Guillaume Ahi
Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) entend placer la décentralisation et le développement local au cœur de sa vision de transformation de la Côte d’Ivoire. C’est le message porté ce mardi 18 août 2026 par Ouallo Jean-Luc, Secrétaire général adjoint (SGA) du PPA-CI chargé du pilier « Décentralisation et Développement local », lors d’une conférence de presse consacrée au sixième pilier du « Pacte social » du parti.
Devant les professionnels des médias et les invités, le responsable du PPA-CI a présenté les grandes orientations de cette vision, qui vise à faire de la décentralisation un véritable instrument de proximité, de développement et de transformation des territoires. Le « Pacte social » est présenté par le parti comme un projet politique et de transformation nationale porté par son référent politique, Laurent Gbagbo.
Pour une décentralisation au-delà du simple cadre administratif
Dans son exposé, Ouallo Jean-Luc a insisté sur la nécessité de dépasser une conception limitée de la décentralisation. Pour lui, le transfert de compétences aux collectivités territoriales ne peut être efficace si celles-ci ne disposent pas des moyens nécessaires pour les exercer.Le PPA-CI défend ainsi un principe central : « Aucune compétence sans ressources correspondantes. » Selon cette approche, tout transfert de compétence devrait être accompagné de ressources financières, humaines, matérielles et techniques, ainsi que de données nécessaires et d’un véritable pouvoir de décision. Cette exigence concerne notamment des secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’assainissement, la voirie, le développement économique local, la culture et le sport.
Pour Oualo Jean-Luc et le PPA-CI, la décentralisation ne peut être véritablement effective sans autonomie administrative et financière. Le parti propose notamment de renforcer les ressources propres des collectivités, de digitaliser le recouvrement, de mieux valoriser le patrimoine et le foncier et de développer les partenariats public-privé. L’objectif affiché est de permettre aux collectivités de disposer de ressources suffisantes et prévisibles afin de répondre aux priorités de leurs territoires. Le conférencier a également souligné la nécessité de tenir compte des différences de potentiel économique entre les territoires. Pour le PPA-CI, les collectivités rurales ne peuvent être placées dans les mêmes conditions que celles bénéficiant d’un potentiel économique plus important.
Un regard critique sur la gouvernance territoriale actuelle
La présentation de Ouallo Jean-Luc a également comporté une lecture critique de l’évolution de la décentralisation ivoirienne au cours des dernières années.
Le PPA-CI estime notamment que la suppression des conseils généraux et leur remplacement par les conseils régionaux ont, selon son analyse, contribué à éloigner les populations des centres de décision. Le parti cite notamment les régions de San-Pédro, de la Nawa et du Cavally pour illustrer les difficultés liées à l’étendue des territoires et à leur forte population.
Le responsable du pilier « Décentralisation et Développement local » a également évoqué la création des douze districts autonomes en 2021, puis leur suppression en 2026. Le PPA-CI s’interroge sur leur fonctionnement, leurs réalisations et l’utilisation des ressources qui leur auraient été allouées. Le parti avance notamment une estimation de près de 60 milliards de francs CFA sur cinq ans pour le fonctionnement de ces districts, tout en précisant qu’il s’agit de son propre exercice budgétaire. Ces éléments constituent les analyses et les positions défendues par le PPA-CI au cours de la conférence.
Professionnaliser les administrations locales
Pour Ouallo Jean-Luc, l’efficacité de la décentralisation passe également par le renforcement des capacités des élus et des agents territoriaux. Le PPA-CI préconise une professionnalisation accrue des administrations locales ainsi qu’une formation continue dans plusieurs domaines, notamment les finances locales, la gestion des projets, les marchés publics, la planification territoriale, la fiscalité, le développement économique local, le numérique et le suivi-évaluation. L’ambition est de faire évoluer progressivement les collectivités d’une logique d’administration à une logique de développement. Chaque territoire devrait pouvoir identifier ses potentialités – agriculture, pêche, élevage, tourisme, artisanat, commerce, industrie, économie numérique ou patrimoine culturel – et les transformer en projets créateurs d’emplois et de richesses.
Plus de participation citoyenne et de transparence
Autre axe présenté par le SGA du PPA-CI : la participation des citoyens à la gestion des territoires. Le parti souhaite renforcer l’intercommunalité, la mutualisation des équipements et des services, la participation citoyenne, la transparence et la reddition des comptes. Il met également l’accent sur la lutte contre la corruption et une gouvernance davantage orientée vers les résultats. La transformation numérique occupe également une place importante dans cette vision. Le PPA-CI propose la mise en place progressive d’un système d’information territoriale permettant notamment de suivre les budgets, les investissements, les projets, les marchés publics et les principaux indicateurs de développement. Pour Oualo Jean-Luc, l’enjeu n’est donc pas seulement de rapprocher l’administration du citoyen, mais surtout de rapprocher la décision du citoyen.
Repenser la relation entre l’État et les collectivités
Faire des territoires le moteur du développement national
À travers les cinq axes présentés, Ouallo Jean-Luc a défendu une vision de la décentralisation à la fois économique, sociale, démocratique et humaine. Le PPA-CI veut des collectivités fortes et autonomes, des élus responsables, des administrations locales compétentes et modernes, ainsi que des services publics de proximité plus performants. Le parti souhaite également réduire les disparités territoriales et permettre aux différentes collectivités de valoriser leurs potentialités. Parmi les principales propositions figurent également une clarification nationale des compétences, un transfert effectif des compétences accompagné des ressources correspondantes, une véritable autonomie financière, un système de péréquation destiné à réduire les disparités entre les territoires, ainsi que le renforcement de l’ingénierie territoriale et de la participation citoyenne.
« Bâtir des collectivités fortes, autonomes, proches et performantes »
En conclusion de son intervention, Ouallo Jean-Luc a présenté la décentralisation comme un véritable projet de gouvernance et de société, fondé sur la proximité, l’autonomie, la responsabilité et le développement équilibré des territoires. Le PPA-CI entend ainsi promouvoir des collectivités capables de transformer les potentialités de leurs territoires en opportunités de développement et de faire du développement local une réalité concrète pour les populations. La vision défendue par le parti se résume à l’ambition de bâtir des collectivités « fortes, autonomes, proches et performantes », afin de favoriser un développement local durable et un développement national mieux partagé.
Document de presse SERCOM PPA-CI: CONFERENCE DE PRESSE 18 Août 2026

