Sports/L’arbitre internationale Akhona Makalima se révèle

L’histoire de la CAN organisée en Côte d’Ivoire enregistre dans le corps arbitral la présence de la gent féminine, pour la toute première fois. Outre la marocaine Bouchra Karboubi, la Sud-africaine Akhona Makalima fait partie de cette génération de femmes qui officient des matchs. Depuis 2014, elle suscite curiosité et admiration. Avec un physique impressionnant à vous donner du tournis, celle qui met au pas les athlètes est depuis belle lurette, dans la catégorie des grands. Voici son secret.

 Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez appris que vous alliez participer à la Coupe du Monde Féminine ?

J’étais tellement émue, tellement reconnaissante de me dire qu’enfin, mon travail acharné portait ses fruits et que j’avais été sélectionnée pour la plus grande compétition de football féminin au monde. C’était un jour heureux pour moi, pour ma famille et pour le pays.

Comment décririez-vous le sentiment et la pression liés à la participation à ce Mondial féminin ?

Akhona Makalima invite les femmes qui veulent embrasser le métier d’avoir confiance en leurs qualités, d’avoir confiance en leurs compétences, en leur personnalité.

Je n’avais pas vraiment de pression, mais j’avais hâte de rencontrer les autres officiels et d’apprendre d’eux, de prendre en expérience et d’être formé par l’un des meilleurs instructeurs au monde, Pierluigi Collina.

Je me suis également dit qu’il fallait que je prenne les choses au jour le jour, une séance à la fois, afin de ne pas me sentir surmené. Je n’ai pas eu l’impression d’être débordée ou d’avoir une charge de travail trop importante. J’ai suivi les conseils que l’on m’a donné et j’ai cherché à les intégrer immédiatement. En Coupe du Monde, vous ne pouvez pas commettre d’erreurs. On veut être le meilleur.

LIRE AUSSI :   Dominique Zégoua, Président du MDJ : « Tant que Gbagbo ne vient pas en Côte d’Ivoire, Il n’y aura pas de vote »

Vous n’en êtes pas à votre première expérience internationale, le fait d’avoir déjà officié dans de grandes compétitions internationales, telle que la CAN, a-t-il facilité les choses ?

Effectivement ! Ce n’était pas ma première expérience internationale, mais c’était la plus grande compétition à laquelle j’ai participé dans ma carrière, puisqu’il s’agissait d’une Coupe du Monde féminine senior. Les attentes sont plus élevées. Chaque détail compte, les préparations sont plus importantes et plus difficiles. Les séances d’entraînement, les séances techniques, les séances théoriques, tout est vraiment difficile. Cette compétition exige le meilleur de soi. Vous devez être au top physiquement et mentalement. Le niveau est très exigeant, car plus on monte, plus c’est difficile.

Comment jugez-vous le niveau des arbitres féminines sur le continent africain ? 

 Le niveau des arbitres féminines sur le continent est incroyable. Nous avons vraiment d’excellentes officielles en Afrique, et je pense que nous devons nous en réjouir. Je pense que nos arbitres comprennent le football, car de nos jours, tout est question de compréhension du football et de la meilleure façon de gérer le jeu. L’’Afrique a prouvé qu’elle disposait d’arbitres de qualité. Vous avez vu comment nos sœurs se sont comportées à la Coupe du Monde. Nous pouvons donc être fiers de l’Afrique et nous devons remercier la CAF et nos fédérations pour les opportunités qu’elles nous ont offertes.

Quels sont les derniers obstacles au développement de la pratique pour les femmes arbitres sur le continent ? 

Je pense que le plus important est d’avoir plus de temps de jeu régulier, plus de confiance dans les femme-arbitres. Les opportunités sont là pour nous, plus nous travaillons dur, plus nous ouvrons de portes aux jeunes arbitres. Les structures de développement mises en place par la CAF sur le continent sont les mêmes que celles mises en place pour nos homologues masculins. Il s’agit donc de s’assurer que, lors de la transition, nous avançons au même rythme et que nous n’avons pas peur lorsqu’une occasion se présente.

LIRE AUSSI :   Abobo/Le Musée des cultures contemporaines Adama Toungara ouvre ses portes

Quelles sont les frustrations que vous rencontrez encore en tant que femme arbitre ? 

 Les gens remettront toujours en question votre existence en tant que femme-arbitre. Ils doutent de vos compétences et de vos capacités. Ils vous verront toujours comme un être inférieur. Mais pour moi, ce n’est pas vraiment une frustration, c’est une question d’ouverture d’esprit.

Le monde change et nous devons changer avec lui. Ne me jugez pas sur le fait que je suis une femme. Jugez-moi sur mes performances, car mon travail ne consiste pas à savoir si je suis une femme ou un homme, mais à obtenir de bonnes performances et des résultats.

Avez-vous un conseil à donner aux femmes arbitres en herbe sur le continent africain ?

Je leur dirai simplement de foncer, d’avoir confiance en leurs qualités, d’avoir confiance en leurs compétences, en leur personnalité, car personne ne peut être à leur place et c’est ce qui devrait être leur plus grand atout. Si elles veulent être le plus performant possible, qu’elles commencent dès maintenant à travailler dur et de s’assurer d’être toujours la personne qui travaille le plus dur dans la pièce.

Elles ne doivent jamais regarder par-dessus leur épaule, si elles veulent rivaliser avec quoi que ce soit ou avec qui que ce soit et de regarder simplement la personne dans le miroir. C’est leur plus grand concurrent, en regardant cette personne tous les jours et d’essayer d’être une meilleure version d’elles même tous les jours. Elles doivent   toujours avoir un plan et s’assurer qu’elles se sont améliorée.

LIRE AUSSI :   Grand-Bassam/Simone Gbagbo offre des vivres et non vivres à des sinistrés

Source : cafonline.com/fr/new avec afriquematin.net