Rdr-Rhdp/Du rififi à Odienné

Par Brice Youlé-Correspondant permanent/afriquematin.net

 À mesure que se profilent les prochaines échéances électorales, le climat interne se tend au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) dans le département politique d’Odienné 2, couvrant notamment les zones de Bako et Bougousso. Au centre des critiques : le secrétaire départemental, Koné Bouakary, dont la gestion est de plus en plus contestée par une frange active de militants et de cadres.

Dans une déclaration relayée par un collectif de cadres et de secrétaires de sections, plusieurs griefs sont formulés à l’encontre du responsable local du parti. Parmi les points soulevés figurent un manque de transparence dans la gestion financière, une centralisation jugée excessive des décisions, ainsi qu’un fonctionnement interne considéré comme peu inclusif. « Depuis son accession à la tête du département politique, aucune réunion formelle de bureau n’a été tenue pour présenter ou valider un budget. Les cotisations des cadres ne font l’objet d’aucun compte rendu », affirme un cadre ayant requis l’anonymat. Une situation qui, selon lui, alimente la suspicion et fragilise la confiance au sein de la base militante.

Au-delà de la question financière, les contestataires pointent également des pratiques assimilées à du népotisme dans l’attribution de certaines responsabilités. Plusieurs militants dénoncent un système dans lequel la loyauté primerait sur la compétence, avec une faible implication des structures locales dans les prises de décision. Le fonctionnement démocratique du parti est également mis en cause. Des militants évoquent un rétrécissement des espaces d’expression interne, où toute voix critique serait mal perçue. « Les réunions ne sont plus des cadres de débat, mais des lieux de validation de décisions déjà prises », confie un responsable de section à Bako.

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Ces dysfonctionnements présumés auraient des répercussions visibles sur le terrain. Selon les témoignages recueillis, une baisse de la mobilisation, une diminution des adhésions et une faible participation aux activités du parti sont constatées ces derniers mois dans plusieurs localités.

Face à cette situation, le collectif des cadres et secrétaires de sections de Bako et Bougousso appelle à une intervention de la direction nationale. Il plaide pour une réforme du fonctionnement local, une meilleure transparence dans la gestion et une implication accrue des militants dans la vie du parti. À ce stade, Koné Bouakary n’a pas officiellement réagi à ces accusations. De son côté, la direction nationale du Rhdp ne s’est pas encore exprimée sur cette crise interne qui, si elle perdure, pourrait affecter la cohésion et la performance du parti dans cette zone stratégique du nord-ouest ivoirien.