Daloa : le SYNAPCI annonce une grève à partir du 16 septembre sur le prix et les stocks de cacao

Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquematin.net

Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI) a annoncé une grève à compter du 16 septembre 2026, à l’issue d’une concertation nationale tenue le 13 septembre à Daloa. Les responsables et délégués régionaux de l’organisation ont notamment évoqué le prix de 1 200 FCFA le kilogramme et la présence de stocks résiduels de cacao issus de la campagne 2025-2026.

Des représentants du SYNAPCI venus de plusieurs régions productrices ont participé à cette rencontre consacrée à la situation de la filière et aux difficultés rencontrées par les producteurs. Selon le président du syndicat, Koné Moussa, cette concertation avait pour objectif de recueillir les préoccupations exprimées dans les différentes zones de production et d’arrêter une position commune sur les principales difficultés rencontrées par les planteurs.

Au cours des échanges, plusieurs délégués ont fait état de stocks de cacao issus de la campagne 2025-2026 qui seraient encore disponibles dans certaines plantations et certains magasins. Pour le SYNAPCI, ces stocks non écoulés constituent une difficulté pour les producteurs concernés, qui disent rencontrer des problèmes de trésorerie en raison du retard dans la commercialisation de leur production.

La période de rentrée scolaire a également été évoquée lors de la concertation. Des producteurs ont fait part de difficultés à faire face aux dépenses liées à la scolarité, aux fournitures scolaires et aux charges courantes des ménages. Le syndicat estime ainsi que les difficultés de la filière ne concernent pas uniquement la production, mais également les conditions de commercialisation et le revenu effectivement perçu par les producteurs.

À l’issue de la rencontre, les délégués ont réaffirmé leur soutien à la direction du SYNAPCI et leur adhésion au préavis de grève annoncé par l’organisation. Le syndicat formule notamment deux principales revendications. Il demande, d’une part, le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, dont la gestion est contestée par ses responsables. D’autre part, il réclame une amélioration du prix du cacao et indique que ses membres pourraient suspendre la commercialisation de leurs produits si leurs revendications n’étaient pas prises en compte.

Koné Moussa a par ailleurs précisé que la démarche du SYNAPCI ne visait pas l’État, mais s’inscrivait, selon lui, dans la mission de représentation et de défense des intérêts des producteurs. À l’issue de la concertation de Daloa, le SYNAPCI a annoncé l’entrée en vigueur de son mot d’ordre de grève à partir du 16 septembre 2026, sous réserve de l’évolution de la situation et d’éventuelles réponses aux revendications formulées.

Le mouvement annoncé intervient alors que la filière demeure confrontée à plusieurs préoccupations liées notamment à la commercialisation de la production et aux revenus des producteurs. Le Conseil du Café-Cacao, le ministère de l’Agriculture et les autres acteurs concernés sont ainsi appelés à se prononcer sur les revendications portées par le syndicat. La suite du mouvement dépendra notamment des éventuelles discussions entre les représentants des producteurs et les autorités compétentes.