Yopougon/Les victimes des déguerpissements des cités Eden, Pays-Bas et Gesco montent au créneau

 Par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net

 Deux ans après les opérations de déguerpissement qui ont profondément bouleversé la vie de centaines de familles dans les cités Éden, Pays-Bas et plusieurs sous-quartiers de Gesco, les victimes ont élevé la voix lors d’une conférence de presse animée hier mardi 23 juin dans les locaux d’un établissement scolaire à Yopougon par leur porte-parole, Rose Koné.

 En présence de nombreux sinistrés, cette rencontre avait pour principal objectif d’informer l’opinion publique de l’action judiciaire engagée contre le District autonome d’Abidjan et de rappeler les souffrances persistantes des populations touchées. L’objet était de faire le point sur la situation des victimes des déguerpissements forcés survenus dans ces quartiers et d’interpeller les autorités sur l’absence de solutions durables.

Face à la presse, Rose Koné a exprimé l’espoir que la justice permette enfin de tourner une page douloureuse marquée, par deux années d’attente, d’incertitude et d’absence de réparation effective.

À quarante-huit heures d’une audience prévue devant le Tribunal de première instance de Yopougon, le collectif des victimes a annoncé avoir assigné le District autonome d’Abidjan en justice. Selon la porte-parole, cette procédure vise à obtenir la reconnaissance des préjudices subis et à faire valoir les droits des familles dont les habitations et biens matériels ont été détruits.

Face à la presse, elle a exprimé l’espoir que la justice permette enfin de tourner une page douloureuse marquée, par deux années d’attente, d’incertitude et d’absence de réparation effective. Les martyrs affirment avoir épuisé les voies de dialogue sans obtenir de réponses satisfaisantes concernant leur indemnisation ou leur relogement.

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Au cours de son intervention, Rose Koné a dénoncé ce qu’elle considère comme l’absence de résultats concrets malgré les engagements annoncés après les déguerpissements. Ajoutant par ailleurs que les promesses d’indemnisation et de relogement formulées à l’époque n’ont jamais abouti. Les victimes indiquent n’avoir reçu qu’une aide ponctuelle jugée insuffisante au regard de l’ampleur des pertes enregistrées.  Cette situation nourrit un sentiment d’abandon chez les habitants concernés, qui estiment que leur détresse sociale et économique n’a pas été suffisamment prise en compte par les autorités compétentes.

« Nous tenons à rappeler- que nos installations ne relevaient aucunement pas de l’anarchie ou de l’occupation illégale de zones à risques », soutient-elle, et d’affirmer que « nous étions établis sur des sites approuvés par l’Etat de Côte d’Ivoire, nombre d’entre nous détenant des Arrêtés de concession définitive (ACD) en bonne et due forme, tandis que d’autres voyaient leurs procédures d’immatriculation administrative légitimement engagé sur ces différents lots », a-t-elle fait remarquer. Les victimes estiment donc que leurs droits de propriété ont été bafoués et demandent à la justice de déterminer les responsabilités dans cette affaire.

Au-delà des pertes matérielles, le comité insiste sur les conséquences humaines du déguerpissement, car les difficultés d’accès au logement, les charges financières liées à la relocalisation et la précarité grandissante auraient fortement affecté les familles concernées. Pour le président du groupe, Gbanan Goro Marcellin, « plusieurs cas de maladies et des décès ont été enregistrés parmi les victimes depuis les démolitions », rappelle-t-il.

Au-delà des pertes matérielles, le comité insiste sur les difficultés d’accès au logement, les charges financières liées à la relocalisation et la précarité grandissante qui auraient fortement affecté les familles concernées.

Dans un contexte marqué par la cherté de la vie, de nombreuses personnes âgées, retraitées ou vulnérables peinent encore à retrouver des conditions de vie stables, affirment les représentants du collectif. Profitant de cette conférence de presse, Rose Koné a lancé un appel aux organisations de défense des droits humains, aux acteurs de la société civile et aux médias afin qu’ils continuent de suivre le dossier. Pour elle, le combat mené par les victimes dépasse le cadre de Gesco et pose la question plus large de la protection des droits des citoyens face aux opérations d’aménagement urbain.

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La communauté espère que l’audience judiciaire annoncée constituera une étape décisive vers la reconnaissance des préjudices subis et l’obtention d’une réparation jugée juste par les populations concernées. Vu que ces démolitions ont entraîné non seulement la perte de logements et d’investissements réalisés sur plusieurs décennies, mais également la désintégration de nombreuses familles contraintes de se disperser à travers différents quartiers d’Abidjan.