Campagne de commercialisation de cacao /Le conseil du café et du cacao a-t-il changé  les règles ?

Par Haidmond Kaunan/afriquematin.net, envoyé spécial

Durant les deux semaines que nous avons passé dans la région du Guémon, dans le cadre de la campagne cacao 2019-2020, il nous a été donné de constater des pratiques peu ordinaires voire inhabituelles. De soit -disant sociétés coopératives et traitants provenant de la région de San Pedro, Haut Sassandra, du Gôh qui n’ont ni plantations ni sections de coopérative et qui  opèrent librement dans la nouvelle boucle du cacao. Et ce, sous l’œil impuissant des vraies organisations de professionnelles agricoles mais surtout avec la complicité des autorités. Une question demeure sous toutes  les lèvres des professionnels en la matière : le conseil du café et du cacao,(CCC),  a-t-il changé les règles qui régissent la campagne ?

De mémoire de journaliste, spécialiste de café-cacao avec une vingtaine d’années d’expérience,  nous n’avons jamais assisté à la violation des frontières départementales dans le cadre de la campagne de café et cacao. Ces frontières  étaient hermétiquement protégées afin que chaque préfet de département connaisse le tonnage de sa zone de compétence. Une commission de surveillance et de suivi de la campagne présidée par les autorités  préfectorales  avait pour rôle de traquer les opérateurs qui violent les frontières. Par exemple les traitants et coopératives du département de Soubré n’étaient pas habilité  à opérer dans le département de Guéyo, zone de grande production cacaoyère entre les département de Soubré, Lakota, Gagnoa et Sassandra, localité qui appartenait au département de Sassandra ,actuel chef-lieu de région de Gboklè. Nous avons souvenance du fait que  le préfet Sanago Al Hassana, alors préfet de Sassandra faisait traquer les opérateurs qui tombaient dans le filet des surveillants et le véhicule mis en fourrière et le contenu saisi,  vendu et mis à la disposition du département. Ce préfet n’avait jamais voulu qu’on taxe son département de ne faire que du poisson alors que le cacao de Guéyo, Dakpadou et Sago étaient raflé par les départements voisins.

A ce jour, aucune société coopérative du département d’Abengourou ne peut s’aventurer dans le département d’Agnibilékrou. Même son de cloche entre Les départements d’Akoupé et d’Adzopé. Alors une autre préoccupation s’impose: Est-ce l’application  du système Ohada qui a converti les coopératives(Syscoa) en société coopérative et qui fait payer cher les impôts aux coopératives et traitants,  qui a institué ce cafouillage? Est-ce le financement en sourdine des traitants face aux parents pauvres de producteurs qui ne  peuvent plus appliquer le système dépôt-vente, faute de moyens qui est à l’origine de cette chienlit? Toujours est-il que de Duékoué à Bangolo en passant par Kouibly, il règne ce désordre qui fait pleurer les responsables de vraies organisations de professionnelles qui ne peuvent  élever la voix, car selon des responsables de coopératives qui veulent garder l’anonymat,      le sommet de la filière serait  complice de ce désordre.

 

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