Cacao: en Côte d’Ivoire, deux syndicats de planteurs lancent une grève

Par Guy Yao/afriquematin.net

En Côte d’Ivoire, deux syndicats de planteurs de cacao, l’ANAPROCI et le SYNAPCI ont entamé une grève. Ils appellent leurs planteurs à occuper le terrain, faire des sit in devant les délégation du conseil Café-Cacao en province et à ne pas vendre leurs fèves. Les grévistes affirment n’avoir jamais vu la couleur des primes promises pour soutenir la filière frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

En Côte d’Ivoire, pour soutenir la filière frappée de plein fouet par la pandémie, le gouvernement avait notamment prévu 17 milliards de FCFA (26 millions d’euros) en soutien aux planteurs.

Plus globalement, ces organisations dénoncent une gouvernance opaque du CCC, le Conseil Café-Cacao, et veulent être entendus par l’exécutif, comme nous l’explique Koffi Kanga, le président de l’ANAPROCI.

« Compte tenu de la maladie du Covid-19, le prix du cacao n’a pas pu être respecté », c’est ce qu’a déclaré le gouvernement, rapporte Koffi Kanga. Donc, forts de cela, ils ont apporté un dédommagement de douze milliards au niveau des industriels et des exportateurs. Et donc, dix-sept milliards étaient prévus pour la culture du café-cacao, ce qui a été annoncé par le directeur du Conseil Café-Cacao. »

Mais aujourd’hui « à l’annonce du prix du 1er octobre, le même directeur général annonce que, si les dix-sept milliards ont été annoncés, il n’a pas cet argent. C’est ce qui a créé l’indignation et la colère des producteurs ! », poursuit Koffi Kanga.

Autre motif de colère, l’absence de transparence dans la gestion de la filière. « Et le deuxième élément qui fonde notre entrée en grève est dû au fait que la gouvernance et la filière, depuis près de dix ans, nous (la critiquons)… On nous présente des bilans où il n’y a pas de chiffres, où il n’y a rien… Le fonds d’investissement en milieu agricole, le fonds d’investissement en milieu rural, tous ces prélèvements, la fiscalité… (sont) gérés sans transparence. Donc nous posons un problème de gouvernance. C’est forts de tous ces arguments que les producteurs ont décidé d’observer une grève illimitée à partir de ce jour ».

Source: www.rfi.fr

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