Réseau de la presse du Conseil de l’Entente/Le président Assemian Richard Konin dénonce et appelle à une meilleure reconnaissance des professionnels des médias

 Entretien réalisé par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net.

Président du Réseau de la presse du Conseil de l’Entente (REPRES-CE), Assemian Richard Konin revient sur la genèse de la faitière, son rôle dans la promotion de l’institution et les ambitions portées par la Foire internationale du Conseil de l’Entente. Il interpelle également les responsables de l’institution sur la nécessité d’associer davantage les professionnels des médias aux grandes initiatives du Conseil de l’Entente.

 Pouvez-vous nous faire la genèse  de la création du Réseau de la presse du Conseil de l’Entente et quelle est sa motivation première ?

Le Réseau de la presse du Conseil de l’Entente existe depuis 2014, sous la mandature de Son Excellence le ministre Patrice Kouamé, alors Secrétaire exécutif de l’institution. Sa création répondait à une volonté de mieux accompagner la dynamique du Conseil de l’Entente et de donner davantage de visibilité à ses actions. C’est dans cet esprit qu’est également né le Bulletin Entente, un support interne d’information. Nous sommes également représentants-pays pour la distribution et la recherche d’annonceurs autour de ce canal.

La Foire internationale du Conseil de l’Entente constitue-t-elle l’un de vos projets majeurs ? Et où en est cette initiative ?

L’objectif a été présenté en 2019 au Secrétaire exécutif d’alors, le Ministre Patrice Kouamé, qui y avait manifesté un réel intérêt eu égard de la passivité et du manque de visibilité.  Il était donc nécessaire de créer un cadre permettant aux institutions, aux ministères, aux opérateurs économiques, aux artisans et aux différents acteurs de présenter leurs réalisations afin de bénéficier d’une meilleure visibilité. Cette suggestion avait reçu l’approbation en termes de principe, mais la crise sanitaire liée à la Covid-19 a malheureusement freiné sa mise en œuvre. Par la suite, son exécution a également été reportée.

« Le prochain Secrétaire exécutif devra, à notre sens, se pencher sur cette question. Nous sommes au siège, en Côte d’Ivoire, et nous devons être les premiers à appréhender et à relayer les enjeux de l’institution », martèle Richard Assemian.

En 2022, le responsable de la dernière équipe dirigeante de l’institution entente a de même salué l’initiative, tout en estimant que certains paramètres devaient être réexaminés pour garantir sa faisabilité. Malgré ces difficultés, nous n’avons jamais abandonné ni baissé les bras. Nous avons rencontré des responsables d’institutions, des acteurs économiques, des commerçants, des artisans et des opérateurs des pays membres, notamment de Côte d’Ivoire, du Togo, du Bénin, du Niger et du Burkina Faso. Beaucoup ont salué l’action.

Vous évoquiez cependant certaines difficultés dans la conduite de cette initiative

Depuis plusieurs années, nous avons adressé différents courriers aux responsables concernés, sans toujours recevoir de suite. Récemment, j’ai été reçu par le Secrétaire exécutif par intérim, Idy Ali, en présence de la directrice du Département Coopération et Développement, Mme Baro, pour l’informer de l’organisation d’une conférence de presse dans les locaux dudit organisme, malheureusement, la suite donnée à cette démarche nous laisse penser que les choses ne prennent pas nécessairement l’orientation que nous espérions.

Peut-on alors parler d’entraves aux activités du réseau ?

La situation révèle d’avantage d’un déficit de reconnaissance et d’implication du réseau et certaines structures. Alors même que celles-ci sont résolument engagées aux côtés du Conseil de l’Entente. Le REPRES-CE est constitué de journalistes professionnels et dispose de représentants dans les différents pays membres du Conseil de l’Entente.

Ce qui nous interpelle, c’est que lorsque de grandes rencontres sont organisées autour des questions liées à l’institution, nous ne sommes pas toujours associés aux échanges. Mais lorsqu’il s’agit de mobiliser l’opinion nationale ou internationale, on se souvient de l’existence des professionnels de la communication, nous estimons que cette situation ne doit plus perdurer. Le prochain Secrétaire exécutif devra, à notre sens, se pencher sur cette question. Nous sommes au siège, en Côte d’Ivoire, et nous devons être les premiers à appréhender et à relayer les enjeux de l’institution.

Revenons à la Foire, quel rôle joue-t-elle dans la dynamique du Conseil de l’Entente ?

La Foire est considérée comme un acquis, comme un outil de valorisation, elle doit permettre de montrer les valeurs, les compétences et les réalisations accumulées au fil des années dans l’espace du Conseil de l’Entente qui est l’historique de l’intégration sous-régionale. Les structures qui existent aujourd’hui dans cet espace doivent pouvoir démontrer leur savoir-faire, leurs réalisations et pour cela, la communication est essentielle. Le Réseau de la presse du Conseil de l’Entente a précisément vocation à contribuer à cette mise en lumière.

Quel bilan pouvez-vous faire des activités menées par le réseau ?

Nous avons essentiellement mené des activités de relais, notamment à travers des reportages et la couverture des grandes questions liées à l’institution, à sa création et à ses acquis. Nous avons cependant constaté, à travers un petit sondage auprès de différentes couches sociales, que beaucoup de citoyens connaissent encore très peu le Conseil de l’Entente. Cette situation nous a particulièrement interpellés lors de la célébration des 60 ans de l’institution. Des animateurs venus des différents pays membres, mais également de pays non membres, se sont interrogés sur l’absence d’un véritable cadre permettant de valoriser les initiatives, les savoir-faire et les potentialités de cet espace. C’est dans cette réflexion qu’est née l’idée de la Foire internationale du Conseil de l’Entente

Quel appel lancez-vous aux autorités ?

Nos pères fondateurs ne sont malheureusement plus là. Mais leur vision doit continuer à vivre. Je voudrais particulièrement m’adresser à nos autorités.  Bien vrai que l’institution soit autonome mais elle réside sur un terroir dont les retombés et agissements sont souvent à désirer et même qu’on qualifierait d’extrême. Au regard du discours du Président de la République SEM Alassane Ouattara, qui, dans son discours à la Nation du 6 août dernier, a évoqué « l’audace et l’esprit de créativité » de la jeunesse constituant un atout majeur pour créativité de richesse.

Si les ainés ont tracé les sillons, il appartient aux générations suivantes de les emprunter, se les approfondir et, à leur tour d’y apporter leur propre pierre car la véritable continuité ne consiste pas seulement à hériter d’une œuvre mais à la faire vivre à la valoriser et à l’enrichir pour les générations futures. Le REPRES-CE s’inscrit dans cette continuité. Nous souhaitons que cette nouvelle génération puisse pleinement jouer son rôle dans le rayonnement du Conseil de l’Entente.

Nous appelons donc les opérateurs économiques, les institutions et tous les acteurs concernés à s’engager afin de donner davantage de rayonnement, d’impact et de visibilité à l’espace du Conseil de l’Entente. L’Afrique doit être vue autrement, et le Réseau de la presse du Conseil de l’Entente entend prendre toute sa part dans cette dynamique.