Bouaké-célébration du 80ème anniversaire du Pdci-Rda/ Pour un réveil du parti dans le Royaume Baoulé

Une contribution de Djédri N’Goran*

L’effervescence gagne la capitale de la région du Gbêkê et du District de la Vallée du Bandama, et pour cause, la deuxième ville du pays s’apprête à vibrer au rythme de l’histoire. Ce n’est pas un hasard si les organisateurs ont choisi ce lieu, le cœur historique du Royaume Baoulé pour souffler ses huit décennies d’existence.

À quelques jours de la célébration du quatre-vingtième anniversaire du Pdci-Rda à Bouaké, dans le District de la Vallée du Bandama, au cœur historique du Royaume Baoulé, l’actualité politique qui domine notre grand Parti nous impose un devoir de vérité, de mémoire et de responsabilité. Cette célébration, qui devrait être un moment de fierté collective pour tous les militants, intervient dans un contexte particulier, marqué par l’échec collectif de l’année 2025 avec la perte de plusieurs sièges aux élections législatives. Pour beaucoup de militants, cette situation a provoqué une profonde désillusion.

Pour d’autres, elle a suscité de nombreuses interrogations sur notre capacité à préserver l’héritage reçu des pionniers et à préparer efficacement l’avenir. Mais pour tous, elle doit constituer une occasion de réflexion profonde. Car l’histoire du Pdci-Rda nous enseigne qu’aucune crise n’est insurmontable lorsque la lucidité, la discipline et l’unité prennent le dessus sur les passions, les divisions et les calculs individuels. C’est précisément dans cet esprit que je souhaite rappeler aujourd’hui les enseignements d’un moment essentiel de notre histoire récente : la réunion du Bureau politique du 2 juin 2012 à la Maison du Parti à Cocody, présidée par le Président Henri Konan Bédié.

L’existence d’un échec collectif reconnu

Ce jour-là, les plus hautes instances du Parti s’étaient réunies pour analyser les résultats de l’élection présidentielle de 2010, des élections législatives qui avaient suivi, le fonctionnement du Rhdp groupement politique ainsi que la situation politique nationale. L’objectif était clair : comprendre les raisons des difficultés rencontrées et identifier les voies et moyens permettant au Pdci-Rda de retrouver toute sa place dans le paysage politique ivoirien. Quinze années plus tard, force est de constater que plusieurs constats dressés à l’époque demeurent d’une troublante actualité. Les mêmes interrogations reviennent. Les mêmes fragilités apparaissent. Les mêmes défis se présentent à nous, comme si l’histoire nous offrait une nouvelle occasion de comprendre ce que nous n’avons pas suffisamment retenu.

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Le Vice-président note que la longévité du Pdci-Rda constitue une force et une responsabilité.

Dans son humilité et sa grandeur d’homme d’État, le Président Henri Konan Bédié avait reconnu l’existence d’un échec collectif et avait invité le Parti à une introspection profonde. Il avait évoqué les insuffisances, les défaillances des organes spécialisés, les difficultés rencontrées par l’UFPDCI et la JPDCI, le manque d’efficacité des délégations départementales et communales, la faiblesse des comités de base et des sections ainsi que les faiblesses observées dans les bureaux de vote.

Quinze ans plus tard, comment ne pas constater que ces mots résonnent encore dans notre conscience collective ? Mais le génie politique de Bédié résidait dans sa capacité à transformer un constat d’échec en projet de renaissance. Cette leçon demeure fondamentale. Les grandes formations politiques ne meurent pas de leurs défaites électorales ; elles meurent lorsqu’elles refusent d’apprendre de leurs défaites.

Le Pdci-Rda possède cependant un avantage considérable que peu de partis africains peuvent revendiquer : sa mémoire. Depuis sa création en 1946, le Parti a traversé les périodes coloniales, conduit le combat pour l’émancipation politique, accompagné l’accession à l’indépendance, construit l’État moderne ivoirien, connu l’exercice du pouvoir pendant plusieurs décennies, survécu au coup d’État de 1999 et traversé les crises politiques successives.

Corriger les insuffisances

Cette longévité exceptionnelle constitue à la fois une force et une responsabilité. La grandeur du passé ne dispense jamais de l’effort d’adaptation. Notre souveraineté politique ne se marchande pas. Elle est historique. Elle a été écrite par de belles pages de la République, par le sacrifice de générations de militants et par les combats menés pour la dignité de notre peuple. C’est pourquoi nous devons croire en nous-mêmes et en nos propres capacités de redressement.

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La Vallée du Bandama n’est pas une région comme les autres. Le Royaume Baoulé n’est pas une terre comme les autres. Si le Pdci-Rda est né dans l’Indénié, il a incontestablement trouvé dans le peuple baoulé l’un de ses plus puissants leviers d’expansion, de consolidation et de rayonnement national. L’échec des législatives dans le Gbêkê doit être analysé avec lucidité. Sur un total de treize sièges à pourvoir, le Pdci-Rda n’en a remporté que quatre, notamment à Béoumi, Djébonoua et Sakassou. Nous avons perdu dans plusieurs localités importantes, notamment à Bouaké, Brobo, Diabo, Botro et Bodokro.

Ce résultat doit nous interpeller, mais il ne doit pas nous décourager. Il doit plutôt nous pousser à corriger nos insuffisances, à renforcer notre organisation et à préparer efficacement les prochaines échéances municipales et régionales. Nous n’avons pas besoin d’une alliance pour corriger nos erreurs. Nous avons en nous les ressources humaines, les compétences, l’expérience politique et l’ancrage territorial nécessaires pour rebondir durablement.

Le Pdci-Rda a les moyens de remporter toutes les élections dans le Gbêkê, pourvu que nous demeurions unis, solidaires et disciplinés. L’histoire du Parti est également celle de générations de jeunes qui ont porté les combats du changement, de la démocratie et du développement. Aujourd’hui, l’UFPDCI et la JPDCI doivent redevenir les fers de lance de la mobilisation militante et de la reconquête politique.

Un lendemain prometteur

À l’approche de 2030, le défi principal du Pdci-Rda est moins idéologique qu’organisationnel. Le Parti dispose d’une histoire, d’un héritage, de cadres compétents, d’un ancrage territorial réel et d’une mémoire politique unique. Ces atouts doivent désormais être transformés en capacité d’action. À quelques jours des festivités de Bouaké, chacun doit comprendre que les 80 ans du Pdci-Rda ne constituent pas seulement une célébration du passé. Ils représentent un engagement envers l’avenir. Ils sont un appel à la discipline, à l’unité, à la responsabilité et à la reconquête.

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Chers militants, l’histoire nous regarde. La mémoire d’Houphouët-Boigny nous interpelle. L’exemple de Bédié nous éclaire. La Côte d’Ivoire nous attend. Que Bouaké soit le point de départ d’un nouveau cycle. Que la discipline redevienne notre règle. Que l’unité redevienne notre force. Que la mémoire redevienne notre boussole.

Car les partis qui oublient leur histoire disparaissent. Mais ceux qui savent transformer leur mémoire en action écrivent toujours les plus belles pages de leur avenir. L’espérance est devant nous. Le lendemain peut être prometteur, à condition de croire en notre destin collectif et de nous remettre au travail avec humilité, courage et détermination.

Vive le Pdci-Rda!

Vive l’héritage houphouëtiste !

Vive le Royaume Baoulé, cœur battant de la fidélité militante !

Vive la Côte d’Ivoire unie, démocratique, réconciliée et prospère !

*Vice- président du Pdci-Rda