Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net
Dans le paysage sportif ivoirien, deux disciplines qui ont longtemps fait vibrer les stades et les rings semblent aujourd’hui frappées d’un étrange silence. La boxe et l’athlétisme, autrefois piliers du sport national, peinent à se faire entendre.
La Côte d’Ivoire a produit des boxeurs de renommée continentale et mondiale, notamment Séa Robinson, Augustin N’gou, Mobio Béssé David Thio, Khaled Zorkot et autres ont marqué l’histoire. Les rings d’Abidjan notamment au Palais des Sports de Treichville ont vu s’affronter les plus grands et la boxe ivoirienne était une fierté nationale.
Depuis plusieurs années, la Fédération Ivoirienne de Boxe (FIB) tend à disparaitre, plus de compétitions locales organisées, plus de détection de jeunes talents, et surtout, aucune participation aux compétitions internationales depuis plusieurs éditions.
Même si une fédération légitime existait, les défis seraient immenses, consécutifs aux manques d’infrastructures qui sont à mon avis devenues vétustes, des salles d’entraînement historiques sont en ruine ou réaffectées à d’autres usages. Ajoutés à ceux-ci l’absence de professionnalisation, car les boxeurs ivoiriens sont souvent des amateurs contraints de se tourner vers d’autres métiers pour survivre, faute de bourses et de sponsors.
Concernant l’athlétisme ivoirien, il est devenu un géant endormi, la Côte d’Ivoire a toujours eu un vivier de sprinteurs et de sauteurs prometteurs. Les récents exploits de Marie-Josée Ta Lou et de Murielle Ahouré, sans oublier Gabriel Tiaco ont redonné un coup de projecteur sur la discipline. Mais ces succès individuels masquent une réalité plus sombre, la Fédération Ivoirienne d’Athlétisme (FIA) est en état de léthargie.
Cette institution a connu une succession de présidents et de comités directeurs, souvent dissous pour cause de mauvaise gestion ou de conflits d’intérêts, aucun calendrier annuel de compétitions nationales, même les championnats régionaux ou interclubs. Les athlètes ne peuvent donc pas se jauger et se qualifier selon les normes internationales, les talents ne sont plus détectés faute de staff technique déployé sur le terrain. Alors que le football et le rugby monopolisent les projecteurs, les amateurs de ces disciplines s’interrogent « que sont devenues leurs fédérations ? » Entre crises de gouvernance, conflits de légitimité et manque de moyens, plongée dans les coulisses d’un sport ivoirien à deux vitesses.

