BCE/Christine Lagarde quitte la tête de l’institution monétaire
Par Iris Fabiola Yaëlle/afriquematin.net avec rfi.fr et Afp
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, quittera ses fonctions le 7 février 2027, soit près de neuf mois avant l’expiration de son mandat prévue fin octobre 2027, a annoncé la BCE ce jeudi 29 octobre par un communiqué.
Créée en 1998, la Banque centrale européenne (BCE), institution monétaire de la zone euro basée à Francfort, voit le mandat de présidence exercé par Christine Lagarde s’achevé le 31 octobre 2027. Conduisant la politique monétaire de la zone euro avec plus d’une vingtaine d’États membres, elle a un objectif principal, la stabilité des prix. Elle gère aussi la politique de change, les réserves, la supervision bancaire (via le Mécanisme de supervision unique) et la stabilité financière.
Ancienne directrice générale du FMI et ministre française de l’Économie, Christine Lagarde succède à Mario Draghi au mois de novembre 2019. Elle hérite d’une politique monétaire déjà très accommodante aux taux négatifs et d’achats d’actifs. La BCE réagit massivement dans le programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), taux maintenus très bas, soutien au crédit. Cette réponse est largement saluée pour avoir évité une crise financière majeure dans la zone euro. Face à l’inflation, jusqu’à plus de 10 % en 2022, conséquence de la relance post-Covid et de la guerre en Ukraine, la BCE engage le relèvement le plus rapide de son histoire avec les taux directeurs passant de taux négatifs à environ 4 % en 2023. L’inflation revient progressivement vers la cible de 2 % en 2024-2025.
Malheureusement les critiques fusent, notamment la lenteur initiale à reconnaître le caractère durable de l’inflation, la communication parfois jugée floue, la gouvernance interne alliant des tensions avec certains gouverneurs, critiques sur la transparence, l’impact social de la hausse des taux, entre autres les crédits immobiliers la croissance et surtout les questions sur l’indépendance, en particulier les relations avec les gouvernements, notamment français, et la gestion des crises bancaires, dont le Crédit Suisse, les banques régionales américaines hors zone euro mais effets de contagion.
Pour ce départ, Christine Lagarde a informé le Conseil des gouverneurs de l’institut monétaire ainsi que le président du Conseil européen, de sa décision de quitter son poste le 7 février 2027, selon un communiqué. Son successeur sera nommé par le Conseil européen conformément à la procédure prévue par les traités de l’Union européenne. En quittant son poste dans quelques mois, dès février prochain, elle ouvre la possibilité au président français sortant Emmanuel Macron de participer à la désignation de son successeur avant l’élection présidentielle française du printemps, signale rfi.fr. Les membres du Conseil des gouverneurs ont chaleureusement remercié Christine Lagarde et lui ont réservé une longue ovation après l’annonce de sa décision. Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine étape pour cette figure familière des grandes organisations internationales. Si la politique française ne semble pas figurer dans ses plans, Christine Lagarde n’entend pas forcément tourner le dos à la vie publique. Celle qui a écarté fin septembre l’idée d’une candidature à l’Élysée est citée parmi les personnalités susceptibles de prendre la tête du Forum économique mondial de Davos.