Aujourd’hui, 18 avril 1918 : le tirailleur Cheikhou Cissé est déporté pour avoir voulu retrouver sa famille

Rapatrié au Sénégal en 1917 après blessures aux combats au Maroc, le tirailleur sénégalais Cheikhou Cissé est maintenu de force à Dakar. Originaire du Soudan Français, le jeune tirailleur est contraint de rester au Sénégal malgré son désir ardent de revoir sa famille qu’il n’a pas revue depuis son recrutement dans 4ème régiment de tirailleurs sénégalais en 1914. Sa révolte contre cette décision injuste lui vaudra une déportation en Nouvelle-Calédonie le 18 avril 1918.

Au lieu de lui décerner des honneurs pour services rendus, Cheikhou Cissé est traité comme un mal propre par les autorités militaires françaises. Son crime ? Vouloir rejoindre sa famille installée au Soudan français après s’être engagé dans les batailles au Maroc et aux Dardanelles, batailles au cours desquelles il fut grièvement blessé. Les autorités militaires restent insensibles à sa situation et, pensant que le tirailleur Cissé peut toujours servir, refusent systématiquement de le laisser partir comme il le souhaite.

Avant sa déportation, Cheikhou paie très cher son opiniâtreté et son insistance pour retourner au bercail. Il sera d’abord arrêté à Dakar en octobre 1917 et le conseil de guerre le condamne pour complot contre la sûreté de l’Etat et incitation à la guerre civile. Au sortir de son procès, il sera retenu que Cheikhou Cissé doit purger une peine de déportation à perpétuité en Nouvelle-Calédonie loin de sa famille qu’il ne reverra plus jamais. Malgré le soutien des associations anticolonialistes qui exigent sa libération, Cheikhou Cissé quittera Dakar le 18 avril 1918 pour le bagne en Nouvelle-Calédonie où il décède en 1933.

Source: senenews.com

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