex-président et ses partisans sont dans la posture d’un aveugle. Et au pays des aveugles, le borgne est roi. Il y’a un adage africain qui enseigne qu’une personne assise sur un tabouret ne sait pas ce qui se passe en-dessous du tabouret. Seule celle assise en face voit ce qui s’y passe.

Dans la situation présente, L’ex-président Laurent Gbagbo et ses partisans représentent la personne confortablement assise depuis 8 ans sur le tabouret en lequel ils ont entièrement confiance, Me Emmanuel Altit. La personne en face c’est moi, et tous ceux avertis qui les observent avec une bonne distance, rationnellement, objectivement et sans émotions ni parti pris.

Je ne vais pas refaire l’histoire. Mais je vous rappelle que l’ex-président et ses partisans étaient aussi satisfaits de son chef d’Etat major des armées, le Général Philippe Mangou. Un homme en qui ils avaient une totale confiance en dépit de beaucoup de zones d’ombres dans sa démarche et des alertes lancées par certains soldats. Alors que l’homme, le tabouret sur lequel était assis le pouvoir Gbagbo, a été l’un des principaux artisans de sa chute brutale. Ce dernier était une taupe travaillant en sous main avec le camp adverse amené par le pouvoir français. Laurent Gbagbo et ses partisans fanatisés ne le découvriront que lorsque tout était cuit pour leur camp. Les exemples ne manquent pas à ce sujet.

Dans cette comédie qui se joue à la Haye, il faut juste retenir que Laurent Gbagbo et ses partisans sont davantage victimes d’une naïveté et d’un aveuglement incroyables que du jeu de la CPI. Sinon ce procès n’aurait jamais pu avoir lieu ou serait mort-né, s’ils avaient fait preuve de vigilance depuis l’entame du procès. Pour ne rien vous cacher, je dois vous avouer que de ma position, j’en suis énormément peiné pour eux depuis le premier jour du procès le 28 Janvier 2016.

Sachez que la mission secrète de cet Avocat, très proche de Nicolas Sarkozy le commanditaire et chef d’orchestre de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire en cette période, est d’empêcher la vérité d’éclater tout en aidant la CPI dans sa cabale.

Quel est cette vérité à part l’innocence de Laurent Gbagbo dont tout le monde est aujourd’hui convaincu?

Contrairement à ce que pense l’opinion, la vérité cachée en dessous de cette parodie de justice n’est pas la question de la culpabilité ou non de Laurent Gbagbo. Cette question est plutôt l’objectif officiel de l’existence de ce procès dont le but inavoué est de le neutraliser définitivement hors du champ politique ivoirien.

Donc que l’ex-président soit libéré ou condamné, cela n’aurait pas d’incidence sur la vérité de la crise ivoirienne, c’est-à-dire la véracité des évènements qui fondent ce procès.

Si la responsabilité de Laurent Gbagbo n’est pas établie dans l’assassinat des femmes d’Abobo, la répression de la RTI, le Bombardement du marché Siaka koné d’Abobo, ceci ne signifie pas que ces faits n’ont pas existé. L’innocence d’une personne n’implique pas systématiquement que les faits qui lui sont reprochés n‘ont pas été.

Par contre, si les faits qui lui sont reprochés sont faux, ne sont pas réels, ceci implique systématiquement l’innocence des accusés et réécrit totalement par la même occasion, l’histoire de la Côte d’Ivoire imposée dans l’opinion mondiale par la France, l’Onu, le camp Ouattara, et les médias occidentaux en cette période.

La nature inconnue du grand public des présumés évènements ainsi que celle des preuves matérielles qui les attestent, menace de dévoiler les secrets de la crise ivoirienne si elles sont entre les mains d’une vraie défense. Ce qui justifie l’introduction rocambolesque de Me Altit par la CPI pour prendre le contrôle de la défense de Laurent Gbagbo. La mission de ce dernier à la tête de la défense est de protéger la nature réelle des évènements constituant les principales du procès de la CPI contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, de sorte que ces grands canulars commandités par le pouvoir français, et conçus par les médias d’Etats français, puissent traverser le procès sans être démasqués afin de continuer d’être tenus pour vrais dans l’histoire de la Côte d’Ivoire en cette période. Une histoire qui est aussi celle du pouvoir français et de ses médias en Côte d’Ivoire.

Avec une vraie défense, l’histoire imaginaire des femmes d’Abobo, la fausse répression de la RTI, le bombardement fictif du marché Siaka Koné ne pouvaient pas passer l’étape des 4 ans audiences préliminaires pour se retrouver à un procès et survivre jusqu’à présent. Il n’y aurait même pas eu de procès tout simplement. Il suffisait juste de soumettre tous les supports vidéo, reportages-télé, et les photographies à expertises indépendantes et qualifiées. Aucun expert sérieux ne peut accréditer à la face du monde l’authenticité des supports colportant ces différents ces imaginaires.

Malheureusement l’opinion ne saura jamais, à dessein, lesquels spécialistes auraient authentifié ces faux pour permettre à la défense de les faire traverser 4 ans d’audiences préliminaires et 4 ans de procès pour les faire valider par la CPI.

Vous affirmez que ‘’La répression de la RTI’’, ‘’Le Massacre des femmes d’Abobo’’, ‘’Le bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo’’ n’ont jamais existé sauf à travers des films de fictions, des photomontages et des faux récits. Pourtant en dehors des sources accusatrices, l’existence des faits est confortée par d’autres sources qui ont effectué des investigations sur le terrain, et qui font ressortir un travestissement des faits qui se sont déroulés pour faire porter le chapeau aux accusés. Nullement l’existence de l’évènement des femmes d’Abobo, par exemple, n’a été remise en cause. On peut citer la journaliste Leslie Varenne, l’auteure de ‘’Abobo, la guerre’’ dont l’enquête confirme les faits et disculpe la responsabilité de Laurent Gbagbo. Ne faites-vous pas fausse route dans la mesure où vous êtes finalement isolé, seul, avec votre étude à prétendre le contraire depuis des années ?

Lire la suite : CPI-Grand entretien avec  Carell Bohoui-Baclaud (2ème partie) : «L’enquête de la journaliste Leslie Varenne au sujet des femmes d’Abobo manque cruellement de crédibilité. Je suis même très gentil en le disant ainsi»

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