Par Franck Elisé Bouabré, correspondant Afriquematin.net
Le Syndicat national du groupement des exploitants des petites mines et acheteurs d’or et de diamants de Côte d’Ivoire (SYN-PMACI) poursuit sa campagne nationale de sensibilisation en faveur d’une meilleure déclaration de la production minière. Après plusieurs étapes à travers le pays, la délégation du syndicat a fait escale à Daloa, le vendredi 19 juin 2026, pour échanger avec les acteurs du secteur minier du Haut-Sassandra.
La rencontre, organisée dans la salle de réunion de la préfecture de Daloa autour du thème « Déclarons nos productions », a réuni autorités administratives, chefs coutumiers et exploitants miniers artisanaux et semi-industriels.
À cette occasion, le président du SYN-PMACI, Bamba Zakary, a tiré la sonnette d’alarme sur la faiblesse des déclarations officielles de la production aurifère. Selon lui, seulement 977 kilogrammes d’or ont été déclarés en 2025, alors que la production réelle du pays est estimée à près de 143 tonnes.
« Le constat est défavorable », a regretté le responsable syndical, soulignant que cet écart représenterait un manque à gagner estimé à environ 7 000 milliards de francs CFA pour l’économie ivoirienne.
Pour le SYN-PMACI, la déclaration de la production minière constitue non seulement une obligation réglementaire, mais également un acte citoyen contribuant à la transparence, à la crédibilité des acteurs et au développement économique du pays. Le syndicat ambitionne ainsi d’atteindre au moins deux tonnes d’or officiellement déclarées d’ici à la fin de l’année 2026.
Présent à la rencontre, le secrétaire général de préfecture, Yaya Bamba, a salué cette initiative de sensibilisation et encouragé les acteurs du secteur à adhérer aux mécanismes de formalisation mis en place par les autorités.
Dans le cadre de cette stratégie, plusieurs mesures ont été annoncées, notamment l’ouverture prochaine d’un bureau d’achat agréé à Daloa, la création d’une section locale du SYN-PMACI ainsi que la mise en place d’un comité technique chargé de l’encadrement des exploitants.
Selon les responsables du syndicat, ces actions devraient permettre de rapprocher les opérateurs des circuits formels de commercialisation, d’améliorer la traçabilité de l’or produit et de renforcer l’organisation du secteur.
Malgré ces perspectives, plusieurs défis demeurent. Les participants ont notamment évoqué la persistance de l’informalité, le manque d’encadrement technique, l’insécurité sur certains sites d’exploitation ainsi que les difficultés d’accès aux marchés officiels.
Les préoccupations environnementales ont également été abordées au cours des échanges. Sur ce point, Bamba Zakary a assuré que les exploitations autorisées sont soumises au respect des normes environnementales en vigueur. Il a toutefois reconnu la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de sensibilisation afin de promouvoir une exploitation minière durable.
Dotée d’un important potentiel minier, la région du Haut-Sassandra ne compte actuellement qu’une douzaine d’autorisations légales d’exploitation artisanale et semi-industrielle. Une situation qui illustre, selon les acteurs du secteur, les efforts restant à accomplir pour formaliser davantage l’activité minière et optimiser sa contribution au développement local et national.
La tournée nationale du SYN-PMACI, lancée le 4 mai 2026, se poursuit dans plusieurs régions du pays avec pour objectif de promouvoir une exploitation minière plus transparente et mieux intégrée à l’économie formelle.

