Jeunesse africaine et souveraineté/Le phénomène des leaders panafricanistes face aux enjeux de l’impérialisme

Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net

 Depuis plusieurs années, une nouvelle génération de dirigeants africains, issus pour beaucoup de l’armée ou de mouvements panafricanistes, incarne une dynamique de rupture avec les puissances étrangères et les modèles de gouvernance hérités de la période post-indépendance. Cette mouvance, portée par des figures comme Ibrahim Traoré (Burkina Faso), Assimi Goïta (Mali), Abdourahamane Tiani (Niger), Brice Oligui Nguema (Gabon), Ousmane Sonko (Sénégal), Romuald Wadani (Bénin) suscite un écho particulier auprès d’une jeunesse en quête de souveraineté et de justice sociale.

Le général Brice Oligui Nguema a engagé une transition politique et promis des réformes institutionnelles.

 Les années 2020-2026 ont été marquées par une série de bouleversements politiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les coups d’État successifs au Mali (2020, 2021), au Burkina Faso (2022), au Niger (2023) et au Gabon (2023) ont porté au pouvoir des militaires qui ont rapidement pris leurs distances (!) avec la France et certains partenaires occidentaux, tout en se tournant vers de nouvelles alliances telles que la Russie, la Chine, la Turquie, pays du Golfe. Parallèlement, des figures civiles comme Ousmane Sonko au Sénégal ont incarné une contestation pacifique mais déterminée des élites en place et des accords jugés défavorables aux intérêts nationaux.

Assimi Goïta (Mali)

Colonel et président de la transition malienne depuis 2021, Assimi Goïta a conduit son pays vers une rupture avec la France et la communauté internationale sur plusieurs dossiers. Il a été l’un des initiateurs de l’AES et a renforcé la coopération avec la Russie, notamment sur le plan sécuritaire.

Ibrahim Traoré (Burkina Faso)

Ousmane Sonko a joué un rôle majeur dans l’alternance politique de 2024.

Arrivé au pouvoir en septembre 2022 à l’âge de 34 ans, le capitaine Ibrahim Traoré est devenu l’une des figures les plus emblématiques de cette nouvelle génération. Il a engagé une politique de souveraineté assumée, notamment le retrait de la force française Barkhane, rapprochement avec la Russie, création de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Niger, et discours résolument panafricaniste. Son style direct, son jeune âge et sa proximité affichée avec la jeunesse lui ont valu une popularité importante, tant au Burkina Faso que dans d’autres pays africains.

Abdourahamane Tiani (Niger)

Arrivé au pouvoir en juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani a fait également de son pays, un acteur central de l’AES. Il a obtenu le retrait des troupes françaises et américaines, et a réorienté les partenariats du pays vers la Russie, l’Iran et la Turquie. Le Niger est devenu un symbole de la résistance aux pressions de la Cédéao et des puissances occidentales.

Brice Oligui Nguema (Gabon)

Romuald Wadagni s’impose au fil du temps comme l’un des présidents les plus en vue du continent africain.

Le général Brice Oligui Nguema a pris le pouvoir en août 2023, mettant fin à plus de cinquante ans de règne de la famille Bongo. Il a engagé une transition politique et promis des réformes institutionnelles. Son positionnement reste plus modéré que celui des dirigeants sahéliens, mais il s’inscrit dans une dynamique de renouveau et de souveraineté.

Ousmane Sonko (Sénégal)

Figure de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko a incarné une contestation populaire et pacifique contre le régime de Macky Sall. Arrêté, emprisonné, puis libéré, il a joué un rôle majeur dans l’alternance politique de 2024. Son discours panafricaniste, anti-impérialiste et proche des préoccupations de la jeunesse consciente.

Discret mais influente, Romuald Wadagni du Bénin s’impose au fil du temps comme l’un des présidents les plus en vue du continent africain. Ministre de l’Économie et des Finances du Bénin depuis 2016, il est aujourd’hui l’un des principaux artisans de la transformation économique du pays.