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Yopougon/Plusieurs familles déguerpies attendent justice

Par Yann Dominique N’guessan/afriquematin.net

 La salle d’audience du Tribunal de première instance de cette commune était bondée de monde le jeudi 16 avril dernier. Et pour cause, plus d’une centaine de familles, victimes d’un déguerpissement, attendent que justice soit rendue face au District d’Abidjan.

 Situés dans la commune de Yopougon, la cité Eden, Yopougon gesco, le quartier Pays-Bas et autres dits populaires ont été marqués par une opération de déguerpissement tous azimuts en 2024. Deux ans plus tard, les habitants de ces agglomérations réclament justices et indemnisation.

Comme dans un conte de fée, ces familles vivaient paisiblement dans des maisons acquises en toute légalité, au prix de multiples sacrifices. Jusqu’au jour fatidique où les pouvoirs publics, au nom du développement, ont procédé à leur déguerpissement. Des pelleteuses et autres machines ont tout détruit sur leur passage, laissant derrière elles larmes, tristesse et désolation. Depuis, c’est la grande errance de certains membres de familles.

Face à ces milliers de personnes présentes, propriétaires, l’autorité judiciaire en charges du dossier a rappelé ce jour, qu’il jugeait une affaire opposant des familles désormais démunies au District d’Abidjan. Et selon l’information fournie par une victime, le District ne s’est pas fait représenter à l’audience, car « son avocat se contentant de laisser une correspondance au tribunal ». Cette absence constatée a conduit le juge à ouvrir une enquête, ainsi, les deux conseils seront entendus et chacun pourra réagir aux différentes communications de l’autre, indique notre source. Une procédure contradictoire qui permettra au magistrat de prendre sa décision en toute connaissance de cause.

Après plusieurs heures d’attente et quelques minutes d’explication de la procédure par le juge, l’audience a été renvoyée au 21 mai 2026 pour le verdict. Une décision que les familles démunies attendent depuis longtemps pour mettre fin à leur exode et espérer retrouver une vie normale.

A noter que cette opération a soulevé des questions sur l’équilibre entre développement urbain et protection des plus vulnérables, une approche plus inclusive pourrait éviter des tensions futures.

 

 

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