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Développement durable/ Pourquoi les Africains noirs semblent-ils parfois être leurs propres ennemis ?

Une réflexion de Kédjébo Kpandji/afriquematin.net

L’Afrique, berceau de l’humanité et continent riche en ressources naturelles et culturelles, fait paradoxalement face à des défis persistants, notamment les conflits internes, la corruption, les divisions ethniques, et le manque de solidarité panafricaine.  

La colonisation a profondément marqué l’Afrique, à travers le découpage territorial arbitraire et les frontières tracées par les puissances coloniales ont regroupé ou séparé des ethnies sans cohésion historique, créant des tensions durables. Et les colons ont souvent exacerbé les rivalités ethniques pour mieux contrôler les populations, une mentalité qui persiste dans certains régimes postcoloniaux. Comme conséquences, les Africains se battent entre eux au lieu de s’unir contre des problèmes communs.

 La corruption et l’échec des élites ont gangréné cette partie de l’Afrique qu’occupent la race noire, car de nombreux dirigeants africains, qui au lieu de servir leur peuple, ont perpétué un système de pillage des ressources et de clientélisme politique. Suivent des détournements des richesses où l’argent public est souvent dilapidé au profit d’une minorité, tandis que la majorité vit dans la pauvreté. Ajouté à ceux-ci, la mauvaise gouvernance, où surtout les élections sont truquées, les coups d’État et les régimes autoritaires découragent l’espoir en un avenir meilleur.

 L’Afrique est un continent diversifié, mais cette diversité est parfois exploitée à des fins politiques. Certains leaders attisent les haines tribales pour conserver le pouvoir et dans plusieurs pays, des groupes extrémistes instrumentalisent la religion pour semer la division. Ce qui amène les Africains à s’entretuer au nom d’identités manipulées, plutôt que de construire ensemble.

 Des siècles d’esclavage, de colonisation et de néocolonialisme ont laissé des traumatismes psychologiques, tels le mépris de soi et l’adoration de l’Occident, le complexe d’infériorité et la mentalité de dépendance, car, certains Africains valorisent plus les produits et cultures étrangères que les leurs propres identités. Au lieu de développer des solutions locales, beaucoup attendent que les grandes puissances occidentales viennent « sauver » cette Afrique.

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