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Daloa : les personnes en situation de handicap s’organisent pour leur autonomisation

Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquematin.net

Le vendredi 30 janvier 2026, la Coordination des personnes en situation de handicap du Haut-Sassandra a tenu une importante rencontre au centre social de Daloa. Initiée par M. Kah Boguinard, président des associations Galaxy Handicap Solidarité et Neanseloane (qui signifie en langue wê : « Le handicap n’est pas une fatalité »), cette rencontre visait à poser les bases d’une mobilisation collective en faveur de l’autonomisation des personnes en situation de handicap.

Non-voyant et résident en France, M. Kah Boguinard a su insuffler une vision dynamique et ambitieuse à cette rencontre, en mettant en lumière des projets concrets pour un avenir plus inclusif. Il a notamment insisté sur la nécessité d’être au plus près des populations concernées, en particulier dans les zones rurales. Selon lui, les besoins des personnes en situation de handicap ne se limitent pas aux grandes villes comme Abidjan, mais concernent également des localités telles que Daloa.

« On ne peut répondre aux besoins des gens si on ne connaît pas leur nombre », a-t-il déclaré.

Parmi les priorités identifiées figure le recensement des personnes en situation de handicap, considéré comme une étape essentielle. Ce recensement permettra de disposer de données fiables et précises, facilitant ainsi l’élaboration, la planification et le financement de projets adaptés.

M. Kah Boguinard a également mis l’accent sur l’autonomie comme condition fondamentale de la dignité humaine : « Il n’y a pas de dignité sans autonomie, et l’autonomie, c’est se prendre en charge », a-t-il souligné.

À cet effet, son association s’engage à accompagner les porteurs de projets, qu’ils soient individuels ou collectifs, en les soumettant à des bailleurs de fonds basés en France et en Europe. Cette initiative vise à garantir une autonomie économique durable aux personnes en situation de handicap, en leur permettant de devenir de véritables acteurs de leur propre développement.

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La question de l’éducation des enfants en situation de handicap a également été au cœur des échanges. Bien que la scolarisation de ces enfants demeure coûteuse et complexe, elle reste un levier essentiel pour lutter contre la marginalisation. Des partenariats avec des ONG locales, notamment Société Sans Barrière, sont envisagés afin de renforcer l’accès à l’éducation inclusive.

Pour M. N’Goran Yao Paul, comptable de la Coordination, ce projet représente une opportunité majeure pour les personnes en situation de handicap de sortir de la marginalisation et de s’engager pleinement dans des activités économiques génératrices de revenus. Il a, à cet effet, souligné l’importance du travail collectif : « Ensemble, nous sommes plus forts », a-t-il affirmé.

De son côté, le président de la Coordination, M. Yédéou Frud Germain, a lancé un appel à un éveil de conscience. Il a exhorté ses pairs à abandonner toute forme de mendicité pour s’orienter vers l’autonomisation par le travail. Selon lui, un changement de mentalités est indispensable, car seule une prise de conscience individuelle et collective peut garantir un développement durable.

Cette rencontre marque ainsi une étape décisive dans la lutte pour l’autonomie des personnes en situation de handicap dans la région du Haut-Sassandra. À travers des projets concrets, un recensement rigoureux et une mobilisation des acteurs locaux et internationaux, l’espoir d’une inclusion sociale et économique durable se renforce.

Le message clé de cette journée est sans équivoque : « Le handicap n’est pas une fatalité. » Il revient désormais à chacun de s’investir pleinement dans cette dynamique de changement, car seul le travail, soutenu par une vision collective et des actions concrètes, peut garantir la dignité et l’autonomie des personnes en situation de handicap.

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