Affaire de détournement de 39 milliards/Les syndicats de la DGI montent au créneau
Par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net
Les locaux de l’Union nationale des agents des impôts de Côte d’Ivoire (UNAGICI), à Marcory, ont servi de cadre, ce jeudi, à une conférence de presse consacrée à l’affaire présumée du détournement de trente-neuf (39) milliards de francs CFA.
Réunissant représentants syndicaux et journalistes, les responsables des organisations professionnelles ont présenté leur position sur les différents éléments liés à cette affaire. L’objectif affiché était notamment de rétablir certains faits, de préciser les responsabilités et de faire entendre la voix des travailleurs de l’administration fiscale.
La FESYDGI, par la voix de leur porte-parole Ivan Bohué de l’Union nationale des agents des Impôts de Côte d’Ivoire, (UNAGICI) a ainsi insisté sur la nécessité de distinguer les responsabilités individuelles du fonctionnement général de l’administration fiscale. Il a également appelé à éviter les amalgames susceptibles de porter atteinte à l’image de l’ensemble des agents de la DGI. « Nous n’avons rien à cacher, si la Fédération des syndicats de la DGI a choisi ce moment pour se prononcer, c’est parce qu’elle voulait donner la chance à tous les acteurs internes et judiciaires à cette affaire des trente-neuf (39) milliards, mais surtout donner l’occasion aux agents de savoir que leurs défenseurs traditionnels sont là », a-t-il souligné.
Au-delà du montant en jeu, elle soulève des questions sur les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de sécurisation des recettes fiscales. Occupant une place centrale dans la mobilisation des ressources publiques, toute affaire financière de cette ampleur, la DGI est susceptible de susciter de fortes préoccupations au sein de l’administration comme dans l’opinion publique. « La DGI n’a pas été coupable de détournement, il y a des anomalies et les enquêtes se poursuivent. Il y a eu des effets pervers sur l’image de la DGI et sur les agents qu’il fallait corriger parce que les résultats parlent pour les agents. Nous avons besoins de sérénité », a-t-il rappelé.
La conférence de presse intervient dans un contexte où le montant de 39 milliards de francs CFA évoqué alimente le débat public. Pour les représentants syndicaux, il est nécessaire que toute la lumière soit faite et que les faits soient établis sur la base d’éléments précis, vérifiables et contradictoirement examinés. « Nous sommes dans un contexte syndical, la fédération tient à rappeler qu’elle respecte la liberté syndicale, le droit à la revendication et le droit de chaque organisation à défendre les intérêts de ses membres. Cependant, la défense des intérêts des travailleurs ne devrait jamais conduire à exposer inutilement notre administration indument à fragiliser sa crédibilité ou à jeter le discrédit sur l’ensemble des agents », a-t-il lancé sous le regard du Secrétaire général du syndicat national des agents de la DGI, Etékou Gnagne François.
Cette rencontre a donc été l’occasion pour les organisations syndicales de demander que les investigations permettent de déterminer avec précision la nature des opérations concernées, les personnes éventuellement impliquées et les responsabilités qui pourraient en découler. Les représentants syndicaux ont également plaidé pour que le traitement de ce problème se fasse dans le respect des procédures et des droits de toutes les personnes concernées, souhaitant également que les investigations permettent d’établir la vérité et que les éventuelles responsabilités soient déterminées sur la base de preuves.
Dans cette perspective, la conférence de presse apparaît comme une étape importante dans la volonté des syndicats de participer au débat public tout en défendant l’intégrité et la réputation des agents des impôts. « Nous estimons que les difficultés et les désaccords qui peuvent exister, doivent prioritairement être traités dans le cadre du dialogue social, de la concertation et des mécanismes institutionnels prévus. », a-t-il invité, en présence de l’Inspecteur et Secrétaire général du Syndicat libre des agents des Impôts Koné Losseni .
Ce dossier reste donc au centre des préoccupations car Nous n’avons rien à cacher. « La Fesydgi condamne toute démarche visant à présenter le DGI comme une administration incapable de fonctionner ou à mettre en cause- l’intégrité et le professionnalisme es agents », a-t-il déploré. Et les prochaines étapes de l’enquête et les éventuelles communications officielles devraient permettre de mieux comprendre l’origine des fonds concernés, les circonstances dans lesquelles les opérations auraient été réalisées et les responsabilités qui pourraient être retenues. En attendant des éléments officiels plus détaillés, ces organisations syndicales entendent maintenir leur mobilisation et suivre attentivement l’évolution du dossier. À travers donc ce face-à face avec les médias, les différentes faitières de la Direction générale des impôts (DGI) entendent apporter leur éclairage sur une affaire qui suscite de nombreuses interrogations.