Daloa : 500 jeunes formés au centre de service civique prêts à intégrer le marché de l’emploi

Après quatre mois de formation civique et professionnelle, la première cohorte du centre de service civique de Daloa, encadrée par le ministère de la Jeunesse, marque une avancée dans la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire.

Par Franck Elisé Bouabré/Correspondant Afriquematin.net

Le samedi 7 mars 2026 a marqué une étape importante pour le centre de service civique de Daloa, avec la sortie officielle de sa première cohorte composée de 500 pensionnaires. Après quatre mois de formation intensive, ces jeunes, issus pour la plupart de milieux défavorisés ou en situation de déscolarisation, ont célébré cette étape décisive lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré.

Organisée en présence des parents, des autorités administratives et politiques ainsi que de nombreux invités, la cérémonie a été marquée par des témoignages émouvants de satisfaction de la part des stagiaires. Ceux-ci ont exprimé leur gratitude envers l’État pour cette initiative qui leur a permis de retrouver des perspectives d’avenir.

Le porte-parole des pensionnaires, Acho Adon, a exprimé avec conviction la détermination de ses camarades :
« Nous sommes prêts à affronter le marché du travail et à contribuer au développement de notre pays dans la discipline. »

Ces propos traduisent la volonté des jeunes de mettre en pratique les valeurs et les compétences acquises au centre.

Un dispositif pour la réinsertion des jeunes en difficulté

Les centres de service civique, à l’image de celui de Daloa, s’inscrivent dans le cadre du dispositif de l’École de la deuxième chance mis en place par le gouvernement afin de répondre aux défis de la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes en difficulté.

Selon le ministre Mamadou Touré, ces structures accueillent principalement des jeunes déscolarisés ou en situation de vulnérabilité sociale afin de les rééduquer, de leur redonner espoir et de faciliter leur intégration dans la société.

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Les pensionnaires sont recrutés sur une base volontaire et bénéficient d’une formation d’inspiration militaire visant à inculquer des valeurs fondamentales telles que le civisme, la discipline, l’engagement citoyen et le sens de la République.

Une formation professionnelle pour favoriser l’emploi

En parallèle, les jeunes reçoivent une formation professionnelle dans plusieurs domaines, notamment :

  • les métiers du bâtiment ;

  • la coiffure et l’esthétique ;

  • l’agropastoral ;

  • la pâtisserie ;

  • la mécanique.

Cette double approche, combinant développement personnel et qualification professionnelle, renforce leurs chances de réussir leur insertion sur le marché de l’emploi.

Un accompagnement vers l’insertion professionnelle

À l’issue de leur formation, les pensionnaires sont intégrés dans les dispositifs d’insertion socioprofessionnelle mis en place par l’État, notamment ceux pilotés par l’Agence Emploi Jeunes. Ces programmes offrent un accompagnement concret pour faciliter leur intégration durable dans la vie active.

Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.

Le ministre Mamadou Touré a également exhorté les cadres de la région du Haut-Sassandra à établir des relations de mentorat avec les jeunes sortants, afin de leur apporter un accompagnement à la fois pratique et moral.

« Encadrer ces jeunes, ce n’est pas leur donner de l’argent, mais les aider à rester sur le chemin des valeurs qu’ils ont apprises au centre », a-t-il insisté.

À titre d’exemple, le ministre s’est personnellement engagé à suivre deux anciens stagiaires, autrefois dépendants à l’alcool et aux drogues, afin de les accompagner dans leur processus de réinsertion et prévenir toute rechute.

Le rôle déterminant des familles et des collectivités

Dans son allocution, Mamadou Touré a également rappelé aux parents l’importance de leur rôle dans l’encadrement des jeunes après leur sortie du centre.

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« Le rôle des parents est important. Le gouvernement ne peut pas se substituer aux parents. Il faut les aider à continuer à être les hommes ou les femmes qu’ils sont devenus », a-t-il souligné.

Le ministre a par ailleurs invité les mairies et le Conseil régional du Haut-Sassandra à intégrer les jeunes sortants dans les projets d’infrastructures et les initiatives locales, afin de leur offrir des opportunités concrètes d’emploi et de contribuer au développement de la région.

Une avancée pour l’insertion des jeunes en Côte d’Ivoire

La sortie de cette première cohorte de 500 pensionnaires du centre de service civique de Daloa constitue une avancée significative dans la mise en œuvre des politiques de réinsertion socioprofessionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire.

Cette initiative illustre la volonté du gouvernement de bâtir une société plus inclusive, où chaque jeune, quelle que soit sa situation de départ, peut retrouver espoir et contribuer activement au développement national.

Le succès de cette expérience reposera désormais sur la collaboration entre l’État, les collectivités locales, les familles et les cadres régionaux afin de garantir un avenir prometteur à ces jeunes et de faire des centres de service civique un véritable modèle de transformation sociale durable.