Mort de l’enseignant Keita Daouda : forte mobilisation des enseignants à Daloa
Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquemat.net
La tension reste vive dans le Haut-Sassandra après le décès tragique du professeur Keita Daouda, survenu le samedi 26 septembre 2026 vers 11 heures au corridor de Bédiala, sur l’axe Daloa-Bédiala. Réunis lundi 28 septembre à la Place du Drapeau de Daloa, les syndicats du secteur Éducation-Formation ont remis une motion de protestation à la Préfecture. Mandaté par le préfet, le secrétaire général 1, Keipo Emmanuel, a reçu la délégation et transmis les condoléances de l’autorité préfectorale à la famille du défunt et à la communauté éducative.
Dans leur motion, les syndicats demandent notamment la suppression du corridor de Bédiala ou, à défaut, sa mise aux normes, avec une herse réglementaire, un éclairage adapté et une signalisation à 200 mètres. Ils réclament également la prise en charge des frais funéraires du professeur, des frais médicaux des enseignants qui auraient été blessés lors des incidents évoqués, ainsi qu’une prise en charge à vie des orphelins du défunt. Les organisations syndicales demandent surtout l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités dans ce drame. Elles affirment par ailleurs que certains enseignants auraient subi des violences après s’être rendus sur les lieux. Ces accusations restent à établir.
Face à la colère des enseignants, la Préfecture a appelé au dialogue et à l’apaisement. Keipo Emmanuel a rappelé que le droit de grève est reconnu, tout en invitant les acteurs à préserver l’ordre public. « La grève, c’est un droit, mais troubler l’ordre public, ce n’est pas bon », a-t-il déclaré.
Selon Kouaba Fabrice Arnaud, membre du Bureau exécutif national du MEDD et secrétaire général régional adjoint 1 du Haut-Sassandra, un précédent incident aurait déjà eu lieu au même corridor. Il cite le cas de Serge Koffi, enseignant à l’IEPP Daloa Kennedy, qui aurait percuté une corde utilisée comme dispositif de barrage alors qu’il revenait de Bouaké. Il aurait été hospitalisé pendant trois jours. Le MEDD parle de trois jours de deuil en mémoire du professeur Keita Daouda, qui laisse derrière lui une épouse enceinte de huit mois et un enfant. Cette mobilisation a toutefois entraîné la fermeture de plusieurs établissements scolaires à Daloa.
À l’issue des trois jours de deuil, une assemblée générale des enseignants est annoncée pour décider des prochaines orientations du mouvement. Le drame de Bédiala relance ainsi les interrogations sur la sécurité des points de contrôle routiers, leur conformité et la protection des personnels de l’éducation.