Révélations sur le décès du Cheick Boikary Fofana

Cheick Boikary Fofana était un grand guide religieux.
Chris Yapi tient à saluer la mémoire de ce grand homme, du grand serviteur de l’Islam que fut Cheick Boikary Fofana. Figure centrale de l’Islam ivoirien, il a eu un destin singulier qui l’a conduit de son statut d’employé de banque dans les années 70-80, au sommet de la hiérarchie de la communauté musulmane de Côte d’Ivoire. À Dieu appartient le destin de tout un chacun.

Tous les Ivoiriens savent à quel point la promotion de l’Islam était au centre de sa vie et le cœur de son combat. Ceux qui le connaissent savent que ce pieux guide religieux était réputé pour son courage. Qui ne se souvient de sa prise de parole devant le Général Guéï, lorsqu’il dénonça publiquement les exactions dont ses coreligionnaires étaient l’objet sous la junte ? Cette prise de parole osée fut un tournant. Ses fidèles avaient désormais trouvé leur guide.
Menacé par la junte militaire, ses fidèles lui conseillèrent l’exil aux États-Unis. C’est à la faveur de la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou, qu’il a fait son retour remarqué en Côte d’Ivoire.

Cheick Boikary Fofana était connu pour être l’un des proches du Président Alassane Ouattara, pour ne pas dire qu’il était l’un de ses soutiens les plus fermes. Il a toujours vu dans les brimades contre ADO au nom de l’ivoirité, des outrages contre les nordistes et les musulmans. Cheick Boikary a donc été un allié précieux pour ADO auprès de la communauté musulmane. ADO n’a jamais manqué l’occasion d’utiliser abusivement l’aura de ce guide religieux très écouté pour sa politique et son accession au pouvoir. Et c’est peu dire.

Par la suite, ADO l’utilisa souvent comme témoin et négociateur, n’hésitant pas à l’envoyer au charbon à Bouaké, quand il y a eu des mutineries, pour tenter de raisonner les soldats. Le Cheick y passa un moment désagréable face aux jeunes soldats surexcités. Ses collaborateurs s’en souviennent.
ADO l’a à plusieurs reprises envoyé comme émissaire auprès des cadres nordistes ou musulmans influents, qui nourrissaient des griefs contre lui, afin que ces derniers ne lui retirent leur soutien et ne se désolidarisent de lui. Loin de vouloir polémiquer, c’est d’ailleurs l’une de ces missions qui lui a été fatale.

En fait, le Cheick souffrait de diabète depuis plusieurs années et cela était connu de bon nombre de personnes.
Mais malgré cela, le Président Ouattara le sollicitait encore au détriment de sa santé.
Ainsi, il lui a récemment demandé de venir s’impliquer dans les négociations avec le Ministre Mabri Toikeusse qui étalait ses divergences avec le RHDP et menaçait de quitter la coalition gouvernementale. Comme Mabri Toikeusse est un musulman pratiquant et dévoué, ADO comptait sur le Cheick Fofana pour le faire fléchir, au nom du devoir des musulmans de se soutenir entre eux.

En cette période de Covid-19, où les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, les diabétiques et les celles en surpoids sont particulièrement fragilisées, le Cheick a été contraint par ADO de venir être témoin des promesses qu’il voulait faire à Mabri.
C’était donc ce témoignage (SERIYAH) devant Dieu, que le Cheick Aïma devait prendre en face d’ADO, Hamed Bakayoko et Mabri Toikeusse. Cela ne vous rappelle pas une autre promesse dont le Cheick fut témoin entre ADO et un homme politique déclaré à la prochaine présidentielle ?

De son vivant, certains conseillers du Cheick lui disaient de moins s’afficher et s’impliquer dans les dossiers politiques. Pour eux, il fallait qu’il demeure uniquement sur le terrain religieux, car l’islam est pour tous les partis politiques.

Mais, le Cheick avait comme un faible pour le Président Ouattara à qui il ne pouvait rien refuser. Selon les témoignages recueillis auprès des membres de son entourage, c’est au sortir de cette mission effectuée pour le Président Alassane Ouattara, que le Cheick est tombé malade quelques temps après. On cru d’abord que c’était un palu passager. Transporté à la polyclinique Farah, il fut diagnostiqué positif au Covid-19. Il resta hospitalisé plusieurs jours dans cette clinique et, après un coma de trois jours, il a rendu son âme au Seigneur.

Cette mort inattendue interroge certains fidèles :
Le grand Cheick Aïma Boikary ne méritait-il pas une plus grande reconnaissance de la part d’ADO, eu égard à la dévotion qu’il lui portait ?
Pourquoi le Président Ouattara ne l’a-t-il pas fait évacuer en France ou, au minimum, au Maroc pour le soigner ?
Surtout que l’on se souvient de cet autre grand guide Idriss Koudouss, proche de l’ancien Président Laurent Gbagbo qui a bénéficié d’une évacuation sanitaire en France dans des circonstances moindres ?
N’a-t-on pas vu le Président Ouattara évacuer son Premier ministre avec sa famille au Maroc, ensuite en France ?

Un témoin au comble de la douleur a même confié à Chris Yapi : « si c’était son frère Ibrahim (Photocopie) qui était contaminé, est-ce que c’est à Farah qu’on allait le laisser hospitalisé pendant deux semaines ? »
Le Cheick Boikary était-il moins méritant ?

Toujours est-il que les fidèles musulmans meurtris pleureront longtemps leur guide.
Pour le moment, les tractations ont cours sur le lieu de son inhumation. Certains proposent qu’il soit inhumé au sein de sa mosquée d’Aghien, où il a officié pendant près de trente ans comme Imam principal. D’autres veulent qu’il soit inhumé au côté de feu le Grand Imam Tidiane Ba, à la grande mosquée de la Riviera Golf. Les membres du COSIM dont il était le Président trancheront.

Paix à l’âme de ce grand homme de foi.
Adieu Cheick Aïma Boikary Fofana que la terre te soit légère et de la haut, continue à prier pour la Côte d’Ivoire.

Publié pour Chris Yapi

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