Afrique subsaharienne/Bassolma Bazié, Abdoulaye Diop, Ousmane Sonko, ces élites africaines qui lui redonnent ses lettres de noblesse

Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net

Entre défis sécuritaires, aspirations démocratiques et quête de souveraineté économique, et une nouvelle génération de leaders émerge, l’Afrique subsaharienne traverse une période charnière. Loin des clichés et des discours convenus, trois hommes se distinguent par leur rigueur, leur patriotisme et leur vision panafricaniste, Bassolma Bazié (Burkina Faso), Abdoulaye Diop (Mali) et Ousmane Sonko (Sénégal). Ils représentent cette élite africaine qui fait honneur au continent en plaçant l’intérêt des peuples au cœur de l’action publique.

Actuel Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, est une figure singulière. Ancien secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la recherche (SYNTER), il incarne une certaine idée de la probité. Connu pour son franc-parler et sa lutte acharnée contre la corruption, le syndicaliste intègre devenu gardien de la souveraineté a gravi les échelons sans jamais trahir ses convictions. Son entrée au gouvernement, sous la transition du Capitaine Ibrahim Traoré, a surpris par sa cohérence.

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop est l’un des diplomates les plus respectés du continent.

Homme de terrain, proche des réalités des travailleurs, propulsé à un poste stratégique et à la tête de son ministère, il a initié des réformes visant à assainir la gestion des ressources humaines de l’État. Il s’est attaqué aux « fonctionnaires fantômes », aux cumuls abusifs et aux privilèges indus. Son combat pour la transparence et la justice sociale en fait une voix respectée, même par ses détracteurs. Dans un contexte où la jeunesse africaine aspire à des dirigeants exemplaires, Bassolma Bazié incarne une forme de leadership sobre, intègre et résolument tourné vers l’intérêt général. Il prouve qu’il est possible de servir l’État sans s’enrichir.

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Artisan de la refondation, Abdoulaye Diop, le  ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, est l’un des diplomates les plus respectés du continent. Sa longévité et sa constance dans un contexte géopolitique explosif forcent l’admiration. Depuis le début de la transition malienne en 2020, Diop est le visage de la diplomatie malienne sur la scène internationale. Il a su défendre avec une fermeté inébranlable la souveraineté de son pays face aux pressions de la Cédéao, de l’Union européenne et de l’Onu. Sans jamais céder à la provocation, il a porté la voix d’un Mali libre de ses choix.

Sous son impulsion, le Mali a diversifié ses partenariats, se tournant résolument vers la Russie, la Chine et la Turquie, tout en maintenant des canaux de dialogue avec l’Occident. Cette « diplomatie d’équilibre » est saluée par de nombreux pays africains qui y voient une voie possible pour sortir de la dépendance historique. Diplomate de carrière, Abdoulaye Diop incarne la rigueur intellectuelle et la maîtrise des dossiers.

Ousmane Sonko est l’homme qui a bousculé le paysage politique sénégalais

Ousmane Sonko est l’homme qui a bousculé le paysage politique sénégalais. Ancien inspecteur des impôts devenu leader du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), incarne aujourd’hui, en tant l’espoir d’une génération assoiffée de justice et de souveraineté. Le franc-parler, parfois jugé brutal, de l’ancien premier ministre du gouvernement Diomaye Faye est devenu sa marque de fabrique et le symbole d’une rupture assumée avec l’ancien régime.

 En 2014, le Pastef, se positionne d’emblée comme un mouvement antisystème. Son discours, centré sur la lutte contre la corruption, la souveraineté économique et la refonte des institutions, séduit une jeunesse urbaine et rurale désabusée par les promesses non tenues de la classe politique.

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Ce qui distingue Ousmane Sonko de ses pairs, c’est son refus catégorique de la langue de bois. Il parle cru, dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, et ne recule devant aucune confrontation.  Il a popularisé l’expression « forces de l’ombre » pour désigner les réseaux d’influence qu’il accuse de verrouiller le système économique et politique sénégalais. Ses sorties médiatiques, souvent virales, dénoncent le « pillage des ressources nationales » et appellent à une « libération économique ».