Education nationale / Violences au sein des écoles : faut-il brûler les élèves agresseurs ?

Par Jean Levry- Afriquematin

Ces jours-ci, l’on constate une flambée de violence dans les lycées et collèges de Côte d’Ivoire. Des élèves n’hésitent pas à agresser physiquement leurs enseignants ainsi que le personnel administratif au sein des établissements. Au grand désarroi des acteurs du système éducatif.  A qui la faute ? Doit-on vraiment s’inquiéter de la montée de la violence sous toutes ses formes au sein de nos établissements scolaires ? Quelles sanctions pour les élèves fautifs ?

Si la grève des enseignants du primaire et du secondaire alimente l’actualité en Côte d’Ivoire en raison de la durée de la première (2 mois) et de sa reconduction depuis ce mardi 14 mai 2019, il y a une autre actualité tout aussi alarmante que choquante. Il s’agit de la résurgence ou de la montée de la violence dans les lycées et collègues. Une violence dont les auteurs sont les élèves et la cible le personnel enseignant et administratif. En un mot leurs formateurs, leurs éducateurs. Les deux derniers faits en datent donnent des sueurs froides dans le dos et suscitent une inquiétude généralisée.

La semaine dernière, un professeur d’allemand, âgé de 64 ans, a été copieusement battu par son élève de 2nde C au Lycée moderne Inagohi de San Pedro. Quelques jours plus tard, le mardi 14  mai 2019, les élèves du collège Jean Piaget d’Abidjan-Cocody, en réaction à la confiscation de leurs téléphones portables par la proviseure, ont cassé le véhicule de celle-ci avant de passer à tabac un professeur de SVT, le surveillant général de l’examen du BAC blanc qui était en cours. D’autres témoignages d’actes de violences des élèves sur leurs maîtres,  moindres ou d’une telle ampleur continuent d’indigner plus d’un sur les réseaux sociaux.

Des sanctions exemplaires pour les élèves agresseurs  

Le plus inquiétant selon les acteurs du système éducatif, ce sont les sanctions complaisantes qui sont prises à l’encontre des élèves qui n’hésitent pas à porter main à leurs éducateurs. Tenez-vous bien, l’‘’élève boxeur’’ et ses deux complices qui ont participé à la bastonnade du professeur en l’envoyant au tapis avant de s’asseoir sur lui pour lui ‘’infliger une sévère correction’’ n’ont écopé que 15 jours de suspension. Pas plus !

« C’est-à-dire qu’un élève peut battre son enseignant et s’offrir un petit congé de deux semaines avant de revenir narguer celui-ci et récidiver s’il le souhaite. Dans tous les cas, il n’aura que 15 jours de repos», ironise un enseignant pour montrer le ridicule de cette sanction. Au regard de cette sanction légère, l’on est en droit d’imaginer que ceux du collège Jean Piaget se verront également offrir quelques jours de congés pour l’ensemble de leur œuvre.

Cela pose la question de  la teneur de la sanction à l’encontre d’un élève qui agresse un enseignant ou un membre de l’administration au sein de l’école. Normalement, la sanction devrait être à la fois dissuasive et exemplaire pour que ce cas serve de leçon à d’autres élèves. Pour de  nombreux observateurs, l’élève qui a battu son professeur à San Pedro aurait dû être radié purement et simplement de l’établissement. D’autres encore préconisent sa radiation du système éducatif ou au moins une sanction beaucoup plus sévère que celle dont il a écopé. D’un autre côté, il y a ceux qui estiment qu’il faut éviter les radiations des élèves du système éducatif parce qu’on déverserait ainsi dans la rue, sans s’en rendre compte, des futurs délinquants qui deviendront encore plus dangereux pour la société.

Bien que le phénomène de la violence juvénile soit social ou plantaire – l’on a encore en mémoire cet élève qui a pointé une arme factice (un jouet) sur sa professeure en France –, l’agresseur d’un enseignant ou d’un membre de l’administration doit être sanctionné de sorte à ce que ce ne soit pas un mauvais précédent qui ouvre la boite de pandore. C’est aussi cela l’éducation.

C’est également le lieu de mettre un holà à l’attitude de ces adolescents devenus trop violents et qui s’attaquent à ceux qui leur dispensent le savoir et qui ont parfois l’âge de leurs géniteurs. Les parents d’élèves devraient aussi prendre à bras le fer cette question car le foyer est la première source d’éducation pour un enfant.

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