Partition éventuelle du Mali/Le colonel Assimi Goïta et son gouvernement ont fermé tout espoir et avec élégance

Une contribution de Aboubacar Eros Sissoko*

Une conception générale dit ceci : “Le linge sale se lave en famille”. Les autorités de la Transition enterrent définitivement les accords d’Alger avec effet immédiat pour rendre au pays son honneur et sa dignité.

Encore une fois, le gouvernement de Transition du Mali vient de s’illustrer à travers une décision courageuse et historique en mettant un terme aux Accords d’Alger. De cette manière inédite, Son Excellence le colonel Assimi Goïta impose le respect de la nation malienne à travers le monde.

Partout ailleurs, la vie intercommunautaire a généré des conflits entre les populations. Dans la société traditionnelle malienne de tout le temps, ces mésententes se réglaient toujours dans le vestibule du chef de village. Il est vrai que notre pays est loin d’être un village. Cependant chaque République peut se définir comme un gros village sous le commandement d’un chef de l’Etat et son gouvernement.

Aboubacar Eros Sissokoa note que « la France, qui se prend pour le donneur universel de leçon à l’échelle internationale, n’arrive toujours pas à éteindre les flammes des mésententes avec la Corse ».

A ce titre, si un conflit émerge dans le pays, il appartient à ses plus hautes autorités d’agir pour le dénouement de la crise en vue d’éviter un embrasement susceptible de déboucher sur un conflit fratricide ou une guerre civile. Depuis 1991, notre pays a semblé prendre le mauvais virage en se rendant à Tamanrasset pour signer les accords à propos de la crise du Nord. Dès lors, comme un effet de mode chaque fois que les Touaregs se révoltent on fait recours à la signature d’un accord pour taire les hostilités.

Et pourtant à la première heure de l’indépendance, des fractions touarègues ont jeté les bases de la rébellion. Le chef de l’Etat de l’époque, le président Modibo Kéïta, n’a pas eu besoin de faire recours à un accord en prenant appui sur un pays tiers pour calmer les ardeurs. La recette aura été taillée sur mesure par nos compatriotes. La raison est simple, le père de l’indépendance était un président qui procédait à mettre en place chaque groupe ethnique par des méthodes fortes en cas de dérapage. Seul prévalait à ses yeux l’intérêt supérieur du Mali.

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Depuis plusieurs décennies, de manière cyclique, le peuple touareg a pris pour habitude de semer des poches d’hostilité contre l’autorité de l’Etat jusqu’à vouloir imposer la partition du Mali. Devant cette nébuleuse, les Accords d’Alger ont vu officiellement le jour le 15 mai et 20 juin 2015 à Bamako suite aux négociations menées à Alger entre la République du Mali et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Ces accords ont largement montré leur limite, par la même occasion, ils ont été déclarés inapplicables.

A ce jour, les Accords d’Alger n’ont jamais pu apporter la paix chez nous. En un moment donné, il fallait nécessairement trancher une fois pour toutes. C’est à cet exercice que la Transition s’est employée avec la dernière rigueur. Désormais, en terre malienne quand une communauté se dresse contre l’autorité de l’Etat, ce règlement n’a plus besoin de signature d’un accord sur un territoire tiers. Entre Maliens, ont doit pouvoir se retrouver pour régler nos propres problèmes sans l’implication de pays tiers au nom des accords.

En regardant un peu la réalité qui prévaut autour de nous, on donne entièrement raison à la décision prise par les autorités maliennes sous le leadership de Son Excellence le colonel Assimi Goïta. Au lieu que la communauté internationale s’acharne à vouloir revenir sur les Accords d’Alger, elle oublie que la France à la tentative d’indépendance de la Corse non encore résolue, l’Algérie n’a toujours pas encore fini d’éteindre les braises de la révolution de la communauté kabyle du Sud algérien, qui fait frontière avec le Mali.

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Quant au Sénégal, depuis belle lurette, la Casamance reste toujours demanderesse de son indépendance économique. Les trois pays cités plus haut n’ont jamais fait recours à un quelconque accord signé dans un pays tiers.

Seule la tenue du Dialogue national direct inter-malien peut régler la crise qui perdure au nord du Mali. La recherche de solutions maliennes au problème malien ne s’effectuera nulle part qu’en terre malienne. Nous restons persuadés que les vertus du dialogue vont désormais prévaloir pour venir à bout de la crise qui affecte le Nord de notre pays depuis plus d’une décennie.

La France, qui se prend pour le donneur universel de leçon à l’échelle internationale, n’arrive toujours pas à éteindre les flammes des mésententes avec la Corse. Pourtant, dans le dénouement de cette crise, dont la naissance remonte loin, à aucun moment le gouvernement français n’a envisagé sceller un quelconque pacte dans un pays voisin de la communauté européenne.

A cette occasion, il est bon de rappeler ce proverbe bamanan conservé en lettres d’or et bien ancré dans notre patrimoine culturel : “Tant que le feu de brousse n’est pas éteint, il est mal indiqué qu’une famille de criquets aille présenter ses condoléances à une autre famille voisine”. En un mot : “Que chaque pays s’occupe de ses propres déboires au lieu de crier sur les toits du monde en pointant l’autre” . Le Mali a pris son destin en main.

 * Diplômé de l’Institut National des Arts du Mali (INA) et de l’école Supérieure des Beaux-Arts de Toulouse