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Phénomène des « microbes »/Des Imams mettent l’Etat au banc des accusés

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Enquête réalisée par Haidmond Kaunan/afriquematin.net

Eux, ce sont « les microbes ». Même si les autorités compétentes refusent qu’on les qualifie de la sorte, c’est ainsi qu’on les  appelle dans la langue populaire à Abidjan. Ils se sont tristement illustrés la semaine dernière dans la commune de Cocody en tailladant des personnes à coup de machette, volant, agressant et détruisant tout sur leur passage. Rencontrés, des Imams  pointent un doigt accusateur sur l’Etat.

« La drogue se vend partout  comme des beignets, sous l’œil admirateur des autorités. Après la guerre il n’y a pas eu de ratissage pour détruire les nombreux fumoirs dans la commune d’Abobo et autres  Attécoubé, Deux-Plateaux-Agban, où il en existe. Ici, sachez qu’on continue de vivre avec un esprit de guerre » confie très remonté l’Imam Adaman Doumouya dans une mosquée, d’un sous-quartier de la commune d’Abobo. L’Imam Bakoyoko de la mosquée Kassoum Sanogo d’Abobo-CMA ne caresse non plus l’Etat dans le sens du poil. « Il est vrai que nous, musulmans, avons des défauts, mais  l’école occidentale est en grande partie la cause des problèmes de nos enfants. Autrefois avec l’école traditionnelle, l’éducation était rigoureuse et sévère. Mais par ces nouvelles réformes, on ne  peut plus éduquer nos enfants, sous prétexte qu’il y a un droit des enfants. Il y a même trop de problèmes ! Les mauvais exemples viennent de l’occident à travers les médias et c’est encore eux qui publient les nombreux droits  des enfants», précise-t-il. Avant de crever l’abcès sur les nombreuses déviations des enseignants eux –mêmes qui ne sont pas à la hauteur. « D’aucuns pourraient penser que ces enfants sont tous des bons à rien. Que non. Nombre d’entre eux sont des élèves et issus des mouvements estudiantins. C’est une pilule vraiment amère à digérer. Nous, parents, on ne sait même plus où se donner la tête. A l’école même, il n’y a plus d’éducation », dénonce Imam Bakayoko pour qui tous, devrions prier Dieu pour que ces enfants reviennent à la raison. Sachant que ces enfants, quand ils ne sont  pas en train d’agresser, d’honnêtes citoyens, ils vont sévir sur les plages. Imam Adaman Doumouya  quant à lui, se préoccupe des solutions. «L’opération Epervier n’est pas la solution à nos problèmes, elle est elle-même un problème. C’est une foire de règlements de compte, de ramassage des innocents .L’Etat lui -même sait ce qui se passe ici. Les dozos avaient lavé publiquement ces enfants pendant la crise. Et ces gens -là continuent de vendre ces médicaments. L’Etat a donc une part de responsabilité. Qu’il joue son rôle d’autorité », propose-t-il.

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