Détournement à la Dgi/Les précisions de l’administration fiscale

Par Yann Dominique N’guessan avec sercom

Un vent de panique et de stupeur a soufflé, hier vendredi 24 juillet 2026, sur la Direction générale des Impôts (DGI). La haute hiérarchie de l’administration fiscale a découvert, par le biais d’un article de presse, l’existence d’une plainte déposée à son encontre. Le Syndicat des Agents des Impôts (SAGI) a en effet saisi le Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) pour un présumé détournement de deniers publics d’une ampleur considérable portant sur la faramineuse somme de plus de trente-neuf (39) milliards de francs CFA.

Selon les informations rapportées par les services de la DGI, confirmées par des sources syndicales, la plainte a été officiellement enregistrée au PPEF il y a plusieurs jours. Cependant, c’est la publication de l’article dans le média en ligne « Enquête Média » qui a brutalement mis les projecteurs sur cette affaire, prenant de court les responsables de la DGI.

« Nous avons appris l’existence de cette plainte en même temps que le grand public,», a confié un haut cadre de l’administration financière sous couvert d’anonymat.  C’est une totale surprise. Aucune information officielle ne nous était parvenue du PPEF ou du syndicat avant cette publication. Le Directeur général des Impôts s’étonne qu’un agent de l’Administration fiscale, placé sous serment mais se mettant sous la couverture syndicale, s’autorise à faire publier dans la presse de telles informations », ajoute-t-il,

Par ailleurs, le Directeur général des Impôts note un traitement déséquilibré de l’information par le média. En effet, alors que les règles d’éthique et de déontologie de la profession de journaliste commandent qu’en pareille circonstance toutes les parties soient entendues, les auteurs de la publication n’ont pas daigné solliciter la Direction générale des Impôts pour connaître sa version des faits. Ce qui constitue un grave manquement et amène à s’interroger sur les intentions réelles des auteurs de cet article et de leurs commanditaires.

  Dans cet article, le Secrétaire général national du SAGI, Konan Kouassi Antoine indique « que le mode opératoire identifié repose sur l’usurpation de la signature électronique du Directeur général des Impôts par de hauts cadres et directeurs de cette Administration et met en cause le Directeur général accusé d’inaction, de protection suspecte des auteurs, favorisant ainsi un climat d’impunité ».

La réaction de la Direction générale des Impôts ne s’est pas fait attendre et a exprimé sa « stupéfaction et son indignation face à des allégations aussi graves, qui a toujours œuvré dans la transparence et la rigueur, n’a pas été informée de cette plainte par les voies officielles habituelles. Elle déplore que le syndicat ait choisi la voie médiatique plutôt que le dialogue interne », rapporte la source.

De tels propos, si ce n’est que pour jeter le discrédit sur la Direction générale des Impôts qui est une Administration responsable, ne mériteraient aucune réaction. Cependant, la volonté de nuire étant manifeste, elle se doit d’apporter les précisions et éclairages suivants.

En ce qui concerne la présumée usurpation de sa signature électronique, le premier responsable de l’administration financière ivoirienne Ouattara Sié Abou tient à préciser « qu’il ne dispose d’aucune signature électronique et ne procède à aucun dégrèvement conformément aux règles établies en la matière. Les détenteurs de signatures électroniques – sont des Directeurs centraux dûment désignés, les Directeurs régionaux et les Chefs de Centre des Impôts. En somme, il s’agit des responsables de service qui ont la gestion quotidienne des contribuables et qui délivrent certains actes administratifs notamment les attestations de régularité de situation fiscale (ARF), les attestations d’exonération, les certificats d’imposition et les certificats de non-imposition. Cette information, Monsieur Konan Kouassi Antoine, agent de la DGI et de surcroit Ingénieur informaticien, devrait l’avoir au lieu d’exposer au grand jour ses insuffisances Par quelle alchimie serait-il possible de falsifier ou d’usurper une signature électronique qui n’existe pas ?», a-t-il précisé.

La source ajoute que « même si le Directeur général des Impôts disposait d’une telle signature électronique, il ne procède à aucun dégrèvement ; cette tâche étant dévolue aux responsables des services gestionnaires », rapporte-t-elle.

 A cela, il convient de prendre l’opinion publique à témoin que c’est bien l’Administration fiscale elle-même par le biais de son Inspection générale, mise en mission par le Directeur général, qui a révélé les anomalies alléguées ; ce qui est une marque de transparence et s’inscrit dans la volonté affichée de lutter contre les actes de corruption et de prévarication. Toutefois, ces questions qui peuvent avoir des implications judiciaires, exigent des investigations poussées afin de situer les responsabilités.

Il est d’ailleurs surprenant que le responsable du syndicat susmentionné ait saisi le Ministre et sans même attendre que les différentes enquêtes diligentées par Monsieur le Directeur général aboutissent, se précipite pour saisir la Justice, ouvrant également la voie à des supputations malveillantes sur les réseaux sociaux.

Sur cette base, le Directeur général se réserve la latitude d’user de toutes les voies de droit à l’encontre des personnes qui portent atteinte à son honorabilité et à celle de l’Administration fiscale. La DGI a néanmoins assuré qu’elle « coopérera pleinement avec la justice pour faire toute la lumière sur ces accusations ». Elle a également annoncé l’ouverture d’une enquête administrative interne pour identifier d’éventuelles failles dans ses procédures de contrôle.