Pdci-Rda/Quel avenir pour le parti dans le Haut-Sassandra et les instances décisionnelles ?

Par Brou François/afriquematin.net

La disparition tragique de cette icône laisse un grand vide dans le paysage politique ivoirien, au sein des instances dirigeantes du parti. Son engagement, son leadership et son influence locale posent désormais une question cruciale « que reste-t-il encore du Pdci-Rda dans le Haut-Sassandra ?

 Pilier du parti dans le Haut-Sassandra, une région historiquement fidèle au parti, le charisme de Léopoldine Tiézan Coffie et son travail de terrain en faisaient une personnalité incontestée, capable de mobiliser les militants et de négocier avec les autres forces politiques.

Malheureusement sa succession semble difficile, car aucune autorité ne semble, pour l’instant, avoir la même envergure pour unifier les différentes sensibilités du parti dans la région. Et comme le soulignait dans son allocution le jeudi dernier à la maison du Pdci-Rda, Emilienne Assa Bobi « dans sa région, son nom n’évoque pas seulement une responsable politique, il symbolise la proximité, l’écoute et l’action. Elle a œuvré inlassablement pour le renforcement de la cohésion sociale, la mobilisation des femmes rurales et la valorisation du leadership féminin local, concrétisé par la création du Réseau des femmes pour les actions affirmatives (RIFAA) ».

Sans une figure forte, le Pdci-Rda pourrait perdre du terrain face aux autres formations politiques, notamment le Rdr-Rhdp qui cherche à étendre son influence et son absence risque de démobiliser une base militante qui voyait en elle une représentante directe de leurs préoccupations.

 Le vice-président Gnamien Yao n’a-t-il pas ajouté dans son adresse que cette perte laisse le parti impuissant, « face à la mort de Léopoldine Tiézan Coffie, une compagne des luttes difficiles, une force de mobilisation qu’elle a toujours été, une voie de sagesse, un esprit de conciliation et de réconciliation, le Collège des vice-présidents tient à proclamer solennellement –qu’elle est unique-, une pièce unique et chacun de nous mesure à sa juste valeur ce que c’est que perdre une pièce unique ».

 Au niveau national, Léopoldine Tiézan Coffie jouait un rôle clé dans les négociations internes et les alliances politiques. Son décès prive le Pdci-Rda d’une voix influente dans les arènes décisionnelles. Elle était une médiatrice respectée entre son parti et ses partenaires politiques. Son absence pourrait profiter à d’autres courants au sein du parti, modifiant les rapports de force avant les prochaines échéances électorales.

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Connaissant ce parti septuagénaire, des barons locaux comme des anciens députés, des maires pourraient tenter de reprendre le flambeau, mais sans garantie de légitimité comparable. Certains militants plaident aussi pour un renouvellement générationnel, mais manquent encore de visibilité nationale.